La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) lance un emprunt obligataire de 120 milliards de FCFA libellé sur 7 ans. il s’agit de la deuxième tranche, dans la foulée de l’émission de l’année dernière. Pour en expliquer la portée, le Président de la BIDC, Dr George Agyekum Nana DONKOR, nous a accordé un entretien exclusif.


Monsieur le président, la BIDC va émettre une obligation en XOF de 120 milliards à 7 ans. Qu’est-ce qui explique cette nouvelle sortie sur le marché ?

À la suite de l’impact de la Covid-19, le monde subit un ralentissement généralisé de l’activité économique marqué par la guerre en Ukraine avec ses conséquences sur l’économie mondiale. Dans la zone CEDEAO, on a noté un ralentissement de la croissance des activités économiques dans tous les secteurs d’activités majeurs de la zone. La baisse anticipée des recettes fiscales au niveau des Etats a entraîné une baisse drastique des budgets d’investissement entrainant un effet négatif sur le développement futur de la région. 

Ainsi, dans sa mission de Banque de développement de la région, la BIDC se veut catalyseur de la relance économique au sein de la CEDEAO. La Banque souhaite jouer un rôle majeur dans la relance économique post-COVID-19 et concrétiser ainsi sa vision de soutien et de collaboration avec les Etats membres dans la création d’emplois et de richesses et la réduction de la pauvreté à travers le financement de projets d’investissement rentables et bénéfiques pour tous. 

Dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique de la Banque et de sa contribution à la relance économique Post Covid-19 marquée par la guerre en Ukraine, la BIDC entreprend de mobiliser les 120 milliards de FCFA sur le marché financier régional.

D’une manière générale, comment se présente le bilan de la BIDC, le niveau de ses fonds propres et de son endettement ?

La Banque possède un niveau adéquat de fonds propres par rapport à ses actifs pondérés en fonction des risques. Elle présente une bonne structure capitalistique.
La marge nette d’intérêts est positive et en amélioration pour l’exercice 2021. Le niveau de marge prend en compte la mission de banque de développement avec des projets rentables mais à des taux bonifiés. 

Une baisse significative du niveau des créances en souffrance, qui s’explique par une amélioration des procédures de crédits et de recouvrement (le taux de dégradation net est inférieur à 4% au 31/12/2021). 

Comment les montants levés vont-ils être utilisés dans le programme d’investissements de la BIDC ?

Les fonds mobilisés à travers cet emprunt obligataire seront destinés exclusivement au financement d’une sélection de projets identifiés principalement au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Niger, au Sénégal et au Togo ; regroupant plusieurs secteurs tels que l’agroalimentaire, l’infrastructure, l’énergie et la finance. 

Seuls 56% du portefeuille de projets sélectionnés seront financés, notamment : 

  •  -le projet d’implantation d’une usine de traitement du coltan à Issia, en Côte d’Ivoire ;
  •  -le financement d’exportateurs locaux : Anacarde, Coton, Coco et Cacao, au Bénin en Côte d’Ivoire et au Sénégal ;
  • -le financement d’un partenariat public-privé pour la mise en place d’une plate-forme industrielle dédiée à la transformation des ressources naturelles et des exportations agricoles du Togo.
    Ce financement contribuera non seulement à la reprise de l’économie des pays de l’UEMOA mais également à la création d’emplois, au renforcement de la sécurité alimentaire, à la lutte contre la pauvreté et au soutien des PME à travers des institutions financières.
    Cette levée de fonds permettra à la BIDC de s’impliquer activement en soutenant les économies des pays membres de l’UEMOA à travers :
    L’accompagnement des Etats membres de l’UEMOA dans la relance économique et des projets  de développement dans les secteurs tels que l’infrastructure, l’énergie, l’eau, la santé ; 
  • Le développement des PME à travers le financement d’institutions financières telles que les banques et les institutions de microfinance dans la zone UEMOA ; et
  • Le financement du secteur privé en zone UEMOA.

Quel est le profil du risque de la BIDC vis-à-vis des agences de notation africaines et internationales ?

La Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC) est notée respectivement «B» et «B2» par les agences de notations internationales Fitch et Moody’s avec une perspective passée de négative à stable. Au vu des performances de la BIDC, l’agence de Notation Fitch a emboîté le pas à Moody’s pour maintenir la notation de la Banque en améliorant la perspective qui passe de négative à stable en avril 2022 malgré la situation au Mali et au Burkina Faso.
Au vu de la solidité de l’émetteur, qui a la 4ème meilleure notation internationale de la zone UEMOA, avec l’amélioration de sa perspective par Moody’s et Fitch, le couple rendement risque de l’opération est très attractif pour les investisseurs.

Quelles sont les projections de la BIDC en termes d’investissements et de soutien au secteur privé à l’échelle de l’UEMOA et de la CEDEAO ?

Dans sa mission de banque de développement, la BIDC finance des projets rentables avec un impact significatif en termes de développement des pays membres de la CEDEAO. Face au contexte actuel de redressement économique post-covid, marqué par une inflation mondiale record et un contexte géopolitique tendu dans certains pays de la sous-région et à l’échelle mondiale, la BIDC se veut catalyseur de la relance économique en prêtant main forte aux États membres. La contribution de la Banque porterait sur l’économie réelle des Etats à travers le financement de projets publics et privés pour promouvoir le développement économique de la région.

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