L’économie égyptienne amorce une phase de transition majeure, dans laquelle le secteur de la construction s’impose comme le principal moteur de croissance. Selon les projections de Fitch Solutions, la trajectoire est rigoureusement ascendante : après une phase de consolidation à 4,1 % sur l’exercice 2024-2025, le secteur devrait franchir le seuil des 5,6 % dès 2026-2027, avant d’atteindre 6,6 % l’année suivante. Cette progression dépasse la simple reprise conjoncturelle ; elle traduit une planification budgétaire délibérément orientée vers des actifs fixes à haute valeur ajoutée.
La solidité de ces prévisions repose sur une stratégie de diversification des infrastructures critiques. Contrairement aux cycles précédents, portés quasi exclusivement par l’immobilier résidentiel, la dynamique actuelle s’ancre dans le développement des services publics, de l’énergie et des systèmes de transport. Ces projets structurants visent à moderniser la colonne vertébrale logistique du pays, transformant l’Égypte en une plateforme d’interconnexion capable de soutenir une activité industrielle accrue — et, partant, de renforcer son rôle de carrefour entre l’Afrique du Nord, le reste du continent et le Moyen-Orient.
L’analyse à moyen terme (2026-2035) révèle un taux de croissance annuel moyen (TCAM) robuste de 6,3 %. Ce chiffre est directement corrélé aux pressions démographiques et à l’urbanisation rapide du territoire. La demande de solutions urbaines modernes impose une refonte profonde des réseaux d’approvisionnement en eau, d’électricité et de mobilité. Ce besoin structurel de modernisation constitue un socle durable pour le secteur, garantissant un carnet de commandes soutenu pour la prochaine décennie.
Au-delà des chiffres, ces investissements massifs témoignent d’une volonté affirmée de renforcer la souveraineté économique par l’expansion des capacités physiques du pays. En modernisant ses infrastructures essentielles, l’Égypte réduit ses coûts logistiques et améliore son attractivité pour les investissements directs étrangers (IDE). Ce cercle vertueux entre construction et compétitivité macroéconomique conforte le positionnement de l’Égypte parmi les marchés du BTP les plus dynamiques du continent africain et de la zone MENA à l’horizon 2035 — un modèle de développement dont les enseignements résonnent bien au-delà de ses frontières.

