En attendant le succès sur le terrain, Luke Alphey, le chercheur qui avait déposé son brevet sur le projet, a réalisé une belle plus value financière.

Alors que le débat sur la manipulation humaine à l’origine de la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) n’est pas encore clos, voilà qu’aux USA, l’Etat de la Floride décide de lâcher 750 millions de moustiques mâles génétiquement modifiés dans les Keys, un groupe d’îles situées au Sud des Etats-Unis. L’opération interviendra en 2021 mais soulève la controverse dans les milieux scientifiques et auprès des défenseurs de la nature. Une pétition sur Change.org a collecté 240 000 signatures.


L’objectif affiché est de réduire les moustiques « sauvages » porteurs de maladie comme la Zika, la Dengue, le paludisme et la fièvre jaune. Le projet porté par la société Oxitec, née à l’université d’Oxford, au Royaume-Uni, consiste concrètement à produire les moustiques mâles Aedes aegypti, génétiquement modifiés (OX5034) qui viendront se reproduire avec des moustiques sauvages porteurs de la maladie.

Une belle plus value financière, en attendant le succès sur le terrain

Le programme est né de l’idée d’un chercheur en zoologie, Luke Alphey qui, au début des années 2000, dépose un brevet sur la technologie de stérilisation génétique des insectes. L’entreprise Oxitec est créée en 2002 grâce à un concours public et privé, notamment East Hill Advisors de Boston. En 2005, nouvel appel de fonds et récolte de 645 000 euros (550 000 livres) auprès de Oxofrd Capital Partners. En août 2015, l’entreprise est cédée à Intrexon pour 160 millions de dollars. Il s’agit d’une belle plus value financière en attendant le retour d’expérience sur le terrain.

Selon les explications de la société, les moustiques mâles génétiquement modifiés portent une protéine qui tuera toute progéniture femelle avant qu’elle n’atteigne l’âge mûr de la morsure. Le projet a reçu l’aval du gouvernement américain depuis le mois de mai. Des essais ont été menés au Brésil. Le programme s’étendra au Texas en 2021.

Reste à mesurer l’efficacité de ces moustiques OGM. En 2017, GeneWatch a conclu à l’inefficacité de ces lâchers sur la réduction de la dengue. Le gouvernement des Iles Caïmans qui y avait souscrit en 2009 et 2010 a depuis fait marche arrière concluant à l’inefficacité de la démarche et au coût élevé du lâcher des moustiques.

Quid de l’Afrique dans ce débat d’une expérience qui peut être bénéfique en cas de succès ? Pour l’heure, seul le Burkina Faso a souscrit à une telle expérience. L’Institut de recherche en sciences de la santé du Burkina Faso (IRSS) a libéré des moustiques mâles génétiquement modifiés dans la ville de Bana, dans le sud-ouest du pays en juillet 2019, et-ce en dépit des critiques et manifestations des ONG locales et africaines. Ce projet était financé par l’initiative Target Malaria, un consortium de recherche dirigé par l’Imperial College de Londres, l’institution à l’origine de la théorie sur l’efficacité du confinement pour contrer le coronavirus.

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