Hydroxychloroquine: permet de rentrer vite à la maison mais n’agit pas sur la mortalité …(étude)

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Les études sur l’efficacité ou non de l’hydroxychloroquine dans le traitement de la covid-19 se suivent et ne se rassemblent pas. Après le scandale The Lancet et de New England Journal of Medicine » (« NEJM »), voici une étude plutôt prudente mais dont les conclusions, basées sur les statistiques,ménagent la chèvre et le chou. En effet, selon ces chercheurs français, les patients hospitalisés pour Covid-19 et traités avec de l’hydroxychloroquine ont une probabilité plus élevée d’être de retour chez eux un mois après le début du traitement.

L’étude française conclut en revanche à l’absence d’efficacité pour réduire la mortalité. Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux d’environ 4.642 patients hospitalisés pour Covid-19 dans l’un des 39 hôpitaux de l’AP-HP entre le 1er février et le 6 avril.

Le taux de patients ayant regagné leur domicile 28 jours après le début du traitement est supérieur de 11 points à ceux qui n’ont pas reçu ce médicament, dérivé de l’antipaludéen chloroquine et habituellement utilisé pour traiter des maladies auto-immunes comme le lupus. Cela représente une augmentation relative de 25% de la probabilité d’être sorti d’hospitalisation, précise l’étude.

Ce résultat, qui n’avait pas été mis en évidence dans les précédents travaux de recherche sur l’hydroxychloroquine, “mérite d’être répliqué dans d’autres études de grande ampleur” pour être confirmé, a souligné l’une des auteures, Émilie Sbidian, interrogée par l’AFP. L’étude conclut en revanche à “l’absence de différence statistiquement significative pour la mortalité à 28 jours” entre les patients ayant reçu de l’hydroxychloroquine et le groupe contrôle, “après prise en compte des facteurs de confusion”. Quant à ceux ayant reçu l’antibiotique azithromycine en plus de l’hydroxychloroquine, l’étude n’observe aucune différence sur le taux de sortie d’hospitalisation et “un possible excès de risque de mortalité”.

“Concernant les données de notre étude, on peut ainsi constater que les patients sous hydroxychloroquine ou hydroxychloroquine/azithromycine présentaient des taux d’obésité, de diabète et tabagisme (facteurs de mauvais pronostic) plus élevés de l’ordre de 5% à 15%, mais qu’ils étaient également beaucoup plus jeunes que les patients non traités par hydroxychloroquine (de l’ordre de 6 à 8 ans plus jeunes), ce qui peut également grandement influer sur les résultats puisque la mortalité de l’infection au coronavirus est d’autant plus importante que l’âge est élevé”, explique Émilie Sbidian. “Il est donc très important de ne pas s’arrêter aux résultats bruts pour juger de l’efficacité ou inefficacité” du traitement, ajoute la chercheuse, dermatologue à l’hôpital Henri-Mondor à Créteil. En France, l’autorisation de prescription de l’hydroxychloroquine à l’hôpital, en dehors des essais cliniques, a été retirée le 4 mai.

2 Commentaires

  1. Il permet surtout d’éviter les cas graves !!
    Et aussi une augmentation brutales du nombre de cas dans les hôpitaux !! Ce qui serait fatal pour n’importe quel système de santé..

  2. Les résultats d’une étude sur les effets de l’hydroxychloroquine, associée ou non à l’azithromycine, dans un modèle d’infection expérimentale chez le macaque par le virus SARS-CoV-2, l’agent infectieux responsable de la pandémie de la COVID-19, font l’objet d’une prépublication[1] sur la plateforme Research Square, en parallèle de sa soumission à la revue Nature. Réunissant des scientifiques du CEA, de l’Inserm, de l’Institut Pasteur, de l’Université de Paris-Saclay, de l’AP-HM, de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et Aix-Marseille université, l’étude a été réalisée sous l’égide du consortium multidisciplinaire REACTing[2].
    Cette étude, lancée en février 2020, visait à évaluer le potentiel effet antiviral in vivo de l’hydroxychloroquine (HCQ), en traitement prophylactique contre le virus SARS-CoV-2 (avant l’infection pour réduire la charge virale) et lors des premiers jours après infection. Les effets antiinflammatoires potentiels de l’HCQ n’ont pas été analysés.
    La première étape avait pour objectif de démontrer la pertinence du modèle animal retenu. Elle a permis de montrer que la maladie observée chez les primates non humains est très similaire à celle observée chez la majorité des patients atteints de la COVID-19 n’ayant pas besoin d’une hospitalisation.
    La deuxième étape concernait la caractérisation de la pharmacocinétique de l’HCQ, c’est-à-dire l’analyse de sa concentration dans le sang et les tissus pour s’assurer qu’elle atteignait bien un niveau comparable à celui observé chez les patients humains traités avec le médicament.
    Enfin, différentes stratégies de traitements ont été testées en prévention (avant l’infection des animaux), immédiatement après l’infection, et enfin à distance de l’infection (J+5 après l’infection – au moment de l’apparition des symptômes), avec ou sans azithromycine, un antibiotique également utilisé dans le traitement du COVID-19. Des doses de traitement différentes ont également été testées chez certains groupes d’animaux.
    Les résultats indiquent que l’HCQ n’a pas protégé pas les animaux lorsqu’elle était utilisée en prévention de l’infection. Aucune des stratégies n’a par ailleurs démontré d’effet significatif sur les quantités de virus SARS-CoV-2 circulant dans l’organisme par rapport à celles détectées chez des animaux traités par un placebo. L’étude montre donc que l’HCQ, qui possède des propriétés antivirales dans certains tests in vitro (à l’aide de cellules en culture), n’a pas d’efficacité antivirale in vivo chez le macaque dans les conditions spécifiques de ces travaux, et ce malgré une exposition pulmonaire importante.
    Cette étude préclinique est complémentaire des études cliniques sur l’HCQ. En effet, elle a permis de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques du virus SARS-CoV-2 et d’obtenir des informations précises sur la biodistribution de la molécule HCQ dans l’organisme d’un animal modèle.

    [1] Preprint
    [2] REACTing est un consortium multidisciplinaire réunissant les partenaires de l’Alliance pour les sciences de la vie et de la santé Aviesan (CEA, CNRS, INRAE, Inria, Inserm, Institut Pasteur, IRD, CPU et Conférence des directeurs généraux de centres hospitaliers régionaux et universitaires) et coordonné par l’Inserm.
    https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/etude-preclinique-montre-que-hydroxychloroquine-n-pas-effet-antiviral-contre-sars-cov-2-vivo

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