Ces mysterieux départs et retours à la Banque Mondiale

1
Pascale Hélène Dubois.

Pascale Hélène Dubois, ancienne Vice Présidente en charge de l’Intégrité (INT) à la Banque Mondiale, est partie brusquement de cette institution en novembre 2019. Nos sources renseignent que la citoyenne belge a été poussée à la porte par un complot interne organisé pour lui donner un mauvais 360, un instrument qui permet d’évaluer les managers.

Juriste respectée, Mme Dubois s’était résolue à déclencher des enquêtes sur des dossiers de corruption qui avaient été mis au placard. L’on se souvient que FA avait publié en avril 2018 un article intitulé “Les petits deals de la Banque Mondiale sur les deux rives du Congo” relatant une affaire d’acquisitions suspectes de vieilles locomotives usagées qui ont causé des accidents avec des dizaines morts de morts au Katanga, RDC. Coïncidence sans doute, l’article avait été suivi d’un remue ménage au sein de la Banque Mondiale. Nous nous demandions alors si les affectations à la tête de Ethics and Business Conduct (EBC) ne participaient pas à des tentatives de bloquer des enquêtes concernant les managers impliqués dans ce scandale.

La Banque Mondiale n’a jamais démenti les allégations de FA. Elle a juste immédiatement changé son Vice-président EBC (qui enquête sur les affaires d’éthique) pour le nommer aux ressources humaines avec effet immédiat. Coïncidence ou réaction? Pascale Hélène Dubois avait alors assuré son intérim tout en gardant son poste à INT. Quelque temps après, Sylvie Dossou (ancienne numéro 2 de Eustache Ouayoro, viré) qui avait été citée par FA dans cette affaire pour avoir été affectée comme manager pour les enquêtes à EBC alors qu’elle était impliquée dans les opérations avec Eustache, a été virée sous la présidence de David Malpass, lorsque le dossier des trains de la mort a resurgi.

D’autres départs ont suivi. ainsi, Ingo Burghardt, chief counsel du départment juridique de la Banque Mondiale, qui avait menacé un lanceur d’alerte sur ce dossier, en répondant à une lettre d’alerte à David Malpass, est aussi parti brusquement de l’institution, mystérieusement, alors qu’il n’occupait le poste que depuis quelques mois. Le président Malpass ferait-il le ménage? Peut-être n’a t’il pas la pleine compréhension des arrangements entre amis qui s’est développé au sein de la Banque Mondiale . Et pour cause…

Dr Celestin Monga


L’économiste Dr Celestin Monga avait quitté la Banque Mondiale alors qu’il était visé par une enquête de EBC sur la base d’allégations à caractère personnel. EBC a conclu qu’il n’y avait pas de preuves desdites allégations mais, par contre, accusait l’économiste camerounais d’avoir avait fait des manquements à l’éthique dans le cadre de ce dossier impliquant sa subordonnée. La Banque a donc pris des sanctions contre Dr Celestin Monga, y compris l’interdiction de travailler avec l’institution sous quelque forme que ce soit. L’économiste camerounais ne pouvait plus accéder aux bâtiments de la Banque sans autorisation expresse du Vice-Président en charge des Ressources Humaines. Usant de toutes les procédures, Dr Celestin Monga a porté l’affaire devant le tribunal administratif de la Banque Mondiale qui a confirmé les sanctions à son encontre avec un jugement défavorable.

Surprise, voilà que le même Célestin, après une brusque séparation avec la Banque Africaine de Développement, d’où il avait posé ses valises, réapparaît comme staff dans le système de la Banque Mondiale à la fin Juin 2020, quelques jours avant que Ousmane Diagana ne quitte son poste de Vice Président des Ressources Humaines pour celui de Vice-Président à la région Afrique centrale et Ouest.

Ce retour a été très médiatisé, plusieurs journaux titrant que Célestin Monga aurait quitté son poste de Vice-Président à la BAD pour retourner (plusieurs mois après) à la Banque Mondiale. Renseignements pris, le “diplômé de la Sorbonne était en réalité sur un programme spécial codé “PA9SS” dont le manager est Philippe Beauregard qui travaillait sous Ousmane Diagana. Il s’agit d’un programme que l’institution a mis en place pour les gens qui se sont séparés de la banque sous certaines conditions ou peut-être ils sont partis ailleurs pour faire un travail quelconque avec la permission de l’institution. C’est aussi un programme institutionnel pour des employés qui ont eu un problème quelconque qui y sont en attendant d’avoir un autre assignment ou partir de l’institution.

Le problème est que Monga ne pouvait absolument pas faire partie de ce programme, en vertu du jugement du tribunal administratif de la Banque rendu en 2015 et qui est sans appel. Curieusement, Monga n’est resté sur ce programme qu’une quinzaine de jours, le temps de s’afficher comme staff de la Banque Mondiale avant de publier par le canal des mêmes médias qu’il aurait quitté la Banque Mondiale pour aller enseigner à Harvard…La Banque Mondiale qui donne des leçons de bonne gouvernance aux pays africains est-elle devenue une machine à blanchir des cv ? Comment le département des ressources humaines de la Banque Mondiale s’est-il permis d’aller à l’encontre du tribunal administratif de l’institution? Qui tire donc les ficelles à la banque Mondiale pour décider du départ de Pascale Hélène Dubois et du retour de Dr Célestin Monga?

1 COMMENTAIRE

  1. La reponse a votre question dans le dernier paragraphe saute aux yeux de ceux qui connaissent tres bien la culture de corruption financiere et morale des Africains. Monga et son copain Diagana peuvent vite y repondre sans nous contredire…

    Devrions-nous ajouter que le scandale financier de la B-M en RDC entre dans la meme logique sous la Kleptocratie de Kabila?

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here