L’écosystème financier aime rémunérer correctement le  risque.   Désormais, les armateurs étrangers hésitent à desservir le port de Conakry et prennent le temps de s’informer sur certains ports ouest-africains. Et, avec ces précautions d’usage, l’industrie bancaire et le secteur des assurances ne tardera pas à « up-grader » ses taux par rapport à la situation.      

La « Ebola Clause Act » n’a pas encore vu de jour dans les contrats d’affrètement de navires, mais c’est tout comme ci »,explique un courtier d’ affrètement maritime qui estime qu’à moyen terme, cette épidémie risque de renchérir le taux de fret et, à terme, de se répercuter sur le rating de la Guinée et des autres pays de la sous région.

L’absence de vaccin et de traitement spécifique contre cette fièvre  tropicale  sous investie en termes de recherches (car, n’étant pas suffisamment rentable pour les laboratoires pharmaceutiques), alimente les peurs.  A raison,  selon les dernier communiqués  de l’OMS et de Médecins Sans frontière qui parlent, tous les deux, d’une  vitesse de contamination  sans précédent .

La  Guinée en paye le prix fort, avec 98 décès sur 151 cas (Ministère guinéen de la santé).  Des cas auraient été signalés au Mali et au Liberia ainsi qu’en Sierra Léone. Le Sénégal et la Mauritanie ont fermé leurs frontières.  L’Algérie est sur le qui-vive.

A l’aéroport de Guinée-Conakry, la mobilisation sanitaire s’est renforcée et des équipes médicales de l’OMS et de l’ONG Médecins d’Afrique se relaient 24 heures sur 24, pour s’assurer que les passagers qui quittent le pays ne sont pas porteurs du virus.   A l’aéroport de Rossy, un appareil provenant de la Guinée (le vol AF 727 du vendredi dernier)  a été immobilisé une quarantaine de deux heures à son arrivée sur le sol français.   Pour cause, des traces de vomi autour du lavabo.  Les passagers ont été passés au peigne fin, interrogés et, pour certains, palpés.

Le ministère guinéen de la Santé chiffre la mobilisation autour de cette maladie à 4,5 millions de dollars.  Un chiffre qui ne prend pas en compte bien des facteurs.   Faut-il le dire, la mobilisation internationale n’est pas à la hauteur de la psychose.  Si l’Union Européenne a apporté 500 000 euros, la CEDEAO en a été quitte pour 250 000 alors que les riverains du fleuve Mano (Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire)  ont mobilisé 80 millions de Francs guinéens.

 

 

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