Chine: les enjeux de la nouvelle route de la soie

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Le projet de la nouvelle route de la soie rappelle le Plan Marshall américain lancé à la fin de la deuxième guerre mondiale pour reconstruire l'Europe de l'Ouest.

Dans un rapport paru le 9 avril 2018, l’agence Standard and Poor’s estime que le succès de la nouvelle route de la soie devrait se mesurer à l’implication des investisseurs privés.

«Le succès de l’initiative BRI (Belt and Road Initiative), le plus grand projet d’infrastructure du 21ème siècle, reposera finalement sur l’argent de départ initial injecté par la Chine dans des projets solvables capables d’attirer le vrai secteur privé en dehors de l’argent», a déclaré Paul Gruenwald, économiste en chef de S & P Global Ratings.

«Vu de cette façon, l’initiative lancée par le président chinois Xi Jinping au Kazakhstan, en septembre 2013, est sans doute le plus grand projet de capital-risque» dans le monde.

L’autre facteur de succès est la capacité du projet à gagner les coeurs dans les pays concernés. Avec pour objectif de rapprocher l’Eurasie, à travers la mer et la terre, par des projets d’infrastructures, la route de la soie devrait aussi accroître l’influence de l’Empire du milieu dans une zone qui pourra aussi relier le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Est, via le port de Djibouti.

Le gap des investissements dans les infrastructures est estimé à 5% du PIB (22, 6 trillions de dollars d’ici 2030) de la région. L’objectif de la Chine et de sécuriser son approvisionnement en Energie qui passe  pour 85% à travers le détroit de Malacca.

Le mécanisme rappelle celui d’un fonds d’investissement. Premièrement, le  gouvernement chinois investit des capitaux de démarrage pour financer l’infrastructure et les projets industriels dans les pays cibles. Ces pays cibles sont l’équivalent d’entreprises en démarrage ou en émergence dans le langage du capital investissement. L’objectif est de générer des rendements sur les investissements, d’encaisser et de sortir, explique S&P.

L’objectif de la Chine est, au delà de l’économique, de réduire les risques de tension sur ses frontières (partagées par 17 pays) en créant une zone de prospérité qui toucherait l’Inde, d’anciennes républiques soviétiques, l’Iran et la Turquie.

Voici les principaux segments de la route de la soie:

 

-Le corridor Chine Pakistan qui relie l’Ouest de la Chine au port de Gawdar en mer d’Arabie. C’est le projet le plus avancé dans le programme.

-Le pipeline de Myanmar de pétrole et de gaz qui va relier le golfe du Bengale à la ville chinoise de Kunming dans l’ouest, zone de raffinage des produits pétroliers.

-Le pipeline gazier de l’Asie centrale qui va moderniser une vieille infrastructure de l’aire soviétique. L’objectif, relier les réserves gazières duTurkménistan et les réserves pétrolières du Kazakhstan. Le pipeline passe à proximité de Korghos, sur la frontière sino-kazakh,  où Pékin est en train de construire le plus grand port sec au monde.

Les projets ainsi décrits reposent sur le modèle PPP de BOT (Construire, opérer et transférer).

Selon S&P, même si la Chine  parvenait à un taux de 50% de l’utilisation des énergies renouvelables dans son mix énergétique, il restera un gros consommateur des énergies fossiles. La consommation journalière chinoise va doubler pour atteindre 19,2 millions de barils par jour. La consommation de gaz naturel va quant à elle s’établir à 771 milliards de mètres cubes par jour.

Cet intérêt chinois est à mettre en équation avec le statut récent des USA, autosuffisante en énergie et appelée en principe à diminuer son intérêt pour la région. C’est dire que Pékin va jouer un rôle prépondérant en Eurasie, au Moyen-Orient et en Afrique.


        

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