[Tribune de la Bourse] BRVM, mettre ou ne pas mettre ses œufs dans le même panier

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Daniel Aggre est le CEO de la structure de recherche et d’analyse SIKA Advisory.

Par Daniel Aggre* Abidjan.

 

Un dilemme dans la gestion de portefeuille est le choix, entre les concepts de diversification ou de concentration surtout dans une phase aigüe de tendance à la baisse à la Bourse.


Nous pensons pour notre part que la diversification n’est pas toujours une vérité absolue.

Pour expliquer la diversification nous allons utiliser le célèbre adage qui dit “Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier”. Sa signification est simple : en tant qu’investisseur, il faut penser à diversifier ses placements en évitant de mettre tout son argent sur une seule classe d’actifs.

Une bonne diversification comporte plusieurs avantages pour un investisseur :

En cas de crise économique, il bénéficiera d’un effet de compensation entre certains investissements atteints par la crise et d’autres qui s’en sortiront indemnes, voire qui progresseront simultanément.
En l’absence de crise, la diversification permet de dégager des rendements globaux plus réguliers et moins volatiles qu’en investissant sur une seule classe d’actifs ou une seule entreprise.

Voici comment John Maynard Keynes* parle de la diversification et la concentration : “Je suis partisan de l’achat d’autant de titres d’une seule société que les conditions du marché le permettent. Supposer que faire passer la sécurité en premier consiste à détenir de petites quantités de nombreuses sociétés que je ne peux juger précisément faute d’information, plutôt qu’une grosse part d’une seule entreprise sur laquelle je possède des informations précises, me semble être une parodie d’investissement”. Une parodie de politique d’investissement : ainsi Keynes qualifie ce qui est appelé aujourd’hui la diversification d’un portefeuille.

 

Pour Keynes, gérer un portefeuille de manière efficace revient donc à concentrer ses fonds et non à les diversifier. D’une certaine manière, c’est également ce qu’affirment des investisseurs professionnels aussi reconnus que Warren Buffet* ou Benjamin Graham* : gérer de manière optimale, c’est concentrer un portefeuille sur très peu de bonnes sociétés. C’est exactement le contraire de ce que propose la théorie dite “moderne” du portefeuille, introduite en 1952 par Markowitz, soit dix ans après l’assertion de Keynes

En somme, la diversification permet de réduire le risque global pris par l’investisseur, sans nécessairement réduire son rendement à long terme. Elle évite surtout de subir une très forte perte due à un pari unique sur une classe d’actifs en mauvaise posture ou sur une entreprise en faillite à condition d’avoir toutes les informations sur ces sociétés. La diversification reste recommandée par tous les acteurs de la finance et surtout par le régulateur.


Mais si l’erreur de ce débat était dès le départ d’essayer de le traiter dans un cas général, sous-entendu en supposant qu’une fois tranché, son verdict s’appliquerait ensuite indifféremment à n’importe quel investisseur. Nous disons non. Un gestionnaire d’actif a plus de contraintesréglementaires qu’un investisseur particulier et ne peut donc s’adonner totalement à la concentration.

Rappelons au passage la citation de Buffett : « La diversification peut préserver la richesse, mais la concentration construit la richesse »

 

L’exemple de BOA Sénégal 

 

BOA Sénégal, une valeur adossée sur un support avéré.

Prenons un exemple simple. BOA Sénégal au niveau fondamental est une entreprise avec un PER à 5.70 Vs 6.96 en le comparant à la moyenne de son secteur. Nous voyons qu’au niveau du PBR il est sensiblement égal à la moyenne du secteur bancaire à 1.51 Vs 1.50. Au niveau des perspectives de l’entreprise, c’est une banque avec de bonnes perspectives et évoluant dans un excellent cadre macro-économique. Les institutions de Breton Woods que sont la banque mondiale et le FMI anticipent une croissance robuste les 3 prochaines années au Sénégal. Avec un taux de bancarisation au Sénégal avoisinant 21% et disposant du deuxième réseau bancaire du pays, BOAS présente sans nul doute des perspectives alléchantes.  

Sur une base d’analyse technique. Il a un support avéré à 2 000 FCFA. L’histoire s’est répétée du 10 Novembre au 21 novembre 2017. Le 14 Novembre 2018, il a buté sur le support de 2 000 FCFA et aussi le 14 Mai. A la date actuelle, il tourne toujours autour de son prix historique de 2 000 FCFA. Chaque fois qu’il est à ce niveau, les vendeurs refusent de vendre plus bas, et les acheteurs se ruent sur le très bon prix du titre et le prix repart à la hausse au moins à 2 500 FCFA, donnant une plus-value d’au moins 25%.
Pour un investisseur particulier qui aurait perdu entre 10 à 20% depuis le début de l’année sur son portefeuille. Voici une aubaine, d’utiliser la concentration, sur un titre qui semble avoir un support avéré, qui rebondit toujours à ce prix, pour au moins gagner une plus-value de 25% et sauver son année à la BRVM.

Voici comment, dans une situation aussi délicate que nous traversons, nous pouvons aider nos clients, surtout dans la gestion sous mandat et le conseil assisté à sauver leur année.


Notes

 

*John Maynard Keynes, né le 5 juin 1883 à Cambridge et mort le 21 avril 1946 dans sa ferme de Tilton à Firle, est un économiste, haut fonctionnaire et essayiste britannique. Sa notoriété est mondiale. Il est le fondateur de la macroéconomie keynésienne.

*Warren Buffett est un homme d’affaires, trader et investisseur américain. Surnommé « l’oracle d’Omaha », il fait partie des hommes les plus riches du monde depuis le début du XXIᵉ siècle. En 2017, Forbes estime sa fortune à 85,5 milliards de dollars américains et est donc en troisième place sur la liste des milliardaires du monde selon Forbes.

*Benjamin Graham (Londres, 8 mai 1894 – 21 septembre 1976), économiste, entrepreneur et investisseur américain du xxe siècle, a été reconnu mondialement comme l’investisseur le plus doué de la planète. Il est le mentor de Warren Buffett, un des hommes les plus riches du monde, et de bien d’autres investisseurs qui le considèrent comme le chef de file d’un nouveau type d’investissements : l’investissement dans la valeur.

 

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