Esclavage et Shoah: l’émergentier Cheikhna Cissé répond à Christine Angot…

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Pour l'essayiste malien Cheikhna Cissé, les propos de Christine Angot méritent réplique: "Madame, quelle est donc cette indignation sélective ? "

La romancière française Christine Angot, née Christine Pierre Marie-Clotilde Schwartz, a poussé les portes de l’horreur sur la chaîne publique France 2 le samedi 1er juin 2019.

Celle que les médias présentent comme “l’enfiévrée du samedi soir[1]“, un “personnage hautement inflammable[2]“, une “machine à clashs” – même si elle le conteste[3], tantôt « brutale et radicale, adepte du coup d’éclat permanent[4] », tantôt encartée comme une figure de proue de l’autofiction – ce qu’elle récuse aussi-, a réussi son coup en donnant des coups. Pour ses détracteurs comme l’ancien chroniqueur Eric Naulleau, « la bêtise le dispute chez elle à l’ignominie ». Dans le portrait dressé par le Figaro en mars 2017 sur celle qui est qualifiée d’«incontrôlable», il est écrit : « Les émissions télé l’adorent. Ou plutôt adorent-ils qu’on la déteste. Il faut dire qu’elle est souvent détestable[5]. »

Chroniqueuse du talk-show On n’est pas couché (ONPC), elle s’est permise, lors d’un échange avec le journaliste Franz-Olivier Giesbert, de tenir des propos scandaleux sur l’esclavage :

«Les juifs, pendant la guerre, ça a bien été de les exterminer, c’est-à-dire de les tuer. Et ça introduit par exemple une différence fondamentale, alors que l’on veut confondre, avec par exemple l’esclavage, l’esclavage des noirs, envoyés aux États-Unis, etc, ou ailleurs… C’était exactement le contraire : l’idée c’était au contraire qu’ils soient en pleine forme…

[Franz-Olivier Giesbert (hochant la tête pour approuver) : Qu’ils soient en bonne santé, bien sûr !]

…qu’ils soient en bonne santé pour pouvoir…

[Franz-Olivier Giesbert : Travailler au maximum, ouais !]

… pour pouvoir les vendre et qu’ils soient commercialisables. Donc non, ce n’est pas vrai que les traumatismes sont les mêmes, que les souffrances infligées aux peuples sont les mêmes.[6]»

Vous avez bien vu ? Oui, vous avez bien lu ! Les esclaves noirs furent arrachés à leurs terres, à leurs mères, à leurs pères ; pour ainsi prendre la mer afin de leur assurer une «bonne santé», pour qu’ils soient en «pleine forme».

Mon Dieu ! Comment peut-on dire une telle énormité, en plein 21e siècle, à une heure de grande écoute devant près d’un million de téléspectateurs, et de surcroît sur la principale chaîne de télévision publique d’un pays qui a été un acteur clé de la traite négrière en Europe ?  C’est totalement scandaleux. Mes jambes m’enlacent les bras, mes bras me tombent dans les mains, mes mains m’enserrent la gorge. Ma muse se fond, ma plume se fend.

Ah bon, madame Angot, les négriers prenaient bon soin de leurs « marchandises » ? Il ne reste plus qu’à regretter ce bon vieux temps. On en est presque à la «grande déclamation tragique[7] » que vous évoquiez, interrogative, lors d’une interview accordée au magazine Elle en septembre 2018.

Quelle est cette nouvelle travaille ? Quelle est cette hiérarchisation des souffrances ? Quelle est cette concurrence des mémoires ? Quelle est la finalité de cette « surenchère victimaire[8]» ?

Et comme si ça ne suffisait pas, le 8 juin 2019, dans une nouvelle émission de ONPC, remarquablement mise en scène avec des figures représentatives de la «communauté noire» (genre « droit de réponse »), vous nous revenez pour présenter vos «excuses», de n’avoir pas su bien vous expliquer la semaine dernière. Sans blague ! Vous nous invitez même, incidemment, à fouiller dans votre vie pour ne pas se méprendre sur vos propos. Très bien ! Que reste-t-il, finalement, à nous dire que vous portez une robe noire et donc que vous n’êtes pas raciste. O esprits faibles et âmes sensibles, promoteurs et gardiens du “dernier carré d’humanisme”, au ressenti émotionnel inaltérable et à la fierté extatique, revenez des ténèbres à la lumière ! Versez vos dernières larmes et sautez-moi au cou !

Mais comment se taire devant l’inqualifiable ?

Madame Angot, je dois avouer, en toute vérité, que j’ai beaucoup hésité à répondre à vos propos insanes pour une raison essentielle. Dans tous mes écrits, dans toutes mes prises de parole, j’ai toujours prôné le bannissement du discours victimaire et de la rengaine populiste, pour nous permettre de nous extraire des rancœurs du passé, autrement pour «ne pas rester les otages de notre histoire» (l’expression est empruntée à Paul Kagamé). J’ai régulièrement invité mes sœurs et frères africains à tourner cette page difficile de notre histoire que fut l’esclavage et la colonisation – sans pour autant la déchirer – avec l’objectif sacré de consacrer toutes nos intelligences et tous nos moyens au développement de notre continent. Voici ce que j’écrivais dans mon dernier livre consacré au franc CFA : « Les Africains ne peuvent pas continuer à s’investir dans «un procès continu du colon bouc-émissaire » (pour reprendre l’expression du talentueux journaliste Adama Wade), au point de tourner le dos à leur avenir, au moment où des centaines de millions d’entre eux[9] qui n’ont pas connu cette période difficile de l’histoire de leur continent manquent de tout, et même de l’essentiel. Une telle posture est improductive et contre-productive. Sur ce point, Emmanuel Macron, un peu facétieux à ses moments, a peut-être raison quand il s’est autorisé un calembour à Ouagadougou : « La colonisation est un passé qui doit passer. » Oui, les pays africains (…) ne doivent pas s’enfermer dans leur passé, aussi pesant et déplaisant soit-il, en ressassant les vieilles formules. Il est de peu d’intérêt de s’investir – et d’y insister – dans un requiem du populisme et dans un poncif du dogmatisme. » M’adressant à mes frères activistes, je tenais des propos sans équivoque : « Le discours populiste jusque-là tenu commence à sentir la naphtaline. Au lieu de continuer à remuer les méfaits du passé – la colonisation et l’esclavage – et à s’époumoner pour des revendications dogmatiques et idéologiques, agissons pour l’avenir, de façon coordonnée et concertée, alors qu’il en est encore temps, pour éviter à nos braves populations, condamnées à une vie d’ermite et d’ascète, une énième épreuve qui pourrait bien leur être fatale. L’heure n’est plus aux accusations et aux ambitions personnelles. Entre ce qui doit être et ce qui est, il y a la vie de millions de personnes hâves qui requiert qu’on puisse en prendre grand soin. » Aussi, mon précédent livre qui traitait de l’émergence en faisait aussi référence : « Point de bouc émissaire ! On ne peut pas continuer à se défausser sur une mystérieuse main étrangère à chaque tracas. Il faut arrêter le discours victimaire, assumer ses responsabilités et avoir le regard lucide sur la situation de l’Afrique. Point de fatalité ! Nous ne pouvons pas être en détention et revendiquer les privilèges de la liberté. Il est vrai que c’est une position normale d’un détenu que ne pas être à l’aise. Le célèbre romancier allemand Goethe disait : « Personne n’est plus en esclavage que celui qui croit à tort qu’il est libre ». Oui ce sont nous, les Africains, qui avions mis notre continent et nos pays dans les liens de la servitude. Il est illusoire de croire que le développement économique de l’Afrique sera le fruit du hasard, en jouant à la roulette russe. C’est faire preuve d’angélisme et d’imprudence manifeste. Faut-il attendre des « partenaires » de l’Afrique qu’ils développent le continent ? Assurément, non. Ce sera trop leur demander. Et même si c’était le cas, ils ne le feront pas. »

Cette posture de responsabilité me paraissait fondamentale – et elle l’est toujours – dans la situation actuelle du continent. C’est ainsi que j’ai bien apprécié la démarche progressiste du leader rwandais Paul Kagamé qui disait à propos du génocide de son pays : “Notre histoire a été tragique. Mais n’ayons pas le cœur brisé au point de perdre le futur.”

La conspiration du silence

Beaucoup de questions se posent, les unes aussi importantes que les autres. Sans les résumer, encore moins les encarter, elles se présentent à moi ainsi :

  • Pourquoi sur le plateau, ni l’animateur, ni le second chroniqueur, ni les autres invités, écoutant sans ciller, n’ont eu une once de lucidité pour porter la contradiction à une Christine Angot tançante et à un Franz-Olivier Giesbert acquiesçant ; pas plus que personne autour de la table n’a pris ses distances par rapport aux propos outrageants et affligeants proférés ? L’impéritie de l’auditoire était d’autant plus stupéfiante que les propos tenus par la chroniqueuse bravache et soutenus par un invité en quête de promotion étaient terrifiants.
  • Pourquoi au montage, ces « absurdités » et autres « maladresses » – pour reprendre les mots de la chroniqueuse et de l’animateur – n’ont pas été coupées par l’équipe de production de ONPC d’autant que l’émission enregistrée au studio Gabriel le 30 mai 2019 n’a été diffusée que deux jours plus tard, soit le samedi 1er juin 2019 ? Faut-il croire que la recherche systématique du clash et du buzz pour booster les audiences d’une émission en perte de tonicité expliquerait le recrutement de la romancière et la scénarisation de ses propos polémiques ? La course à l’audience doit-elle tout justifier, à tout prix, quitte à fouler aux pieds la mémoire commune ? Monsieur Ruquier, vous formiez le vœu en juillet 2017 qu’avec le recrutement de madame Angot, votre émission ONPC soit une « émission d’opinion et d’émotion[10] », vous voilà maintenant bien servi, avec en bonus une abjection.
  • Pourquoi les dirigeants de la chaîne publique France 2, la productrice de l’émission Catherine Barma et son animateur Laurent Ruquier, n’ont-ils pas vertement condamné les propos consternants de leur chroniqueuse vedette ? Pire, quelques heures après les faits et suite au tollé qu’ils ont suscité, l’animateur et co-producteur de l’émission, est même monté au créneau, pour défendre sa « protégée », assumer[11] les propos tenus, les minimiser en les qualifiant de simple « maladresse[12] », et même accuser les réseaux sociaux d’une « polémique inutile[13] ».
  • Pourquoi le gendarme de l’audiovisuel français, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a reçu les heures qui ont suivi la diffusion des propos querellés plus de 900 signalements[14], n’a-t-il toujours pas réagi en sanctionnant les auteurs et les coupables ?
  • Pourquoi les autorités politiques françaises n’ont pas, officiellement, réagi face à la mémoire violentée de plusieurs milliers de leurs compatriotes, des millions de personnes en Afrique et dans le reste du monde ? Il fallut attendre le 19 juin 2019, suite à la clameur publique, au bouillonnement des réseaux sociaux et surtout à l’interpellation du député Gabriel Serville, pour que le ministre de l’Intérieur français Christophe Castaner réagisse[15] aux propos infamants de Mme Angot. Pourtant, personne ne peut nier aujourd’hui la montée progressive et dangereuse du sentiment « anti-français » sur le continent africain que cette énième provocation ne pourrait qu’exacerber.  

A quoi riment cette fourberie intellectuelle et cette hystérie populaire ?

L’émission mérite bien son nom : On n’est pas couché. Parce que si tard dans la nuit, on doit ingurgiter toutes ces absurdités, il est évident qu’on peut difficilement après se coucher. On finira, immanquablement, la soirée dans les mains du toubib qui nous diagnostiquera ONPC : Otite, Nausée, Parasomnie, Colite. Il est évident que toute ressemblance à un acronyme bien connu n’est que pure coïncidence. Tenez parlant de coïncidence, on nous sert, la main sur le cœur, la sueur sur le front et « les yeux dans les yeux » (pour reprendre une ancienne formule malmenée sous vos cieux) que Christine Angot est “virée”. Non pas exactement, plutôt qu’elle ne sera plus là la saison prochaine en raison du changement opéré dans le format de l’émission par l’équipe de production. Pur hasard de calendrier ? Bien sûr ! Ne vous inquiétez pas pour nous, nous sommes des « receveurs universels ». La suite ?!

De quel esclavage des Noirs parliez-vous, madame ? L’Afrique noire a subi douze siècles de pires sévices, de l’esclavage arabe à l’esclavage européen. Au total, plus de trente millions d’Africains, l’essentiel des bras valides du continent, ont été déportés, déshumanisés, embastillés, violentés, violés, estropiés, émasculés, exécutés et… jetés. L’histoire de la traite négrière n’est pas en pointillés au point d’être illisible. Bien au contraire ! Ce n’est parce qu’elle n’est pas écrite ou contée, clamée et déclamée, qu’elle est inexistante. La traite orientale est une réalité, une histoire « en noir et blanc », même si victimes et bourreaux se terrent dans la mémoire infuse et s’emmurent dans le silence confus pour ne pas réveiller les vieux démons du passé. Sujet tabou ? Peut-être ! Pourtant à l’image de la traite européenne, sa « progéniture », la traite arabe a été d’une violence inouïe. Elle a duré 14 siècles (entre 650 et 1920) et a concerné plus de 17 millions de Noirs africains. L’émasculation, spécificité de cette tragédie, a décimé près de 80% des esclaves noirs qui ont survécu à la longue et cruelle traversée du désert[16].  La traite atlantique, pratiquée par les marchands européens, a quant à elle duré 4 siècles (entre 1450 et 1869) et a fait au moins 11 millions de victimes noires. Que dire alors de la traite interafricaine pratiquée par des esclavagistes noirs africains contre d’autres Noirs du continent[17] et qui continue encore sous d’autres formes dans l’indigence intellectuelle la plus abjecte ? Les vraies plaies sont loin de se refermer. Les cicatrices incréées demeurent avec des résurgences insoupçonnées. Oui l’histoire s’oublie vite. Mais pas celle des vainqueurs !

Madame Angot, saviez-vous que vos propos incendiaires pourraient être qualifiés de « révisionnistes » et de « négationnistes » de l’un des pires crimes contre l’humanité ? Qui peut nier que l’esclavage fut un massacre à grande échelle, une tragédie à ciel ouvert ? Qui peut affirmer que les prédateurs, esclavagistes, négriers, colons et autres, étaient des enfants de chœur quand ils festoyèrent quiètement à l’étage des « maisons d’esclaves », à l’Ile de Gorée et ailleurs, pendant que leurs proies gémissaient de peur, de torpeur, de douleur et d’horreur. Et si par malheur, les hurlements étaient de trop, empêchant les maîtres de céans de s’entendre dire et rire, elles étaient dévêtues, battues et abattues.

Trop en forme pour vivre

Madame le « médecin légiste », que reste-t-il à nous servir, qu’après autopsie vous êtes arrivée à la conclusion que les millions d’esclaves noirs qui perdirent la vie pendant la déportation et dans les colonies, le furent parce qu’ils eussent été trop en « forme » ?

Madame, vous disiez que les esclaves étaient déportés pour qu’ils soient en « bonne santé », afin qu’ils soient commercialisables, autrement dit, vous sous-entendiez qu’ils furent bien traités par leurs maîtres. Comment pouvez-vous soutenir que les esclavagistes se souciaient de la santé des esclaves alors que leur espérance de vie à la naissance ne dépassait guère 20 à 25 ans[18] ? Et quand ces esclaves arrivaient dans les plantations, leur durée de vie atteignait à peine 10 ans[19]. Au Brésil, par exemple, les mauvaises conditions de vie et de travail faisaient qu’un esclave avait une espérance de vie de 7 ans. Il travaillait, en moyenne pendant 16 heures par jour, dans les plantations et les mines d’argent. John Budick décrivait ainsi les conditions de vie et de travail qui prévalaient dans les colonies : « Jusqu’à ce que le XIXe siècle soit bien entamé, les esclavagistes ont trouvé plus avantageux de faire travailler leur propriété jusqu’à la mort, plutôt que de fournir des conditions de vie qui auraient permis une auto-reproduction de cette force de travail.[20] »

Madame, vous feignez ignorer l’histoire, la triste réalité de l’esclavage, voici en exclusivité pour vous un morceau non choisi de la redoutable traversée des esclaves. Pour emprunter une rhétorique de votre ancien comparse l’écrivain Yann Moix[21], si vous les demandez, les voici ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même.

« (Les esclaves) sont descendus à fond de cale; c’est là que cinq ou six cents malheureux sont entassés pêle-mêle dans un espace mesuré à la longueur de leur corps, ne voyant la lumière que par l’ouverture des écoutilles, ne respirant nuit et jour qu’un air qui d’insalubre, devient pestiféré par le séjour constant des exhalaisons humaines et des excréments qui y séjournent ; alors, du mélange de toutes ces exhalaisons putrides, résulte une infection douloureuse qui corrompt le sang et cause une foule de maladies inflammatoires, lesquelles font périr le quart et quelquefois le tiers de tous les esclaves dans le seul espace de deux mois ou trois mois et demi que dure ordinairement la traversée.

Beaucoup refusent de manger dans l’espoir de finir leurs tourments par une mort plus prompte ; mais sur ce refus de manger, on brise avec des barres de fer, à plusieurs endroits, les bras et les jambes des malheureux récalcitrants qui, par les cris horribles qu’ils poussent, répandent l’effroi parmi leurs compagnons et les obligent à faire, dans la crainte de subir le même traitement, ce qu’ils refusaient à faire avec autant de force que de raison.

Le capitaine d’un bâtiment s’aperçut que plusieurs esclaves se parlaient à l’oreille, que plusieurs femmes avaient l’air de propager un secret ; il s’imagina enfin que plusieurs noirs conspiraient pour recouvrer leur liberté ; alors, sans s’assurer si ses soupçons étaient fondés, savez-vous ce que fit le capitaine ? Il condamna sur-le-champ deux de ces malheureux à mort, un homme et une femme, et prononça la sentence en étendant la main vers l’homme qui devait mourir le premier ; à l’instant même, le malheureux fut égorgé devant ses frères, puis on lui arracha le cœur, le foie et les entrailles, qui furent répandus à terre et, comme ils étaient trois cents esclaves sur le bâtiment, on coupa le cœur, le foie et les entrailles en trois cents morceaux qu’on força les compagnons du mort de manger crus et ensanglantés, le capitaine menaçant du même supplice quiconque refuserait cette horrible nourriture. Peu satisfait de cette exécution, le cruel capitaine désigna ensuite la femme à ses bourreaux ; les ordres avaient été donnés d’avance et le supplice était réglé. La pauvre créature fut attachée avec des cordes par les deux pouces et suspendue à un mât jusqu’à ce que ses pieds eussent perdu terre. On lui enleva les quelques haillons qui la couvraient et on la fouetta d’abord jusqu’à ce que le sang ruisselât par tout son corps. Puis, avec des rasoirs, on lui découpa la peau ; et, pour être mangés aussi par les trois cents esclaves, on lui enleva du corps trois cents morceaux de chair, si bien que ses os furent mis à découvert et qu’elle expira dans les plus cruelles tortures[22]. »

Voilà madame, un (court) extrait de l’odyssée des millions d’Africains noirs qui ont vécu l’enfer sur terre, sur mer et dans les airs. Dans ces lieux d’abomination où furent entassés le « cheptel humain », plus d’un million et demi de personnes périrent pendant la traversée qui durait plusieurs mois.[23] Et l’enfer n’a jamais quitté les esclaves noirs, de leur capture à leur captivité en passant par leur déportation. Dans les colonies, la cruauté a atteint un tel niveau de raffinement que les esclaves étaient réduits à l’état de « meubles ». Leur état de santé fut le dernier souci de leurs maîtres. Beaucoup mouraient d’inanition, d’amputation, et d’autres privations. Les vicaires et les sicaires réprimaient systématiquement toute forme de rébellion et de prise de conscience dans les plantations et les mines.

Madame Angot, est-il utile de vous rappeler que, pendant de très longues années, la France esclavagiste tira une bonne partie de sa richesse nationale d’une détestable matière… le commerce des esclaves africains ? Face à votre mépris, peut-être trouverons nous un peu de réconfort auprès de Victor Hugo : « C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches ». Du milieu du 17e au milieu du 19e siècle, la France organisa au moins 4 220 expéditions négrières[24], soit 13% de la traite atlantique européenne, et qu’à ce titre elle fut le troisième pays européen bénéficiaire du trafic d’êtres humains, après le Royaume-Uni et le Portugal.

Madame, ignoriez-vous que le 26 août 1944, quand le général de Gaulle descendait, fièrement et triomphalement, l’avenue des Champs-Élysées, les caves de la Banque de France étaient désespérément vides. La France était libre, mais elle était essorée par quatre ans de conflit meurtrier (541 000 morts), avec des dégâts matériels et financiers estimés à plusieurs centaines de milliards de francs. Selon les historiens, plus d’un million de ménages français étaient sans abri, des villes entières avaient été rasées. C’est dire combien la situation économique et financière de la France était difficile, presque indigente. Saviez-vous que l’économie française a été sauvée, non pas par le plan Marshall qui n’a démarré qu’en 1948, mais par les 1 100 tonnes d’or (la moitié du stock d’or de la Banque de la France) cachées de la convoitise nazie par les autorités françaises de l’époque à Kayes, une petite bourgade du Mali, sur le continent africain ? Quel aurait été l’état de l’économie française aujourd’hui sans le rapatriement de ce stock d’or si jalousement gardé et sécurisé par les descendants des esclaves noirs ?

Madame Angot, l’esclavage n’a pas été seulement sanglant et meurtrier. Il a été aussi une infamie pour les peuples noirs d’Afrique qui trainent encore ce boulet – au propre comme au figuré – au point d’aliéner même leur futur. Chez beaucoup d’Africains, nombreux, subsistent encore un sentiment de culpabilité et une posture d’infériorité. Combien de fois, encore aujourd’hui, vous voyez des dirigeants africains quémander la mansuétude des anciens « maîtres » de leur continent. Oui le comble ! La victime qui s’excuse auprès de son bourreau. La colonisation et l’esclavage ont engendré dans les anciennes colonies ce que Aime Césaire appelle la « crise de l’initiative », au point d’ôter même l’envie de réfléchir, d’entreprendre quelque chose en nous et pour nous. D’ailleurs, il n’est pas exclu, rien qu’à la simple lecture de cette tribune que certains de mes compatriotes africains soient foudroyés de frayeur au point de s’en désolidariser, au mieux de se mettre à l’abri, le temps que la tempête médiatique s’estompe. Sinon comment comprendre que les jeunes générations d’Africains, libres (presque), qui n’ont pas connu ces périodes douloureuses de l’histoire, continuent à fuir en masse leur continent pour échapper aux attentats et aux potentats, pour finir leur chevauchée dans les filets des braqueurs et des raquetteurs, des assassins et des spadassins ? Dans le même sillage que leurs lointains ascendants, des milliers de jeunes africains traversent le Sahara à pied et la Méditerranée à la nage pour tenter de travailler… dans les plantations des anciens « colons ».

Madame Angot, vous qui avez vécu l’horreur au plus intime de votre âme au point d’en faire la principale héroïne de vos romans, avec une daronne d’origine juive et un daron incestueux, vous devriez à même de vous affranchir de toute comparaison hasardeuse dans l’échelle des souffrances humaines. D’ailleurs, vous ne vous êtes jamais privée d’exprimer votre indignation face à l’inacceptable, même face aux malentendus et aux sous-entendus. On se souvient de la soirée du 26 janvier 2019 quand vous avez alpagué, dans un vacarme de silence, votre binôme – pardon l’autre monôme, l’avocat Charles Consigny – pour ses propos soporifiques à peine allusifs aux origines juives du philosophe Bernard-Henri Lévy. « (…) J’estime que pour moi, que soit prononcé sur un plateau l’idée qu’un homme juif se balade dans plusieurs pays étrangers…», aviez-vous déclaré. Sentant la terre se dérober sous ses pieds, votre compère s’empressa de tiédir votre élan : « Mais ça va pas. Je vois venir un truc qui me fait peur ». Il n’en fallut pas plus pour soulever votre courroux : « Laisse-moi terminer. Laisse-moi terminer », aviez-vous répliqué sèchement, avant d’enchainer : « Moi aussi ça me fait peur ce que tu as dit. J’estime que ce propos du cosmopolitisme qui vous est reproché, pour moi ça dessert une émission de télévision[25]». Auparavant, le 3 novembre 2018, dans une autre séquence de ONPC, avec l’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert, comme par hasard à vos côtés, vous aviez apostrophé, sans management, le comédien Océan – Océane-Rose-Marie dans une autre vie – pour une tribune qu’il avait publiée deux ans plus tôt, relative à “l’instrumentalisation” de “l’extermination des juifs d’Europe”. Face à un invité gêné, titubant à la recherche de ses mots et se fendant en excuses, vous ne l’aviez accordé aucun répit pour lui faire part de votre dépit : « Non non non, la violence n’est pas de ce côté-là. Elle n’est pas du côté des reproches, elle est du côté de votre phrase. Vraiment. C’est terrible, je vous assure. Et il n’y a pas de point de vue dans ce domaine. Il y a des gens qui se sont fait exterminer[26]. »

Madame, quelle est donc cette indignation sélective ? Je peux comprendre, légitimement, eu égard à vos origines, que vous soyez sensible à toute question se rapportant à la Shoah, mais vous ne devez jamais oublier que ce sont les descendants des esclaves noirs – ces braves « tirailleurs sénégalais » – qui sont montés au front pendant la seconde guerre mondiale, aux premières lignes, pour aider leurs « anciens maîtres » à vaincre le nazisme et le fascisme ?  

Dans un entretien croisé avec Michel Houellebecq au magazine Elle en 1999, vous affirmiez que « la seule chose qui ait du charme, c’est de prendre des risques[27] », avant d’ajouter qu’« il y a plein de gens qui ne me parlent plus. Je le regrette. Mais tant pis pour eux. » A vingt ans de longueur de ces vanités, pensez-vous avoir atteint vos limites ?

Madame, vous êtes l’une des romancières françaises les plus prolifiques et les plus médiatisées de l’autofiction, même si vous réfutez ce statut. Il semble que plusieurs de ceux qui vous ont approchée se sont reconnus, nus et dénudés dans vos œuvres[28], me flatterais-je d’être l’un des personnages de votre prochain romain pour lequel je me permets de vous souffler le titre : « Vu des cales[29] » ?

Madame Angot, l’avocat William Bourdon s’adressant à la cour à votre sujet disait « Madame et messieurs les juges, refermez la plaie qu’une plume sadique a fait couler ![30] » Je serais tenté de tourner en dérision ce lazzi : « Refermons la plaie qu’une bouche amère a fait couler ! »

Pour clore, puisque je dois en finir, permettez-moi madame de vous laisser en bonne compagnie, celle de Papi « Chichi » qui confessa sans concession : « On oublie seulement une chose, c’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique, pas uniquement, mais beaucoup viennent de l’exploitation de l’Afrique. Alors, il faut avoir un peu de bon sens, je ne dis pas de générosité, mais de bon sens, de justice, pour rendre aux Africains ce qu’on leur a pris ; d’autant que c’est nécessaire si on veut éviter les pires convulsions avec les conséquences politiques que cela comporte dans le proche avenir.[31] » Bon appétit abracadabrantesque !

Peuples africains, je m’adresse maintenant à vous. Arrêtez de jouer à l’édredon ! Les peuls disent que « tout ce qui arrive au cadavre c’est la faute de la mort ». L’Afrique a trop attendu. Elle a aussi trop entendu. À vouloir tendre la sébile, sans discontinuité et pour tout ou rien, vous finirez par voir des comportements désobligeants et entendre des propos blessants. Maintenant, ça suffit ! L’heure de la responsabilité a sonné pour les Africains. Et cette responsabilité implique de chacun de nous deux actes préconisés par l’Abbé Pierre : « vouloir savoir et oser dire ». Laissez vos petits conforts personnels en veilleuse et occupez-vous sérieusement de votre continent, de son histoire, de sa vie et de son avenir. Ce n’est pas un dérapage de plus, c’est le marquage de la déshumanisation d’une mémoire collective. Il faut que le message soit définitivement compris. Je l’ai toujours dit, et je vais le répéter. L’Afrique ne doit pas servir de comptoir aux esclavagistes, de réservoir aux négationnistes, de bavoir aux révisionnistes, de dépotoir aux terroristes, d’abattoir aux exorcistes, de séchoir aux affairistes, de crachoir aux racistes, de dortoir aux opportunistes, de déversoir aux moralistes, d’accoudoir aux arrivistes, de foutoir aux anarchistes, d’abreuvoir aux occultistes, de manoir aux putschistes, d’égrugeoir aux séparatistes, de vidoir aux propagandistes…

Dans le volume III de son célèbre livre Capital, Karl Marx cita une déclaration glaciale d’un avocat pro-esclavagiste, datant de 1859, qui en dit long sur l’état d’esprit qui prévala :

« Messieurs, dit-il sous les applaudissements de l’assemblée, la Nature elle-même a destiné le nègre à l’esclavage. Le Noir est fort et bien membré, mais en lui donnant cette force la Nature l’a privé de toute volonté, tant pour gouverner que pour travailler. (Applaudissements.) Et c’est cette même Nature qui lui a refusé la volonté de travailler, lui a donné un maître pour le contraindre et en faire, sous le climat où il est né, un serviteur utile autant pour lui-même que pour celui qui le commande. Je considère qu’il n’y a aucune injustice à laisser le nègre dans la situation que la Nature lui a assignée. Celle-ci lui a donné un maître qui le dirige ; est-ce donc le priver d’un droit que de l’obliger à travailler pour ce maître, que de le forcer à fournir une juste indemnité à celui qui dépense son activité et son talent à en faire un être utile à la société et à lui-même ?[32] »

Quelles que soient nos « infirmités personnelles » (l’expression est d’Albert Camus), nous avons l’obligation de vérité et de justice, vis-à-vis de nous-mêmes et des générations futures. Nos esprits peuvent être corruptibles, javélisés par la bien-pensance et la bienséance mais, assurément, notre mémoire commune restera inamissible au point d’être accessible, préhensible et transmissible.

L’historien Joseph ki Zerbo, avant de prendre congé de nos inerties et de nos inepties, nous avertissait : « N’an lara an sara » (traduit, « si nous nous couchons, nous mourons »).

Voilà tout le monde prévenu. A chacun de s’en faire ou de s’en défaire !


A propos de l’auteur

Cheickna Bounajim Cissé, l’émergentier

Économiste et essayiste, il est le Président de la Commission « Banques & Compétitivité » du CAVIE (Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique). Titulaire d’un MBA de l’Université de Paris Dauphine et de l’IAE de Paris, il est détenteur d’un Master professionnel Sciences Politiques et sociales – option Journalisme de l’Institut Français de Presse (Université Panthéon-Assas), possède une Maîtrise en gestion des entreprises de l’ENA de Bamako et est diplômé d’études supérieures en Banque (ITB – CNAM de Paris). Il est l’auteur de l’acronyme MANGANESE, désignant neuf pays africains émergents ou en voie de l’être. Il se définit comme un « émergentier », un activiste de l’émergence de l’Afrique.

Il est contributeur pour plusieurs médias et auteur de plusieurs publications, dont « Les défis du Mali nouveau » (Amazon, 2013, 269 pages), « Construire l’émergence, un pacte pour l’avenir » (BoD, 2016, 736 pages), « FCFA : Face Cachée de la Finance Africaine » (BoD, 2019, 452 pages).


[1] Christine Angot, l’enfiévrée du samedi soir, Par  Anne Fulda, 03/05/2018 ; en ligne : www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/05/03/01016-20180503ARTFIG00276-christine-angot-l-enfievree-du-samedi-soir.php

[2] https://www.lci.fr/medias/pourquoi-il-etait-temps-que-christine-angot-quitte-onpc-l-emission-de-laurent-ruquier-2123574.html

[3] https://www.ozap.com/actu/christine-angot-je-ne-suis-pas-une-machine-a-clashs/557674

[4] Christine Angot, l’enfiévrée du samedi soir, Par  Anne Fulda, 03/05/2018 ; en ligne : www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/05/03/01016-20180503ARTFIG00276-christine-angot-l-enfievree-du-samedi-soir.php

[5] Christine Angot, portrait d’une incontrôlable, Par Valérie Sasportas François Aubel, 24/03/2017 ; en ligne : www.lefigaro.fr/culture/2017/03/24/03004-20170324ARTFIG00139-christine-angot-extension-du-domaine-de-ses-nevroses.php

[6] http://www.une-autre-histoire.org/laffaire-angot/

[7] http://www.elle.fr/Loisirs/Livres/News/Doc-Gyneco-l-inceste-ONPC-Christine-Angot-se-confie-3717468

[8] Pour reprendre les termes du philosophe et politologue Renée Fregosi ; en ligne : www.lefigaro.fr/vox/societe/l-esclavage-existe-encore-et-il-est-important-que-l-on-puisse-en-parler-20190611

[9] 70 % de la population africaine a moins de 30 ans (ONU, BAD).

[10] https://www.voici.fr/tele/laurent-ruquier-explique-pourquoi-il-a-choisi-christine-angot-pour-remplacer-vanessa-burggraf-dans-onpc-637731

[11] ONPC du 8 juin 2019 ; vidéo en ligne : www.youtube.com/watch?v=jPmHhOlAnMI

[12] Laurent Ruquier : “Nous vivons sous la dictature de Twitter et de Marlène Schiappa” ; en ligne : www.lejdd.fr/Medias/Television/laurent-ruquier-nous-vivons-sous-la-dictature-de-twitter-et-de-marlene-schiappa-3904739

[13] https://www.lexpress.fr/actualite/medias/propos-de-christine-angot-sur-l-esclavage-laurent-ruquier-juge-la-polemique-inutile_2081912.html

[14] https://www.lexpress.fr/actualite/medias/apres-les-propos-d-angot-sur-l-esclavage-le-csa-a-recu-plus-de-900-signalements_2082039.html

[15] « Nous sommes à vos côtés, totalement mobilisés, contre toute expression d’actes racistes ou antisémites» ; en ligne : www.lopinion.fr/video/polemique/propos-christine-angot-l-esclavage-christophe-castaner-interpelle-a-l-190375

[16] https://www.youtube.com/watch?v=ftRMN1zIj_U

[17] « Quant à la traite interafricaine, un historien américain, Patrick Manning, estime qu’elle représente l’équivalent de 50 % de tous les déportés hors d’Afrique noire, donc la moitié de 28 millions. C’est probablement plus. Ainsi un des meilleurs spécialistes de l’histoire de l’Afrique précoloniale, Martin Klein, explique-t-il que, vers 1900, rien que dans l’Afrique occidentale française, on comptait plus de 7 millions d’esclaves. Aussi n’est-il sans doute pas exagéré de dire qu’il y en eut peut-être plus de 14 millions, pour le continent, sur une durée de treize siècles. » ; en ligne : http://esclavagetraites.canalblog.com/archives/2006/04/08/1664520.html

[18] Jacques Houdaille, « La fécondité des anciens esclaves à Saint-Domingue (1794-1801) », 1973, https://www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1973_num_28_6_15642

[19] https://www.lexpress.fr/actualite/societe/etre-esclave-dans-les-colonies-francaises_2003443.html

[20] John Budick, “La longue nuit de l’esclavage”, Inprécor n°353, 22 mai 1992 ; en ligne : http://www.gauchemip.org/spip.php?article2949

[21] En ligne : www.liberation.fr/debats/2018/01/21/monsieur-le-president-vous-avez-instaure-a-calais-un-protocole-de-la-bavure_1624132

[22] La traite et l’esclavage vus par Alexandre Dumas, en ligne : www.une-autre-histoire.org/la-traite-et-lesclavage-vus-par-alexandre-dumas2/

[23] http://memorial.nantes.fr/la-traite-negriere-atlantique-et-l-esclavage-colonial/

[24] http://memorial.nantes.fr/nantes-la-traite-negriere-et-l-esclavage/#contenu

[25] https://www.parismatch.com/People/ONPC-Charles-Consigny-recadre-sechement-par-Christine-Angot-1601950

[26] https://www.marianne.net/medias/christine-angot-rappelle-au-comedien-ocean-ses-propos-sur-l-instrumentalisation-de-la-shoah

[27] https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/06/15/elle-est-comme-ca-christine-angot_5476735_4500055.html

[28] https://www.lemonde.fr/livres/article/2011/02/17/christine-angot-face-a-la-revolte-de-ses-personnages_1481332_3260.html ; https://www.lexpress.fr/culture/livre/proces-christine-angot-a-t-elle-depasse-les-limites-de-l-autofiction_1234607.html

[29] Par référence au premier roman de Christine Angot, « Vu du ciel », Gallimard, coll. « L’Arpenteur », 1990.

[30] https://www.lexpress.fr/culture/livre/proces-christine-angot-a-t-elle-depasse-les-limites-de-l-autofiction_1234607.html

[31] Déclaration de l’ancien président français Jacques Chirac, surnommé affectueusement « Chichi » par le Canard enchaîné. Vidéo dont la datation n’est pas très précise (mai 2008 ?) et qui circule à profusion sur la Toile. En ligne : www.youtube.com/watch?v=_zXjbKPl3U0 ; www.youtube.com/watch?v=Qo7IxdzywXk ;

[32] http://indigenes-republique.fr/tant-que-nous-ne-sommes-pas-tous-abolitionnistes-marx-sur-lesclavage-la-race-et-la-classe/

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