L’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) et Mercuria Energy Trading SA ont signé, le 25 mars à Shanghai, un protocole d’accord stratégique visant à formaliser et développer le site minier de Kasulo, à Kolwezi, ainsi que toute la chaîne d’approvisionnement en cobalt qui y est associée.
À travers ce memorandum of understanding, les deux partenaires affichent une ambition claire : faire émerger en République démocratique du Congo un modèle de référence pour l’exploitation minière artisanale et à petite échelle. L’objectif est de transformer Kasulo en vitrine internationale d’une filière cobalt plus transparente, plus durable et pleinement traçable.
Le projet entend associer l’ensemble des parties prenantes de la chaîne locale, des exploitants artisanaux aux coopératives, en passant par la Gécamines et les autorités centrales et provinciales. Le dispositif visé couvrira les principaux angles sensibles du secteur : santé et sécurité sur les sites, équité dans l’organisation de la production, respect des droits humains, gestion environnementale et traçabilité de bout en bout.
Dans leur communication, l’EGC et Mercuria soulignent que cette initiative s’inscrira dans le respect des grands référentiels nationaux et internationaux, notamment le guide OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables, le Responsible Sourcing Standard de l’EGC et les Principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.
Pour Mercuria, ce partenariat doit permettre de démontrer qu’une exploitation artisanale mieux encadrée peut répondre aux exigences croissantes du marché mondial des minerais critiques. Kostas Bintas, Head of Metals and Minerals chez Mercuria, estime que Kasulo peut devenir une référence mondiale en matière d’exploitation artisanale responsable, en conciliant standards élevés de sécurité, traçabilité, respect des droits humains et fiabilité de l’approvisionnement.
Du côté de l’EGC, ce rapprochement est présenté comme une nouvelle étape dans la structuration d’une filière artisanale responsable en RDC. Son directeur général, Eric Kalala, met en avant un levier décisif : l’accès au financement qu’apporte l’engagement d’un acteur mondial de premier plan. Selon lui, ce soutien doit permettre de sécuriser la production, d’améliorer durablement les conditions de travail des exploitants artisanaux et de bâtir des chaînes d’approvisionnement traçables, transparentes et créatrices de valeur pour les communautés congolaises.
Au-delà de la seule production, l’accord met également l’accent sur l’ancrage local. Les deux partenaires annoncent un accompagnement des coopératives à travers des actions de formation et de renforcement des capacités, avec l’idée d’inscrire les opérations dans la durée selon les meilleures pratiques internationales.
Filiale de la Gécamines créée en 2019 par décret de l’État congolais, l’EGC dispose d’un mandat exclusif pour acheter, traiter et commercialiser les minerais stratégiques issus de l’exploitation artisanale en RDC, notamment le cobalt, le coltan et le germanium. En s’adossant à Mercuria, l’entreprise publique congolaise cherche manifestement à crédibiliser davantage son ambition de structurer une offre artisanale conforme aux standards du marché international.
Pour Mercuria, l’opération s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement sur les chaînes d’approvisionnement responsables en minerais critiques, à l’heure où le cobalt congolais reste un maillon clé de la transition énergétique mondiale.

