À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin a dévoilé les premiers résultats du programme IDERA. Le chiffre est révélateur de la dynamique enclenchée. 137 projets portés par des femmes ont répondu au premier appel à projets lancé par l’institution.
Un pari qui révèle un potentiel
La célébration de la Journée internationale des droits de la femme a été faite par la CDC Bénin lors d’une soirée organisée le 7 mars à Cotonou. Elle a réuni entrepreneures, partenaires techniques et financiers et acteurs de l’écosystème économique. L’événement a été conçu comme un moment de partage autour des premières avancées du programme IDERA et des perspectives qu’il ouvre pour l’entrepreneuriat féminin au Bénin.
Lors de son intervention d’ouverture, la Directrice générale de la CDC Bénin, Maryse Lokossou, est revenue sur les interrogations qui ont accompagné le lancement de l’initiative.
« Après le lancement d’IDERA, je me suis posé une question très simple. Et s’il n’y avait pas de projets ? Les candidatures sont arrivées. Nombreuses. Diversifiées. Ambitieuses. Cela signifie une chose essentielle. Les projets existent. Le potentiel est là. Les femmes sont prêtes. »
Au total, 137 projets ont été enregistrés dans plusieurs secteurs de l’économie. L’agro-industrie, la transformation agricole, les services ou encore l’innovation figurent parmi les domaines les plus représentés. Après une première sélection basée sur des critères d’éligibilité précis, 44 projets ont été retenus comme recevables. Une analyse plus approfondie a ensuite permis d’identifier 12 projets présentant un niveau de maturité suffisant pour constituer la première cohorte accompagnée vers la structuration financière et la mobilisation de partenaires.
IDERA, un programme pour structurer l’ambition
Lancé en octobre 2025, IDERA s’inscrit dans la stratégie d’investissement à impact portée par la CDC Bénin. Le programme vise à identifier et accompagner des projets entrepreneuriaux féminins d’une valeur minimale de 3 milliards de francs CFA (4,5 millions d’euros) capables de se transformer en entreprises structurées et compétitives.
L’objectif est de constituer progressivement un pipeline de projets solides, aptes à mobiliser des financements et à structurer des chaînes de valeur locales. Les initiatives identifiées couvrent plusieurs filières. Certaines portent sur la transformation de produits agricoles, d’autres sur l’innovation industrielle ou les services à forte valeur ajoutée.
Les projets sélectionnés entrent désormais dans une nouvelle phase. Des études complémentaires devront être réalisées. Les modèles économiques seront consolidés et les dossiers préparés pour leur présentation aux investisseurs.
Des voix pour inspirer et partager l’expérience
Au-delà de la présentation des résultats du programme, la soirée a également été marquée par des échanges sur les conditions de réussite de l’entrepreneuriat féminin.
Un panel consacré au leadership dans la finance à impact a réuni plusieurs personnalités du monde économique. Sibi Lawson Directrice Générale Adjointe chez AGF West Africa, Jocelyne Nguessan, Directrice Générale Adjointe de Banque Atlantique Côte d’Ivoire, et Yenita Bamba, CEO de FIN’Elles, ont partagé leurs expériences sur les femmes et le leadership dans la finance à impact.
La rencontre a également donné lieu à une conversation avec Séphora Kodjo, présidente de la Fondation SEPHIS, engagée depuis plusieurs années dans l’accompagnement d’entrepreneures africaines. Son intervention a insisté sur la discipline entrepreneuriale comme facteur clé de crédibilité auprès des investisseurs. « Les partenaires financiers regardent d’abord vos habitudes quotidiennes. La traçabilité des flux et la rigueur dans la gestion font la différence. » a affirmé Séphora Kodjo. Un message direct, qui a résonné auprès des entrepreneures présentes dans la salle.
La soirée a aussi été l’occasion de mettre en lumière, Women@CDCBénin, le réseau féminin récemment mis en place au sein de l’institution. Cette initiative interne vise à accompagner l’évolution professionnelle des collaboratrices à travers des formations en leadership, des espaces d’échange et des mécanismes de mentorat favorisant la confiance et la solidarité.
Pour la CDC Bénin, ces premiers résultats, notamment avec IDERA, constituent avant tout une étape. Les projets identifiés devront encore franchir plusieurs phases de structuration avant de pouvoir accéder aux financements nécessaires à leur développement. Mais derrière ces chiffres se dessine déjà une perspective plus large. Celle de voir émerger, à partir du potentiel entrepreneurial féminin, une génération d’entreprises capables de contribuer durablement à la transformation économique du Bénin.

