Vangsy Goma, suite à la fin de l’aventure de VTC Africab: « échouer permet de connaître ses faiblesses »

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Vangsy Goma, entrepreneur congolais de 35 ans, a accepté de partager son expérience en répondant aux questions de la rédaction.

Si vous deviez vous définir en 3 mots, quels seraient-ils ?

Patient, je suis quelqu’un qui prend le temps pour faire mûrir une idée, un projet. Chose importante quand on doit transformer ces idées en projets rentables. Ensuite, je dirai que je suis une personne persévérante. Tester, tester, tester et corriger à plusieurs reprises, avant d’arriver à un prototype ou à un business plan fiable. Enfin, je me considère comme quelqu’un de créatif. En observant mon environnement, j’ai la capacité de me projeter, de concevoir des solutions. Selon moi, ces 3 éléments sont indispensables pour un entrepreneur.

La société de VTC Africab a été le projet qui vous a fait connaître du grand public. Quel bilan dressez-vous après la fermeture de cette entreprise ?

VTC Africab a été une très belle expérience pour mon équipe mais aussi à titre personnel. Pénétrer le marché des VTCs en Côte d’Ivoire était un défi de taille. A l’époque, l’utilisation des taxis privés entrait progressivement dans les habitudes de consommation des ivoiriens et une entreprise publique préparait déjà à se lancer.

Nous avons réussi à nous imposer avec une flotte de voitures dont nous étions entièrement propriétaires. Chose qui n’est pas simple quand on a un public exigeant et qui dispose d’une offre large et diversifiée comme celle présente en Côte d’Ivoire. En l’espace de quelques mois, nous avons réussi à bâtir une marque et fidéliser des clients, grâce à notre sérieux et la qualité de nos prestations.

Malheureusement, le marché devenant de plus en plus concurrentiel, nous n’avons pas eu assez de temps pour amortir nos investissements. Il a fallu se rendre à l’évidence que le projet n’était pas viable sur le moment et y mettre fin avant que le pire n’arrive. Avec le recul, et en regardant l’évolution de ce marché en Côte d’Ivoire, cette décision était la meilleure à prendre. J’en ressors plus résilient, mon esprit entrepreneurial plus affûté et cette expérience me permettra d’éviter certaines erreurs d’appréciation dans la gestion de mes projets à venir.

Quelles leçons avez-vous tiré de votre expérience en tant qu’entrepreneur ?

À mon jeune âge, j’ai eu la chance d’avoir déjà mis sur pied et développé plusieurs projets. Des entreprises dans différents secteurs qui m’ont fait apprendre une seule et même leçon : il est indispensable d’intégrer l’échec au parcours d’entrepreneur. Échouer permet de connaître ses forces et ses faiblesses. L’échec permet de tester et de connaître ce qui ne fonctionne pas pour ne pas répéter l’expérience en question.

L’équipe est également très importante. Bien choisir les personnes qui nous entourent est primordial dans la vie de tous les jours mais c’est également vrai dans l’univers entrepreneurial. Penser et constituer une équipe avec des personnalités et des compétences complémentaires permettent de gagner en efficacité, et j’ai pu l’observer dans mes différents projets.

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez en ce moment ?

Je travaille actuellement sur différents projets, dans les domaines du sport, de l’agriculture et de l’immobilier. Trois secteurs stratégiques et porteurs sur le continent africain. Si j’ai décidé depuis plusieurs années maintenant de parcourir le monde de la création de projet et d’entreprise, c’est avant tout pour accomplir un objectif global dépassant tous les autres : celui d’avoir un impact et de créer de la valeur pour contribuer au développement des économies africaines.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune entrepreneur qui se prépare à se lancer ?

À un futur entrepreneur, je donnerai 3 conseils. D’abord, je lui dirais de prendre son temps et d’installer une forme de patiente dans son quotidien. Un temps de préparation long permet de réduire les risques d’échouer grâce à une stratégie claire et comprise de tous. Ensuite, je lui dirais d’étudier longuement l’environnement dans lequel il souhaite entrer afin de le maitriser de façon optimale. Les enjeux, les besoins, les forces en présence, les risques… Tout ce qui peut permettre d’anticiper d’éventuels blocages au développement du projet. Enfin, je lui conseillerais de bien s’entourer. L’entourage est primordial et doit passer avant beaucoup de choses, notamment la recherche de fonds. On assiste en effet un peu partout dans le monde, et cela est aussi valable en Afrique, à une sorte de course à la levée de fonds avant même d’avoir pensé la stratégie. Ne pas avoir la bonne équipe ou le bon associé peut vous faire perdre énormément de temps mais aussi de l’argent.

Si vous aviez une baguette magique, quel projet dessineriez-vous pour l’Afrique ?

Mon rêve est de voir le continent africain atteindre l’autosuffisance alimentaire. Les terres arables disponibles, la diversité des ressources agricoles et le climat sont des atouts que nous devons apprendre à valoriser en produisant et en consommant local.

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