Selon la note sur le commerce extérieur rendue publique le 1er avril 2026 par l’Institut national de la statistique (INS), le déficit commercial est passé de 1.747,3 milliards de FCFA (environ 3,1 milliards USD) en 2024 à 2.145,2 milliards de FCFA (environ 3,8 milliards USD) en 2025. Soit un écart de près de 398 milliards de FCFA (près de 710 millions USD) représentant une hausse annuelle de 22,8%. Cet accroissement du déficit commercial du Cameroun est l’expression d’un recul des exportations associé à une augmentation des importations.
Des importations toujours lourdes
En effet, au cours de la période sous revue, les importations ont progressé de 4,6% pour atteindre 5.229,2 milliards de FCFA (environ 9,33 milliards USD). Les produits minéraux demeurent le premier poste avec 19,1% des dépenses totales, malgré un recul de 15,1% en glissement annuel. Les carburants et lubrifiants concentrent à eux seuls 15,1% de la facture globale.
Les machines et équipements mécaniques et électriques représentent 14,5% des importations, pour une valeur de 757,4 milliards de FCFA (environ 1,35 milliard USD), en baisse de 3,7%. À l’inverse, les produits chimiques augmentent de 5% à 548 milliards de FCFA (environ 977 millions USD), portés par les produits pharmaceutiques, les intrants industriels et les pesticides.
Les importations de produits végétaux reculent de 12,5% à 546 milliards de FCFA (près de 974 millions USD), sous l’effet d’une baisse des achats de céréales (–14,1%). Le riz, principal poste, recule de 15,6% pour s’établir à 268,7 milliards de FCFA (près de 48 millions USD), suivi du blé et du méteil (–12,3 %) à 187,8 milliards de FCFA (près de 335 millions USD). Selon l’INS, cette évolution pourrait traduire les premiers effets des politiques d’import-substitution dans l’agroalimentaire.
Des exportations sous forte pression pétrolière
L’organe en charge de la gestion des statistiques au Cameroun indique dans sa note que « les recettes d’exportation chutent de 5,2% à 3.084 milliards de FCFA (environ 5,5 milliards USD), après une hausse de 8,8% en 2024. Le repli est largement imputable aux hydrocarbures. En effet, les revenus du pétrole brut s’effondrent de 29,6% à 705,6 milliards de FCFA, sous l’effet conjugué d’une baisse des volumes (–15,6 %) et des prix à l’export (–16,7 %). Le gaz naturel liquéfié recule également de 8,1 % à 350,2 milliards de FCFA.
Le cacao joue toutefois un rôle d’amortisseur. Les exportations de fèves progressent de 18,7 % pour atteindre 810,2 milliards de FCFA, soutenues par des prix favorables malgré une contraction des volumes. Le cacao et ses dérivés concentrent désormais 38,5 % des recettes d’exportation.

