Par Adama Wade, envoyé spécial/

A l’édition 2015 de la rencontre entre les experts de la Citi et les médias de l’Europe, du Moyen Orient et de l’Afrique, qui se tient les 17 et 18 septembre 2015, au siège londonien de la banque la plus globale selon le classement Euromoney, le continent était en vedette.
Avec 4 sessions d’entrée de jeu, portant sur ses perspectives, le programme Power Africa, les investissements en dette et en capital, l’Afrique confirme l’intérêt dont il fait l’objet auprès des grands investisseurs.

 

La Citi fait justement partie de ces grands acteurs de la globalisation avec un volume de transactions de 3000 milliards de dollars par jour, 150 pays couverts par les activités et 200 millions de clients.

 

 
La Citi fait justement partie de ces grands acteurs de la globalisation avec un volume de transactions de 3000 milliards de dollars par jour, 150 pays couverts par les activités et 200 millions de clients. Et comme le rappelle James Bardrick, City Country Officer de la banque au Royaume-Uni, l’objectif de la Citi ce n’est pas la course au tout business mais d’accompagner le client dans ses besoins en étant réactif et imaginatif «Nous avons supprimé 700 milliards de dollars d’activités non liées à notre cœur de métier», explique-t-il en précisant que cette concentration de la Citi sur son cœur de métier (Finance de marché, services financiers liés à la globalisation) s’est traduit au final par une augmentation d’actifs.

 

Globalisation, urbanisation, digitalisation
La banque qui a financé le premier câble transatlantique reliant Londres et New York en 1886 reste au centre de la triptyque globalisation, urbanisation et digitalisation. Un positionnement qui explique l’intérêt de la Citi pour les pays émergents lesquels abritent désormais 70% des villes du monde. La banque qui a financé le canal de Panama en 1900 est présente dans 54 pays de la zone EMEA pour un total de 290 milliards de dollars d’actifs et 31 000 employès.
Du reste, la plupart des experts qui ont pris la parole lors de cette édition 2015 des EMEA Media Summit, se sont fait l’écho d’une actualité dominée, ainsi que le rappelle avec force détails David Lubin, Global Head of Emerging Markets Economics, par la contraction de l’économie chinoise et, entre autres, le ralentissement du commerce mondial qui se poursuit depuis 2012.
Cette crise des émergents visible sur la Chine et leBrésil ajoute une dose de pessimisme à un public de plus en plus méfiant envers les élites et déteint sur les perspectives de la fin 2015 et de l’année 2016. Parmi les éléments tangibles à prendre en compte dans l’appréciation du futur immédiat, il faudra, rappelle Tina Fordham, l’analyste politique en chef de la Citi, noter le renouvellement des sanctions de l’Union Européenne (UE) envers la Russie et la fin des sanctions contre l’Iran. Ces deux événements interviendront quasi-simultanément en janvier 2016. Par conséquent, le retour du pétrole iranien dans le marché aura lieu durant le premier trimestre 2016, ce qui ne manquera pas de peser sur des cours qui ont perdu 50% de leur valeur depuis juillet 2014.

 

Afrique: de la capacité des gouvernements à gérer des projets
Pour l’Afrique, la donne la plus fondamentale repose sur la capacité des gouvernements à gérer les projets et à conduire des réformes fiscales et budgétaires dans le sens de l’efficience. Le Gabon qui en est à sa deuxième émission d’eurobonds et le Ghana à sa troisième ont intérêt à réussir ces réformes pour conserver leur attractivité auprès des investisseurs.
En tout, l’Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud) a émis 11 milliards de dollars de dettes en 2014 contre 133 milliards de dollars pour l’Asie du Sud-Est. Des chiffres qui révèlent toute la marge de progression de la partie subsaharienne du continent classée en général dans la catégorie «frontier market».
Pour Josh Levin, qui dirige la partie «frontier market» du département de la recherche à la Citi, cette région présente un potentiel de forte croissance à long terme. Cela, bien qu’il y ait encore des interrogations sur le Nigeria qui risque de passer d’une croissance de 6,4% en 2014 à seulement 2,4% cette année. Des spéculations portent sur la dévaluation du naira renforcée par l’écartement du taux de change entre le marché officiel et le marché parallèle. Les banques nigérianes restent exposées quant à elles à un niveau de créances en souffrance èlevè et à un engagement au secteur pétrolier destinataire de 25 à 30% de l’encours des prêts accordés à l’économie.

Tout comme le Nigeria, l’Egypte revêt aussi de nombreuses perspectives eu égard à son PIB par habitant de 3000 dollars et à un taux de bancarisation de 14%. Un paradoxe car les pays présentant un tel niveau de revenu ont un taux de bancarisation supérieur à 45%.
En tout, l’Afrique de par son potentiel, ses paradoxes, son manque d’infrastructures et ses réserves de matières premières continue d’être la nouvelle frontière de l’économie mondiale. Mais il est temps de transformer l’essai.


 

Photo: une vue partielle de Londres depuis le siège de la Citigroup à  Canary Wharf, Londres

 

 

 

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