Deux ans après leur arrivée au pouvoir sur la promesse d’une rupture radicale avec la gestion passée, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko ont officiellement annoncé, le 4 mars 2026, la suppression de 19 entités du secteur parapublic, jugées redondantes et coûteuses. L’objectif affiché est de dégager une économie budgétaire nette d’au moins 55 milliards de francs CFA (soit environ 96,9 millions USD) sur les trois prochaines années, dans un pays étranglé par une dette estimée à 132 % de son PIB.
La décision est le fruit d’un groupe de travail constitué par le gouvernement et chargé de passer en revue l’ensemble des structures parapubliques du pays. À l’issue de ses travaux, ce groupe a identifié 19 entités dont les missions « sont exercées par d’autres structures publiques ou parapubliques », créant des doublons budgétaires sans valeur ajoutée pour les citoyens.
Les chiffres évoqués dans ce sens sont éloquents : les structures concernées cumulent des dotations budgétaires de 28 milliards de FCFA en 2025 , une masse salariale annuelle de 9,2 milliards de FCFA pour un effectif total de 982 agents, et affichent une dette globale de 2,6 milliards de FCFA à fin 2024. En parallèle, 10 autres entités ne seront pas supprimées, mais feront l’objet d’un repositionnement stratégique : redéfinition de leurs missions, révision de leur cadre juridique et actualisation de leur modèle d’intervention.
Le premier ministre Ousmane Sonko a par ailleurs annoncé la mise en place prochaine d’un comité interministériel chargé de piloter la mise en œuvre de ce plan de rationalisation, tout en assurant que les 982 agents concernés bénéficieraient d’un « redéploiement » au sein de l’administration publique, écartant ainsi, du moins officiellement, tout scénario de licenciements massifs.
Une réponse face à une dette abyssale
Ces annonces s’inscrivent dans un contexte financier particulier. Révélées au grand jour dès l’arrivée du tandem Faye-Sonko au pouvoir en mars 2024, les données du Fonds monétaire international (FMI) font état d’une dette totale du secteur public et parapublic estimé à 132 % du PIB à fin 2024, intégrant plusieurs milliards de dollars de dettes longtemps dissimulées sous l’ancien régime.
Si des efforts ont permis de ramener le déficit à 7,8 % du PIB en 2025, la situation demeure préoccupante. Le programme de soutien du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars, reste pour l’heure suspendu. Et selon des experts, le gouvernement devra lever quelque 15 000 milliards de FCFA sur les marchés entre 2026 et 2028 pour honorer ses engagements. La suppression des 19 agences s’inscrit précisément dans le plan de redressement économique présenté par Ousmane Sonko en août 2025, dont l’un des axes majeurs est la rationalisation des dépenses publiques.

