L’Angola a validé un investissement de 166,7 millions de dollars destiné à l’aménagement du tronçon routier menant à la commune de Mussulo, dans la province de Luanda. Long de 39 kilomètres, le projet représente un coût moyen d’environ 4,27 millions de dollars par kilomètre. L’objectif est double : améliorer la continuité territoriale avec cette zone à vocation touristique et créer de meilleures conditions pour l’activité économique locale.
Encadrée par le décret présidentiel n°100/26 du 25 mars, l’opération s’inscrit dans le Plan de développement national 2023-2027, qui fait de la modernisation des infrastructures de transport un levier de diversification économique. Au-delà de l’enjeu d’accessibilité, Luanda cherche à réduire les contraintes logistiques qui freinent encore la circulation des personnes, l’approvisionnement des commerces et la montée en gamme de l’offre touristique. Dans le contexte angolais, l’amélioration des dessertes terrestres reste un préalable à la valorisation d’actifs non pétroliers.
Jusqu’ici, Mussulo demeure largement tributaire du transport maritime, une configuration qui allonge les délais, renchérit les coûts d’acheminement et limite la fluidité des échanges. Pour une localité identifiée comme pôle touristique, cette dépendance constitue un frein structurel : elle pèse à la fois sur la consommation locale, sur les services et sur la capacité à attirer des investissements privés dans l’hôtellerie, les loisirs et les activités connexes.
Le projet comprend également 7,5 millions de dollars affectés à la supervision technique. Les autorités ont opté pour une procédure simplifiée de passation des marchés, afin d’accélérer le démarrage des travaux. Ce choix traduit une volonté d’exécution rapide, mais il place aussi la question du suivi technique, des coûts et des délais au centre de l’évaluation du projet.
À l’échelle panafricaine, cette opération illustre une tendance plus large : la compétitivité des destinations touristiques africaines dépend de moins en moins de leur seul potentiel naturel et de plus en plus de la qualité de leurs infrastructures d’accès. En misant sur la route pour désenclaver Mussulo, l’Angola cherche ainsi à convertir un atout géographique en actif économique, avec en toile de fond la diversification de ses relais de croissance hors hydrocarbures.

