La Côte d’Ivoire accueillera la Conférence des Parties (COP15) sur la désertification du 9 au 20 mai 2022, avec pour thème “Terre. La vie. Héritage : de la rareté à la prospérité”. Une centaine de chefs d’États et de personnalités politiques se réuniront pour appeler à la mobilisation pour que la Terre continue de profiter aux générations présentes et futures. 


Abidjan, un choix légitime

La COP15 contre la désertification, organisée tous les deux ans, se tiendra dans quelques jours à Abidjan pour la première fois et c’est le plus grand événement jamais organisé par les Nations unies en Côte d’Ivoire.

Les raisons du choix de la Côte d’Ivoire par les Nations unies pour abriter cet événement mondial, partent de plusieurs facteurs. La première tient au fait que depuis plus de dix ans, le pays jouit d’une stabilité politique, économique et sécuritaire qui inspire la confiance des partenaires privés et publics. Abidjan est à nouveau un hub régional. 

Le second facteur est relatif à la qualité des infrastructures de     la capitale économique.   Ce sont une dizaine de milliers de délégations qui seront présents et logés au bord de la lagune Ebrié et les autorités ivoiriennes rassurent sur la capacité du pays à héberger toutes ces délégations.

La Côte d’Ivoire tient une belle occasion pour continuer à renforcer son leadership régional et accroître son développement socio-économique. Elle a surtout l’opportunité de prouver au monde entier son engagement pour élaborer et appliquer des systèmes alimentaires durables. Elle confirme cet engagement avec une initiative nouvelle, particulièrement ambitieuse, qu’elle portera pendant la COP15 pour améliorer les conditions de vie des populations tout en assurant la protection de l’environnement : l’Initiative d’Abidjan. 

Il y a urgence, il faut agir

Cette grande initiative de la Côte d’Ivoire vient à point nommé tant la situation dans le monde est alarmante. Un rapport de la FAO présente l’Afrique subsaharienne comme la région la plus durement touchée par la désertification et celle où la pauvreté est la plus étendue. Jusqu’à 65% des terres productives sont dégradées, tandis que la désertification touche 45% des terres en Afrique.

L’Initiative d’Abidjan vise à mobiliser entre     1 et 2 milliard USD auprès des bailleurs de fonds internationaux pour restaurer les terres dégradées et renforcer la production agricole durable en Côte d’Ivoire. Dans cet objectif, le programme s’appuiera sur la garantie de capacités de productions plus durables dans les chaînes de valeurs existantes, et sur la mise en œuvre de nouvelles chaînes de valeurs capables de résister à l’impact du changement climatique et de soutenir une transition régénératrice des systèmes de production. 

Pour faire face aux problématiques de désertification et protéger l’environnement, le pays a pris des mesures pour assurer la durabilité et la soutenabilité de son agriculture.  D’ici à 2030, la Côte d’Ivoire s’est engagée à atteindre la neutralité en matière de dégradation des terres en restaurant 100% des terres dégradées et en augmentant de 5 millions d’hectares la couverture forestière. Le pays a mis en place plusieurs lois et stratégies nationales afin de concrétiser une lutte efficace contre la dégradation des terres et a adhéré au programme « Neutralité en matière de Dégradation des Terres (NDT) » initié par la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD). 

Si le secteur agricole est au cœur des économies africaines, sa montée en puissance et sa compétitivité passeront par la diversification et la modernisation de ses sources de financement. C’est la raison pour laquelle l’État ivoirien compte inviter par exemple le secteur privé à investir dans du cacao produit de manière durable et sans déforestation.

Des initiatives comme celles opérées par OBARA Capital, catalyseur et intégrateur de financements alternatifs, en Côte d’Ivoire peuvent être considérées comme de véritables nouveaux modèles de financement. En effet, KINEDEN Commodities SA, un négociant de produits agricoles ivoiriens, conseillé par OBARA Capital, a pu effectuer avec brio son entrée sur les marchés financiers offshore, en levant auprès d’une banque internationale 4,5 M€ qui lui ont permis de financer sa campagne cacaoyère 2020/2021. 

Longtemps considérés comme inaccessibles par les PME locales, les marchés financiers internationaux offrent pourtant des solutions de financement très intéressantes, surtout pour les emprunteurs dont les engagements en matière de durabilité sont ambitieux; “Cela nous permettra d’être encore plus efficace dans nos actions en faveur de la durabilité, notamment la lutte contre le travail des enfants et la formation des cacaoculteurs aux enjeux environnementaux” avait indiqué Stéphane Apoque, directeur général de KINEDEN Commodities SA, aux médias.

Pour espérer un renouvellement des systèmes alimentaires et une protection des sols à l’échelle mondiale, tous les regards seront à Abidjan. 

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