La Mauritanie: l’audition de l’ancien président fixée ce jeudi dans une ambiance explosive

1
L'ancien président Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz (en boubou blanc) aux côtés du nouveau président, Mohamed Ould Ghazouani (en boubou bleu). Deux alliés que tout oppose aujourd'hui. (Photo SIA KAMBOU / AFP)

A bientôt un an de sa prestation de serment, le président mauritanien, Mohamed Cheikh Ould Ghazouani, peine à solder l’ère de son prédécesseur et compagnon d’armes, Mohamed Abdel Aziz, qui présida aux destinées de cette improbable contrée, coincée entre le Maroc et le Sénégal, pendant 11 ans, suite à un coup d’Etat en août 2008, validé par une élection et une réélection en 2009 et en 2014.

Homme fort de la dernière décade, Mohamed Abdel Aziz devrait répondre le jeudi 9 juillet à partir de 11 heures à la convocation d’une Commission d’enquête parlementaire chargée de rédiger un “rapport”. Dans la foulée, la Justice mauritanienne est entrée en ébullition dans une course contre la montre pour l’édification de la Haute cour de justice, seule habilitée à juger le président de la république en cas de haute trahison. A noter que la plupart des soutiens de l’ancien président, qui le poussaient à faire un troisième mandat, ont fait allégeance au nouveau maître de Nouakchott, dans une précipitation qui renvoie à la lecture de “La Mauritanie contre vents et marées” de feu Moktar Ould Dadah, premier président, renversé en 1978 par la première d’une longue série de coups d’Etat.

Mais alors que les spéculations vont bon train sur la portée de cette audition présidentielle- une première pour le pays au million de poètes- , voilà que différents faits, intervenus ces derniers jours, prennent d’autorité l’actualité. Il y a d’abord ce détournement à la Banque Centrale de Mauritanie, apparemment oeuvre d’une caissière, une lampiste dont le nom et la photo sont jetés en pâture dans les réseaux sociaux. Faits encore plus troublants, des vols de documents et d’ordinateurs, nuitamment, dès le lendemain, au ministère du Budget, dans la zone la plus sécurisée de Nouakchott, à un jet de pierre de la Banque Centrale. Les spéculations vont bon train.

Dans un communiqué du 5 juillet, destiné à couper court à la rumeur, la Banque Centrale de Mauritanie reconnaît la “disparation de 935 200 € et 558 675 $. Un enquête interne a permis de démasquer la coupable : une caissière responsable d’une caisse divisionnaire au sein de la banque des banques qui selon la BCM a reconnu le fait qui lui est reproché. La Banque centrale a engagé des poursuites contre l’indélicate employée pour détournement de fonds, abus de confiance, faux et usage de faux et transmis le dossier au procureur de la République. La banque de banques s’est engagée à déterminer si oui ou non d’autres personnes sont impliquées dans l’affaire de détournement de ses devises La BCM tout en déplorant les insuffisances du système de contrôle interne qui ont rendu possible un détournement de fonds a tenu à informer le public que les diligences nécessaires ont été entreprises pour sécuriser les fonds. Car c’est bien l’absence de contrôle qui a permis à sa caissière de détourner de l’argent. A qui incombe la faute de cette absence de contrôle interne ? A Abdel Aziz Ould Dahi ancien gouverneur de la Banque centrale qui a supprimé la Direction de contrôle des caisses et à son successeur Cheikh El Kébir Moulaye Taher qui n’a pas pris la peine remettre cette direction en place ?

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here