De notre envoyée spéciale, Dominique Mabika.


Le Forum international de Dakar sur la Paix et la sécurité, le 7ème de son histoire,  s’est ouvert ce 6 décembre, à Diamniadio, à 30 km de Dakar, la capitale sénégalaise. Placé sous le thème des enjeux de stabilité et d’émergence en Afrique dans un monde post-Covid-19, le forum a vu des chefs d’Etats africains et de hauts responsables des institutions africaines et européennes se succéder au prétoire sur des thématiques de la paix et de la sécurité, sur la pandémie de la Covid-19.

Depuis 2014, le Forum de Dakar se tient pour diagnostiquer la situation en Afrique afin de contribuer à la recherche de solutions aux maux qui l’affectent. Pour la 7ème  édition, les échanges ont tourné autour de la Covid-19, qualifiée de l’une des pires urgences du siècle. 

Dans cette quête de solutions, le président sénégalais Macky Sall a estimé qu’en plus des efforts internes de mobilisation des ressources, il faut repenser la gouvernance économique mondiale pour favoriser les conditions du financement de l’émergence en Afrique. 

«A mon sens, les réformes doivent porter sur six domaines au moins, notamment, assouplir les règles de l’OCDE pour les prêts crédits-export et allonger les maturités pour le financement des projets d’infrastructures du développement ;  corriger les règles d’évaluation du risque d’investissement en Afrique, puisque la perception de ce risque reste toujours plus élevée que le risque réel, ce qui renchérit les primes d’assurance et réduit la compétitivité de nos économies;  promouvoir davantage les financements mixtes, combinant fonds concessionnels et   financements commerciaux; alléger et simplifier les procédures d’instruction des dossiers de financement des projets, dans le respect des règles de transparence ; assurer une transition énergétique juste et équitable, selon le Principe de la responsabilité commune mais différenciée ; améliorer les règles du système fiscal international pour que l’impôt soit payé là où la richesse est créée, c’est-à-dire dans le pays où une société mène ses activités et tire ses profits ».

Cette rencontre qui depuis sa mise en place  est devenue une plateforme de discussion  sur des questions de paix et de sécurité en Afrique, se veut comme un espace qui rassemble, favorise la réflexion et propose des solutions. 

Dans cette optique, Cyril Ramaphosa, Président de la République d’Afrique du Sud, a dénoncé les restrictions de voyage imposé par les pays occidentaux vis-à-vis des africains.  Mohamed Bazoum, Président de la République du Niger, a fait une présentation chirurgicale de l’insécurité qui sévit  dans le Sahel et partagé l’expérience de son pays.    

Pour sa part, Moussa Faki Mahamat,  Président de la Commission de l’Union africaine, a fait part de son indignation face à la politique  orchestrée par une partie de la communauté internationale.  «Le terrorisme en Syrie et en Irak serait-il  digne d’être combattu et vaincu, alors que le terrorisme en Afrique ne le serait-il  pas ? La communauté internationale est loin d’être fière de son action dans la lutte contre le terrorisme en Afrique ». Poursuivant dans la même lancée, le président de la commission de l’UA a soulevé un bon nombre d’interrogations avant d’en appeler à la solidarité entre africains.

«Qu’avons-nous fait pour que nous soyons aujourd’hui le continent où  le terrorisme s’étend et où  les changements anti-constitutionnels se multiplient ?  Il est grand temps de se poser la question implacable simple mais fatale : pourquoi en sommes-nous arrivé là ? Une première réponse doit être recherchée en nous même dans le déficit de solidarité africaine. Dans la plupart des cas, les Etats africaines regardent la scène, certains tournent les regards. Les besoins des victimes du terrorisme sont tout à fait à la portée de certains Etats africains relativement nantis.

Lorsque cette solidarité s’est manifestée à l’intervention du Tchad en faveur du Mali et de ses voisins du Lac Tchad, du Rwanda en faveur  de la RCA, ou de la SADEC en faveur du Mozambique, tout le monde a vu la différence. L’appui financier accordé au G5 Sahel par le Rwanda, la Côte d’Ivoire, la CEDEAO, le Sénégal, l’UEMOA est un bel exemple digne d’être suivi. Cette expérience très limitée montre que la solidarité africaine dans la lutte pour la paix et la sécurité est possible, qu’elle peut être prompte et efficace ».  

Du côté de l’Union Européenne,  trouver ensemble des convergences stratégiques et politiques en vue d’un service commun pour la paix et la sécurité dans un contexte particulier, passe par  changer le paradigme du partenariat entre l’Afrique et l’Europe, en privilégiant les échanges dans le respect mutuel.

La France a pris part à ce rendez-vous de Dakar aux côtés de  l’ensemble des acteurs de la sécurité en Afrique. Elle a centralisé son point de vue sur la mutualisation des efforts. « Nos deux continents ont une communauté de destins, nous devons agir ensemble de manière plus intégrée face aux défis sécuritaire que nous devons relever. Ce forum est le moment de travailler collectivement avec courage sans tomber dans le piège de la division. Divisés nous tombons, unis nous tenons bon», a souligné Florence Parly,  Ministre des Armées de la République française.

Le Forum de Dakar 2021, en plus de servir de plate-forme de discussions pour une Afrique stable et suffisamment résiliente face aux crises globales,  a permis au secteur privé, aux organismes d’étude et au monde des arts, de présenter leurs activités et le résultat de leurs recherches, à travers l’organisation et l’animation de stands, d’expositions et autres side events.

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