A 24 heures du vote décisif qui devra désigner le prochain président de la Banque Africaine de Développement, les spéculations vont bon train. Voici les toutes derniéres news:

-Un rapport sévére sur la gouvernance de la BAD circule dans les coulisses. Oeuvre d’un ancien administrateur sénégalais, le document dont FA a copie revient sur la nécessité de clarifier les rôles au sein de l’institution. La délimitation floue entre les pouvoirs du président et ceux des administrateurs est mis en exergue. Nous y reviendrons.

– Certainement sûr de sa victoire, le nigérian Mr. Adesina s’est fait représenté au premier brief des candidats intervenu le 25 mai. Faux bond peu apprépcié.
-Quant au candidat éthiopien, il est venu à 5 minutes du coup de sifflet final, apparemment peu préparé et confirmant par là l’impression que le public avait de lui durant les caucuns de la Banque Mondiale à Washington où il était le seul absent des huit candidats durant le seul débat télévisé qui a réuni les prétendants.

-Le candidat tchadien Bedoumra Kordje se serait légèrement énervé au cours du premier brief (25 mai) appelant à la révision du mode du scrutin. Notre source, canadienne, parle de «votation».

-La Côte d’Ivoire, super-puissance de la CEDEAO, a arrêté son choix et consulté ses alliés de la région.

– La Tunisie fait du forcing auprés de l’Algérie pour la pousser à «réviser» sa position. L’état-major du président Bouteflika s’est entretenu plusieurs fois avec M. Lamtara, super patron de la diplomatie et expert patenté du monde subsaharien en général.

-Le président Al Fattah Sissi de la République Arabe d’Egypte a déjà donné ses consignes. Pour connaître son candidat à la BAD, le visionnage de sa cérémonie d’investiture, boycottée par la plupart des dirigeants de ce monde, est nécessaire.

– Le marocain Mohamed Boussaid, ministre des Finances, a arpenté les couloirs de l’hôtel Ivoire de long en large. Il est venu avec deux choix, un plan A et un plan B.

– La Mauritanie, via ses deux ministres, Ould Djay des Finances et Ould Raïs des Affaires économiques, subit les assauts de plusieurs délégations représentant des candidats. Trait d’union entre le monde arabe et l’Afrique du Nord, Nouakchott est sollicitée pour faire pression sur les maghrébins et les arabes en gènéral.

-La Libye est divisée, partagée entre ses factions. Tobrouk a déjà choisi son candidat.

-L’absence du rwandais Paul Kagamé, invité de cette cérémonie, fait l’objet d’interprétations diverses et variées.

-Le président du Zimbabwe était invisible lors de la cérémonie d’ouverture des 50e assemblées de la BAD. Attendu avec sa casquette de président de l’Union Africaine, Comrad Bob s’est absenté, se drapant dans une neutralité qui honore ses fonctions.

-Zondo Sakala, candidat porté en réalité par l’Afrique du Sud, était jusque-là proche collaborateur de Kaberuka dont il était le directeur des Opérations. Cette proximité sera-t-elle décisive?

-L’ancien président de la BAD, Babacar Ndiaye, a essuyè quelques critiques nourries suite à sa prise de parole improvisée lors de la cérémonie d’ouverture, quand il a appelé à ne pas s’attarder sur le “passif” du bilan, brillant à plus d’un titre, de Donald Kaberuka.

Adama Wade, envoyè spécial

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