Côte d’Ivoire: le patronyme de la miss Côte d’Ivoire fait trembler la twittosphère

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Tara Guèye élue miss Côte d'Ivoire 2019, un jour après l'entrée en vigueur de la ZLECA. Les réactions des internautes ivoiriens montrent que le libre-échange africain aura des défis culturels à relever.

Le concours Miss Côte d’Ivoire 2019 a levé son suspens samedi dernier. La plus belle fille de Côte d’Ivoire a pour nom Tara Gueye, 22 ans, de mère ivoirienne et de père sénégalais. La miss Yamoussoukro lors des présélections a remporté l’étape finale.

Beaucoup d’internautes, se fondant sur le le patronyme de la jeune étudiante en licence de sciences économiques à Fès, au Maroc, se demandent si elle est bien ivoirienne.

S’invitant dans le débat, Alain Michel Lobognon, parlementaire et ancien ministre ivoirien des Sports, a fait une sortie de piste: « Non, il ne s’agit pas de xénophobie sinon elle n’aurait même pas postulé pour être Miss Côte d’Ivoire. Elle est ivoirienne et c’est ce que l’opinion retient. Pour le reste, le sentiment pour la préférence nationale est ancré dans tous les pays au monde. Reconnaissons-le», a-t-il déclaré selon des propos recueillis par l’agence APPA.

Que vient donc faire “la préférence nationale” à propos de Tara Gueye, ivoirienne par sa mère et sa nationalité? Derrière cette polémique, il y a le débat sous-jacent sur l'”ivoirité” et la “nationalité de souche”, sujet sensible dans les opinions publiques ivoiriennes et africaines en général. L’acceptation de la double nationalité n’est pas aussi évidente entre le Cap et le Caire. A ce propos, nous écrivions il y a quelques semaines que “le cas Sibeth Ndiaye ne pouvait arriver en Afrique”.

Face aux critiques, la mère de la miss Côte d’Ivoire, Adja Soda, a réagi: «Ce n’est pas maintenant que ce débat a commencé. Les choses ont commencé depuis son élection à Yamoussoukro. Comme nous ne voulons pas entrer dans la polémique, nous laissons les gens dire ce qu’ils veulent. Son père est sénégalais, mais moi, je suis ivoirienne de par ma mère qui est Adjoukrou. Du côté maternel, je suis ivoirienne, du côté paternel, je suis sénégalaise. Toute ma famille vit à Dabou. Sa grand-mère est de Dabou et elle peut tout justifier tant en Adjoukrou qu’en Baoulé. Son père a été un agent de la Rti. Il s’appelle Medoum Gueye. Ma fille a fait beaucoup de publicité lorsqu’elle était petite dont celle d’Orasel », a-t-elle confié à afrique-sur7.fr.

Il est clair que le débat posé en Côte d’Ivoire serait le même un peu partout en Afrique si une miss, un ministre ou haut fonctionnaire portait un patronyme qui ne serait pas de “souche”.

La nouvelle reine de la beauté ivoirienne, présélectionnée à Yamoussoukro, a fait preuve de dépassement. « Je suis une acharnée de travail et de défi. Je dois obtenir un doctorat, créer mon propre Business et aussi créer ma fondation pour la réinsertion des enfants autiste. », a-t-elle déclaré.

La nouvelle ambassadrice de la beauté ivoirienne dont le mandat durera un an, gagne plusieurs lots dont une enveloppe de 10 millions FCFA et un véhicule. Au-delà de ces récompenses, elle a reçu 3 millions FCFA de la part de la première dame ivoirienne, Dominique Ouattara. Elle prendre part à des compétitions internationales (Miss Monde, Miss univers) au nom de la Côte d’Ivoire.



4 Commentaires

  1. J’ai lu avec intérêt l’article relatif à Sybeth NDIAYE, et avec consternation, quelques réactions épidermiques de certains. Voilà que le cas de la Miss CI vient confirmer vos écrits M. WADE… Ayant personnellement été souvent confronté à cela, je sais de quoi il s’agit. Il faut juste se dire une chose: le sous développement n’est pas qu’économique en Afrique, il est hélas avant tout ancré dans nos cerveaux et mentalités. Tout est une question de survie: “l’autre” (ou qu’on qualifie comme tel au gré de nos intérêts) est un danger permanent qui vient piquer notre pitance. Le “blanc” lui, il en a donc il n’est pas venu prendre notre part, mais le “noir” d’à côté (qui vient souvent d’un pays moins nanti) est un ennemi, alors il faut lui barrer la route vaille que vaille. Le pire, c’est quand des opportunistes politicards, usent et abusent de ce concept de “préférence nationale” qui n’est rien d’autre que la haine de l'”autre” et absolument pas du patriotisme, mais du nationalisme de bas étage, pas plus. Le monde entier sait où a mené le national-socialisme de HITLER. Lui aussi, ne faisait que préférer la race ARYENNE aux autres ni plus ni moins. Heureusement que nos despotes mal éclairés n’ont pas les capacités de provoquer une guerre mondiale, mais un conflit régional, oui, un conflit ethnique, oui, une dislocation de la société, oui, la division en “autochtones” et “allochtones”, oui, etc. Alors,une Sybeth N’DIAYE en afrique, hors de propos. Comme est “inconcevable” pour certains esprits étroits, qu’on ait un patronyme qui ne colle pas à une nationalité… Basile BOLI a joué avec le coq sur la poitrine au Parc des Princes, en bleu-blanc-rouge, ça ne choque personne en côte d’ivoire. Un des frères Kalou a tout fait pour être Néerlandais, cela n’a pas marché pour une question de procédure. Il est revenu jouer avec les Eléphants sans bruit. Souvenez vous du tollé créé par le fait que TROUSSIER voulait titulariser Gabriel OKOLOSI au poste d’avant-centre de la Côte d’Ivoire. Qui sait que ce joueur du Nigéria a été naturalisé par la suite, mais n’a jamais joué en équipe nationale. Il est vrai que nous nagions déjà dans les eaux troubles de l’ivoirité… Qui a une idée du nombre de Libanais qui ont la double nationalité, celle du Liban et celle des pays d’Afrique où ils vivent et prospèrent? 95, 99%? (alors qu’au Liban on ne peut être Libanais que de père et non de mère). Mais comme eux, à quelques rares exceptions, ne s’intéressent pas à la politique au grand jour (ils donnent les jetons en douce la nuit pour certains) on considère qu’ils ne sont pas dangereux, d’autant plus que leur couleur de peau en fait une identité très remarquable. Ce qui n’est pas le cas de celui qui a le même teint noir, et qui peut avoir l’outrecuidance de vouloir se présenter pour un mandat électif ou nominatif ! Quand on voit comment en Europe sont combattus le populisme et l’extrême droite, en Afrique on fait le lit des extrémismes, alors que sous tous les cieux ils prétendent tous défendre la fameuse “préférence nationale”… Les équipes européennes de football sont composées à plus de 50% sinon plus, de joueurs au teint noir aujourd’hui. En France, c’est pire, vous vous demandez s’il ne s’agit pas du championnat du Sénégal ou de la RDC !!! Mais pourtant, la majorité de ces joueurs sont de nationalité française ou européenne (en vertu de la loi su sol) qui n’existe quasiment nulle part en Afrique. C’est ce qui donne des taux d’étrangers faramineux dans certains pays, alors que ces “étrangers” en général n’ont jamais connu un autre pays que celui de leur naissance tout comme parfois leurs parents. Mais faute de loi de nationalité du sol, ils sont et demeurent des étrangers jusqu’à leur mort, et ce sont ceux là qui servent de statistiques aux marchands de “préférence nationale”! Quant à la Miss et sa famille, ne perdez pas de temps à vouloir vous justifier, car vous n’avez rien à justifier. C’est au Comité Miss CI de le faire pour vous car si elle a pu participer, c’est bien parce qu’elle remplit les conditions, dont celle j’imagine de la nationalité. Le seul problème, c’est qu’elle a gagné. Mais au fond, n’est ce pas justement la revanche sur la bêtise humaine qui est sans limite. Le drame dans tout cela, c’est que ce genre de réflexion sur la Miss CI, vous prendrez (presque ) n’importe quel pays d’Afrique, vous l’entendrez partout: une miss “KONAN” au Sénégal ou au Gabon, ou SAWADOGO au Togo ou au Bénin, c’est impensable ! En France même, les 2 Miss métisses avaient pour père un français blanc et la mère africaine. Auraient-elles été élues si leurs pères avaient été africains avec des patronymes africains? Le PEN père avait bien dit sans honte que l’équipe de France de football ne reflétait pas l’idée qu’il a de la France: trop colorée à son goût… la bêtise humaine n’a pas de limite qui oserait encore en douter?

    • Bonjour Daniel
      Nous vous remercions pour votre réaction assez bien étayée. Le débat se poursuit. Nos codes de nationalité ont des paliers à franchir .
      La rédaction

  2. Vraiment l Afrique ne grandira jamais ! Quand nous obtenons une nationalité européenne ou américaine nous sommes fiers et brandissons nos passeports alors que ni notre père ni notre mère ne sont pas de ces pays. Mais avoir une peau noire, un des parents étant de nationalité d’un pays africain avec un nom à consonance étrangère hop, nous voilà hors de nous. Pauvre Afrique !!!

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