Vladmir poutineSi l’image des chars russes en mouvement vers la  Crimée a fait le tour du monde, celle de la Banque russe tentant de défendre le « Rouble »est invisible  dans les médias. Pourtant,   le nerf de la guerre est à rechercher dans les cercles financiers et bancaires. Focus. 

Lundi 3 mars. Alors que la Russie montrait ses muscles aux occidentaux, le rouble,  qui a déjà perdu 10% par rapport au dollars (il en faut désormais 37 pour 1 dollar et 50 pour 1 euros )  depuis le début de l’année,  dont 3% en l’espace de trois jours, entre  vendredi et lundi,  menaçait de s’effondrer. Déjà fragilisé depuis l’annonce de la FED de mettre fin à sa politique de quantitative easy  (Q.E), la monnaie  des tsars  était confrontée à de véritables attaques depuis que le Parlement a donné son feu vert à Vladmir Poutine pour intervenir en Crimée.   

Le mouvement massif de retrait des investisseurs internationaux sur cette monnaie (amplifiée sans doute par  l’élite du pays, les honnêtes travailleurs et les bons pères de famille,  tentée de manière instinctive de placer  leur épargne dans des  devises sûres) a accéléré la chute.  La banque Russe vendra au cours de la journée quelque 11,3 milliards de dollars  (un record absolu) pour contre-balancer le mouvement de panique des investisseurs.  Malgré des réserves de change estimées à 490 milliards de dollars, la Russie  a vite fait marche arrière devant la cherté de la méthode. 

L’institution centrale a par la suite procédé à la  relève  son taux directeur de 5,5  à 7%, sans doute pour contenir l’inflation et compenser l’inquiétude des investisseurs par de meilleures promesses de gains sur le risque russe. Mais rien n’y  fait.  « Cette hausse des taux est presque un signe de faiblesse », claironnent les analystes occidentaux qui restent « baissiers » sur le rouble.  D’aucuns craignent que le renchérissement des crédits n’enclenchent le cercle vicieux de répercussions sur les ménages et les entreprises.

Le cas de de 2008 où la banque russe avait mobilisé 20 milliards de dollars en plusieurs opérations  pour soutenir le rouble en pleine guerre contre la Géorgie risque d’être dépassé.  En tout cas,  le plongeon de 10% de la Bourse de Moscou dans la même journée du 3 mars montre que la foule des intervenants, précédé par les institutionnels, a intégré la gravité de la donne.  Car, alors que les bruits de botte se précisent,  la Russie doit faire face aux sanctions économiques brandies par les Occidentaux.  

Un argument de taille cependant en faveur de l’économie de l’ex noyau central de l’URSS, les oracles des temps modernes comme Merril Lynch ne croient pas à la guerre.  Bien au contraire, vu par certains économistes américains, la chute du rouble est considérée comme une opportunité de booster les exportations russses, notamment les ventes de gaz et de pétrole facturées en dollars.  L’or noir n’a pas attendu le feu vert du Parlement russe pour bondir à 111,8 dollars lundi. Le FMI table sur une croissance de 2% du PIB russe en 2014 contre 3% dans ses prévisions datant d’octobre 2013. 

 

 

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