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Côte d’Ivoire : Fitch relève la note IDR à « BB- » avec une perspective stable

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La Côte d’Ivoire fait un bond en avant dans la note de défaut des investisseurs en devises étrangères (Idr). L’agence de notation financière Fitch a annoncé, ce lundi 19 juillet, que l’Idr du pays est passé de « B+ » à « BB- » avec une perspective stable.

« Cette mise à niveau reflète notre point de vue selon lequel les élections parlementaires pacifiques de mars 2021 montrent une réduction soutenue du risque politique. Cela reflète également l’attente de Fitch selon laquelle le maintien de la prudence et des réformes budgétaires des autorités va progressivement inverser la détérioration temporaire du solde budgétaire et stabiliser la dette publique en dessous de la médiane « BB » prévue. La note tient également compte du fait que l’économie ivoirienne reprendra une forte croissance à mesure que l’impact de la pandémie s’estompera, des indicateurs de développement faibles et une dépendance relativement élevée aux produits de base », explique Fitch Ratings.

Outre la décrispation politique illustrée par les parlementaires de mars 2021 et le retour de l’ancien président Laurent Gbagbo, l’agence de notation prévoit une réduction du déficit des administrations publiques de 3% du PIB ivoirien en 2024, conformément aux critères de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). « Le déficit budgétaire s’est creusé à 5,6% du PIB en 2020 et nous prévoyons qu’il restera élevé à 5,4% en 2021, contre une moyenne de 2,9% sur 2017-19. Cela reflète un mélange de retards dans le décaissement d’une partie du financement engagé par le biais de fonds de soutien temporaires en 2020 et d’engagements supplémentaires », affirme-t-elle.

Fitch constate l’impact budgétaire d’environ 0,4% du PIB en 2021 dû au rationnement de l’électricité et approuve par ailleurs les actions du gouvernement ivoirien notamment celle visant à mettre en place une augmentation plus durable des dépenses de sécurité afin de faire face à la croissante menace sécuritaire à la frontière avec le Burkina Faso et le Mali, qui continueront de peser sur les résultats budgétaires, avec un déficit attendu à 4,3% du PIB en 2022 et 3,5% en 2023.

« Nous prévoyons que la combinaison d’un assainissement budgétaire progressif et d’une forte croissance renouvelée du PIB entraînera un pic de la dette GG à environ 50 % du PIB à partir de 2023. Cela se compare favorablement à la médiane « BB » prévue de 57 % », indique le rapport de Fitch ratings.

Quant aux besoins de financement, dont la Côte d’Ivoire entend couvrir près de 50% à partir de sources de devises étrangères (marché des euro-obligations) au cours des prochaines années, le document rassure que les risques de refinancement sont modérés, avec une maturité moyenne de plus de 10 ans pour la dette extérieure et des opérations régulières de gestion du passif pour lisser le profil de remboursement et verrouiller la baisse des taux d’intérêt. A l’en croire, la dette en devises représente 65% du stock total, mais « le risque est atténué car plus de la moitié est en euros, auquel est arrimé le franc CFA. Le marché de la monnaie locale a une capacité limitée à fournir un financement supplémentaire substantiel, ce qui réduit la flexibilité du financement » poursuit l’agence de notation. Pour elle, la participation du pays à l’Initiative de suspension du service de la dette (Dssi) du G20 en 2021 « ne reflète aucun problème de liquidité et le gouvernement reste fermement déterminé à exclure toute participation de créanciers privés de toute initiative d’allégement de la dette ».

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