A la UneAfreximbank veut tirer le commerce africain de sa torpeur

Afreximbank veut tirer le commerce africain de sa torpeur

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Adama Wade, envoyé spécial.

En dépit de dix ans d’intenses progrès, le commerce africain reste assigné à 2% dans le volume mondial. Quant aux échanges entre pays africains, ils viennent à peine de franchir la barre des 10% et atteindraient  13% selon les experts.

C’est pour améliorer ces statistiques figés depuis les années 90 que Afreximbank, la banque Africaine d’import export, a invité 200 banquiers, négociants, tiers détenteurs  et experts de la trade Finance à un séminaire de formation et d’échange (6-10 novembre 2017) sur l’ile de Sal, au Cap-Vert.

L’occasion pour l’institution appartenant aux États africains de lancer une plateforme globale de garantie (The Afreximbank Guarantee Programme, AFGAP), destiné à faciliter le financement des transactions commerciales africaines.

Il s’agit, précise Dr Benedict Oramah, président de la banque panafricaine, de la mise en place de mesures innovantes dont une  plateforme marketplace comportant à la fois des instruments de couverture de devises, de la garantie pour les opérateurs et, pour les banques, des lignes de crédit adaptées en fonction des contextes et des pays. Aux garanties à court terme et à long terme, s’ajoutent les facilités d’obligations et l’assurance crédit.

Afreximbank offre ainsi un large éventail d’instruments souvent associés aux agences de crédit à l’exportation et autres institutions spécialisées dans le commerce et le développement, se différenciant ainsi des banques commerciales normales et des institutions financières de développement.

Pour  Amr Kamel, vice-président exécutif d’Afreximbank en charge du développement commercial et des services bancaires aux entreprises, l’AFGAP est une démonstration de l’engagement indéfectible d’Afreximbank à remplir son mandat de promouvoir le commerce intra-africain.

Kofi Asumadu Ado, Directeur des Garanties et des Services Financiers Spécialisés d’Afreximbank, explique quant à lui que l’approche d’Afreximbank en matière de financement du commerce en Afrique consiste à identifier les défis et ensuite à concevoir des solutions spécifiques pour les résoudre.
« L’AFGAP est une solution concrète conçue pour relever un défi  identifié par la Banque »  a-t-il indiqué.

 

Réduire le risque

L’objectif final de la mise en place de la plateforme de garantie est de réduire suffisamment le risque commercial, financier et logistique ainsi que de prévoir le risque pays adéquat dans les échanges africains.

Le programme qui s’appuie sur la combinaison entre les nouvelles technologies et les instruments de la trade Finance est sensé générer 100 milliards de dollars d’investissements intra-africains.

Fort de son slogan, «transformer le commerce africain», la banque basée au Caire, a mis en place toute une panoplie de facilités pour accompagner la transformation locale des matières premières. «Augmenter le commerce africain c’est augmenter à la fois la part des produits transformés et aussi du commerce formel », précise M. Oramah. Notons que le commerce informel est estimé à 40 milliards de dollars en Afrique.

Les différents mécanismes susceptibles de drainer une bonne partie de cette manne dans le circuit formel passent par les banques commerciales. Celles-ci, présentes en force au séminaire Afreximbank, ont relevé les coûts de plus en plus élevés de la conformité (Bâle 4, normes IFRS), les différentes réglementations contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme , qui viennent alourdir leurs dispositifs.
Aussi, face à ces contraintes et à la raréfaction des devises sur le marché, l’approche Afreximbank est la bienvenue.
Reste à sensibiliser suffisamment les banques centrales à accompagner la tendance en levant les restrictions sur le change et le mouvement des capitaux qui constituent de véritables freins au commerce intra-africain.

Adama WADE
Directeur de publication de Financial Afrik. Dans la presse économique africaine depuis 17 ans, Adama Wade a eu à exercer au Maroc dans plusieurs rédactions. Capitaine au Long Cours de la Marine Marchande et titulaire d'un Master en Communication des Organisations, Adama Wade a publié un essai, «Le mythe de Tarzan», qui décrit le complexe géopolitique de l’Afrique.

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