Faut-il repenser le système de financement du secteur privé africain ?

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MagayeGaye Magaye fait partie de ceux  qui militent pour le renouveau du secteur de la finance africaine. Ses domaines de compétence sont la finance, la gestion et le management.  Après une carrière internationale bien remplie à travers différentes fonctions, dont celles d’analyste financier à la BOAD, de  conseiller du fonds Fagace, de partenaire de grands fonds d’investissements,  Gaye Magaye,  titulaire d’un DESS spécialisé à l’Université de Rennes 1 sur la gestion des projets,  rejoint le cabinet GMC Conseils (www.gmcconseils.com) où évoluent des  cadres issus de la BOAD.   Le site du cabinet éclaire régulièrement les internautes sur les enjeux de la finance africaine.  Sa dernière contribution publiée en juin et intitulée «FAUT-IL REPENSER LE SYSTEME DE FINANCEMENT DU SECTEUR PRIVE AFRICAIN ? ALLER VERS DES SOLUTIONS DE RUPTURE ? UN FINANCEMENT AFRICAIN AUX PROJETS AFRICAINS », suscite en ce moment un débat riche et fécond entre les professionnels.  Nous la publions ici comme pièce majeure constitutive du débat sur l’avenir de la Finance en Afrique.

 

 

Dans notre publication du mois de Mai intitulé « Faut-il repenser la notion de développement économique et social : le nouveau concept de développement recentré sur l’Humain (DRH) »,nous avons résumé le développement comme la satisfaction des 7 besoins fondamentaux de l’Homme, assortie d’un changement de mentalité réel.

Dans le présent numéro, dont la publication intervient à un moment où notre site internet s’apprête à atteindre ses 5 000 visiteurs, nous abordons une question importante dans l’appréciation des problématiques de développement à savoir la qualité du système de financement de nos entreprises privées. Le diagnostic et les principales recommandations auront naturellement comme zone de référence, l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) que nous connaissons le mieux. Il reste entendu que tenant compte de la similitude des problèmes rencontrés sur notre continent, toutes choses étant égales par ailleurs, les causes  décelées et les propositions de remèdes pourraient être identiques.

Le système de financement de nos entreprises est il viable ? Garantit-il une progression  satisfaisante dans l’atteinte des objectifs de développement ? Dans un contexte de raréfaction des  ressources de l’aide publique au développement consécutive entre autres à l’entrée en récession de certains pays du nord et à la persistance de la crise de la dette dans la zone euro, ne devrait on pas dans le cadre d’une démarche stratégique, chercher d’abord à compter sur nos propres  forces ?

Avant d’aborder la question proprement dite, nous voudrions d’emblée rappeler deux certitudes largement partagées dans les cercles économiques : la première est que le financement est une  donnée sine qua non dans l’équation du développement; comparable au sang dans l’organisme
biologique. Sans financement, il est difficile de réaliser les progrès sociaux escomptés. L’Occident  a eu le mérite de s’en rendre compte très tôt avec son plan Marshall dont les 13 milliards de  dollars d’assistance économique et technique injectés (l’équivalent de 100 milliards de dollars de  2006, en tenant compte de l’inflation) ont beaucoup contribué à la reconstruction des pays européens regroupés au sein de l’Organization for European Economic Cooperation (aujourd’hui OCDE). Le deuxième constat qui devient de plus en plus ancré dans notre logique d’appréciation  des problèmes économiques contemporains est que le secteur privé, en ce sens qu’il constitue un creuset reconnu d’épanouissement des compétences, de créativité et d’innovation est devenu
aujourd’hui une source potentielle de création de richesse pour les économies du monde entier.
Quelles que soient les appartenances idéologiques, ce constat s’avère de nos jours une réalité  palpable. L’Etat ne peut et n’a pas vocation à tout faire. Un secteur privé dynamique, conscient  de ses responsabilités est une condition essentielle du développement économique et social.
Ces constats posés, nous voudrions à l’entame avertir le lecteur que ce numéro ne traite pas du  financement des couches les plus défavorisées. Les problématiques de la micro finance et du  secteur informel, pouvant constituer à elles seules tout un programme de réflexion feront l’objet
d’un numéro ultérieur.
Il ne serait pas non plus moins intéressant de préciser que notre présent article n’a pas pour  objectif principal de discuter en profondeur des difficultés et contraintes du financement du  secteur privé, lesquelles, à coups de séminaires répétitifs et d’articles de journaux pertinents
publiés, ont déjà fait l’objet d’une littérature très nourrie. Tout au plus, allons-nous rappeler les contraintes saillantes avant de passer à la phase proprement dite de propositions alternatives, à la lumière de la somme d’expérience modeste de près d’un demi siècle que les compétences de
notre Cabinet ont accumulée particulièrement dans la zone de l’UEMOA.
De façon générale, toute économie moderne requiert, dans son fonctionnement, des capitaux  souvent importants qui doivent être mobilisés. D’une part, des agents économiques tels que les
banques et les institutions financières, appelés Agents à Capacité de Financement (ACF) disposent d’excédents de liquidités induits par leur activité économique.

D’autre part, d’autres agents économiques notamment les ménages, les entreprises et les administrations publiques ont  des besoins liés à leur activité économique qui nécessitent un financement. Ces derniers acteurs
économiques sont appelés des Agents à Besoin de Financement (ABF). Le problème est de savoir  comment mettre en relation ces deux catégories d’agents de manière efficiente. Le système de  financement répond à cette question.
Un système financier est efficace s’il assure une bonne répartition des fonds (problème de l’allocation des capitaux) au moindre coût, ce qui sous entend une gestion fluide et sûre des  risques associés. Il faut que les fonds arrivent là où ils sont nécessaires au bien-être social, que le  coût du capital ne freine pas l’investissement. Il faut aussi que le risque soit correctement cerné et  que son coût dans le fonctionnement global du système soit réduit au maximum.
Les entreprises du secteur privé, objet de notre thème d’aujourd’hui, font face à des besoins de  financement de leurs investissements, des achats de matières premières ainsi que de leurs  dépenses d’exploitation. Pour satisfaire ces besoins, elles ont recours à leur propres épargnes
(autofinancement) et dans une large mesure aux Institutions financières et à la Bourse pour  certaines.
Les besoins de financement du Continent africain sont immenses. Pour le seul secteur des  infrastructures, la Banque Africaine de Développement les estime à 390 milliards de dollars.  Compte tenu des nombreuses réalisations à opérer sur le continent, dans quasiment tous les  secteurs économiques (agriculture, élevage, pêche, industrie, télécommunications, énergie,
transport, éducation et formation, etc….), on peut sans risque de se tromper affirmer, en  l’absence de statistiques fiables agrégeant l’ensemble des besoins du Continent, que la demande  de financement est très forte.
La contrainte de financement est de plus en plus perçue dans toutes les régions d’Afrique, particulièrement, dans la zone UEMOA que nous connaissons le mieux, comme un des  obstacles majeurs au développement. Le taux de financement de l’économie dans cette zone  demeure relativement faible comparé à la moyenne de l’Afrique subsaharienne ; les crédits à long
et moyen et long terme destinés au financement de l’investissement représentent environ 3,5%  des crédits totaux, ce qui reste encore faible.
Pourquoi cette faible contribution du système financier à la bonne marche de l’économie ?

Les  contraintes sont nombreuses. Parmi celles-ci, on peut citer :
1- Une structuration inadaptée de l’offre de financement
En effet, en dépit d’une forte tendance à l’implantation de banques, notée depuis quelques temps  sur l’échiquier économique notamment des pays de l’UEMOA, force est de noter que la plupart des institutions financières sont sous le contrôle de groupes étrangers dont les ambitions et objectifs ne cadrent pas souvent avec les impératifs de développement. Les aspects de rentabilité  et de maîtrise des risques sont prépondérants dans l’appréciation des requêtes de financement des projets, ce qui amène ces bailleurs de fonds à souvent privilégier des financements à court terme au détriment des ceux à moyen et long terme. Nous verrons plus loin, dans l’analyse du  problème, du côté des promoteurs de projets, que ces logiques de financement, basées sur le  court terme, quoique non conformes à une vision à long terme du développement, s’avèrent des  fois justifiées. En outre, certaines filiales de banques étrangères s’occupent principalement du  financement des multinationales et des PME du pays d’origine, excluant ipso facto des champs de financement des entreprises à actionnariat local.
Au niveau sous régional et continental, le dispositif d’implantation existant n’est pas non plus  reluisant. Les banques de développement en service se comptent du bout des doigts. La Banque  Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour la zone de l’Union Economique et Monétaire  Ouest Africaine, la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) pour la
zone de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEMAC), la Banque d’Investissement de la CEDEAO (BIDC) pour la Communauté Economique des Etats de  l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la BAD au niveau Continental.

Sans oublier quelques institutions spécialisées comme SHELTER Afrique pour l’Habitat. Ces banques, insuffisantes en nombre, au regard des nombreux besoins d’investissement exprimés, octroient parfois des lignes
de crédit à moyen terme aux institutions financières locales existantes pour refinancer les entreprises locales. Ces lignes font l’objet de tirages faibles ou sont parfois annulées.
Au niveau des Fonds de garanties, le même constat s’impose. Les 4 institutions de garanties existantes FSA, FAGACE, Fonds Gari et le FEGECE, globalement mal pourvues en ressources  financières, n’arrivent pas à exercer convenablement leurs missions.
Quant à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières de l’UEMOA (BVRM), le nombre  d’entreprises cotées demeure encore faible, avec une prépondérance des entreprises ivoiriennes.
En conséquence, la profondeur du marché est faible. En dépit des progrès enregistrés ces  dernières années, la capitalisation boursière reste encore moins élevée.
A cela s’ajoute que son offre n’est pas adaptée aux PME. Le Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers (CREMPF) demande en effet, à toute société qui veut accéder au marché financier régional, d’avoir un niveau de capitalisation de 200 à 500 millions de  francs Cfa au moins, de présenter une marge nette sur chiffre d’affaires d’au moins 3% par an,
pendant un minimum de 3 ans, de présenter des comptes certifiés de 5 ans. Sans oublier l’obligation faite aux propriétaires d’accepter de libérer au moins 20% du capital de l’entreprise.
On peut alors comprendre pourquoi nombre de nos PME ne considèrent pas la bourse comme une alternative crédible. Peut être qu’à la lumière des changements annoncés par la BRVM, la situation va évoluer.
Au regard de la qualité des projets présentés, jugée globalement insuffisante et risquée, les institutions financières, exigent des niveaux de garantie et de fonds propres souvent très élevés  que les promoteurs de projets n’arrivent pas à satisfaire.
Il y’ a lieu aussi de s’interroger sur l’impact du dispositif prudentiel actuel de contrôle des banques et établissements financiers dans le financement adéquat de l’économie. L’économiste Plihon faisait remarquer en 2006 que la plupart des travaux empiriques montraient que les  exigences accrues en matière de fonds propres peuvent avoir un impact macroéconomique
déstabilisant en renforçant les cycles économiques. Si les crédits bancaires et les autres modes de  financement ne sont pas parfaitement substituables, la discipline exercée par les ratios de capital  peut pénaliser l’activité d’investissement des entreprises notamment les Petites et moyennes
Entreprises (PME) dans les pays en développement.
A cet égard, je me rappelle avoir participé à un séminaire organisé par la Banque Centrale des  Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à Ouagadougou sur le ratio de structure d’un portefeuille de crédit d’un établissement bancaire.

Au cours de celui-ci, les Responsables de banques avaient quasiment à l’unanimité interpellé le Gouverneur d’alors sur la nécessité d’adapter
ce ratio au contexte des économies africaines. Pour rappel, ce ratio mis en place en 1991, permet d’observer la qualité d’un portefeuille de crédits d’un établissement bancaire. Le ratio qui doit être au moins égal à 60% se calcule en divisant les crédits ayant obtenu un accord de classement par le total des crédits alloués. Une dégradation de ce ratio peut aider les autorités bancaires à détecter l’émergence de crises financières et bancaires. A ce jour rares sont les institutions financières à le respecter.
S’agissant de l’offre de financement provenant des banques multilatérales de développement, elle présente, malgré la bonne volonté souvent affichée, des insuffisances marquées. En effet ces institutions, désireuses de se rapprocher de plus en plus des standards internationaux, ont  souvent des critères d’évaluation de projets trop rigoureux pour la plupart des petites et
moyennes entreprises. Du fait que ces dernières n’arrivent pas à respecter dans bien des cas  cesdits critères, il s’en suit un taux de rejet de demandes de financement particulièrement élevé consécutif à cette forte procédure de sélection.
Concernant les entreprises qui arrivent à bénéficier de prêts, ou précisément qui ont l’occasion de signer le contrat de prêt, il arrive dans certains cas que le concours soit annulé du fait que les  conditions préalables à l’entrée en vigueur, ou celles relatives au premier décaissement ne soient pas respectées. Il est intéressant de noter qu’une étude menée par une des banques de développement a révélé que les concours accordés mettaient en moyenne 18 mois avant d’enregistrer le premier décaissement ! Les taux moyens de décaissement avoisinent en général les  60%.
Lorsqu’on ajoute à ces différentes difficultés le constat amer que la plupart des banques de développement ne financent que rarement les « green fieds » c’est-à-dire les projets en création, parce qu’elles les jugent trop risquées, on mesure l’ampleur du décalage entre l’offre de financement et les besoins exprimés par les entreprises.
L’autre constat non moins défavorable est que certaines banques à vocation continentale, longtemps présentes sur le créneau des prêts à l’Etat et aux entreprises publiques n’arrivent pas  encore à asseoir une véritable stratégie de promotion du secteur privé. En attestent des  procédures lourdes et des réflexes bureaucratiques dans l’appréciation des projets.
Les développements qui précèdent montrent que l’offre de financement présente n’est ni quantitativement suffisante ni qualitativement adaptée à relever les défis du développement.
Cette situation est exacerbée par la quasi absence de banques de développement nationales à travers lesquelles, les Etats auraient pu piloter leurs propres stratégies de financement des  investissements durables.
 Une qualité de projets globalement insuffisante et risquée
Notre modeste expérience dans les institutions multilatérales de

financement du développement  nous a permis de constater à quel point il est difficile aux banques de soutenir l’entreprise africaine dans le contexte actuel. Ainsi, bien des promoteurs n’arrivent pas à mobiliser les fonds propres nécessaires à la bonne marche du projet. Certains, malheureusement, n’ont pas une bonne culture de remboursement des concours financés. A ces deux facteurs s’ajoutent des insuffisances, comme le manque de vision stratégique, des problèmes d’organisation, des compétences insuffisantes, des systèmes de contrôle souvent défaillants ou absents.

Un environnement des affaires peu propice
Celui-ci se résume en quelques points dont principalement la difficulté au plan juridique et judiciaire pour les banques de procéder de manière satisfaisante à la réalisation des garanties  prises en couverture des prêts, des difficultés sectorielles exacerbées par un contexte économique  mondial défavorable, des coûts de facteurs parfois peu compétitifs, sans compter un faible dispositif de promotion des investissements.

S’agissant en particulier du premier point, je me souviens qu’une opération de réalisation de garantie d’un prêt démarré depuis le début des années
90 dans une Institution de développement était toujours pendante plus de vingt ans après son démarrage.
Comme on le constate dans les développements ci-dessus, les pays de l’Union économique et Monétaire Ouest Africaine rencontrent d’énormes difficultés dans le financement de leurs entreprises. Au moment où les grandes entreprises et les multinationales bénéficient de financements adaptés et que nos très petits projets voient une grande chaîne de solidarité
internationales s’organiser autour d’eux, à travers les Institutions de Micro-finance, force est de constater que la PME reste le parent pauvre du système de financement.

Or, compte tenu de leurs impacts potentiels réels sur le chômage des jeunes et de leur propension à nous valoir de grandes satisfactions si elles sont bien encadrées, ce type d’entreprises devrait bénéficier d’un système de financement adéquat.

Le diagnostic des difficultés, sur lequel beaucoup de penseurs ont déjà écrit, révèle une chaîne de  responsabilité impliquant les institutions financières, les pouvoirs publics et les bénéficiaires potentiels de concours.
Des solutions de rupture s’imposent au regard du fait que la coopération sous régionale, régionale  voire internationale en matière de financement n’a pas donné les résultats escomptés. Le taux de  financement de nos entreprises demeure faible et de nombreux défis restent à relever.

Forts de  ce constat, nous proposons ce qui suit :
1- Changer de vision en matière de financement. 

’Afrique est un Continent riche en ressources de toutes sortes. Nous proposons une nouvelle vision articulée autour du thème « un financement africain aux projets africains ». Il s’agit,  au travers d’un tel slogan de fédérer les énergies autour d’une vision partagée consistant à  compter d’abord sur nos propres ressources pour mieux commander nos leviers de développement. C’est possible grâce à peu de volonté politique.
2- Créer au niveau de chaque Etat des Instruments financiers de Développement
Par instruments financiers de développement, nous entendons une banque de développement,  un Fonds de garantie et un Fonds de prise de participation à l’échelle nationale. En particulier, les  Fonds de garantie sont aujourd’hui reconnus au niveau mondial comme de puissants catalyseurs
d’investissement si l’on considère qu’à l’état actuel de la réglementation, ils peuvent démultiplier  les financements à hauteur de 12,5 fois le montant de la garantie accordée !!!

Ces trois leviers qui  sont complémentaires s’avèrent indispensables dans un bon dispositif de promotion des Petites et Moyennes Entreprises. Pour qu’elles soient viables, ces institutions doivent être bien gérées et
correctement alimentées en ressources d’où les 2 nouvelles mesures qui suivent :
3- Instaurer un mécanisme pérenne d’abondement des instruments financiers de  Développement.
S’agissant des mécanismes existants comme la BOAD, qui ont fait leurs preuves dans des  contextes économiques pas très souvent favorables, il y’ a lieu de s’interroger si des mécanismes  d’abondement comme l’utilisation partielle de certains fonds structurels ne pourraient pas être
explorées. Il s’agit des ressources comme celles du Fonds d’Aide à l’Intégration Régionale (FAIR)  de l’UEMOA ou une partie des réserves de la BCEAO.

En ce qui concerne les Fonds de garantie, une réflexion devrait être engagée rapidement sur des pistes de renforcement de leurs fonds  propres avec toutefois à la clé la mise en place de mécanismes permettant de renforcer leur gouvernance.
Concernant les instruments à créer dans les Etats, une réelle volonté politique devrait amener les décideurs, à envisager un mécanisme courageux d’abonnement indexé directement sur des  ressources budgétaires significatives ou à travers des mécanismes de prélèvement fiscaux comme par exemple une taxe sur le tabac ou les activités touristiques, une taxe appliquée sur le chiffre d’affaires des sociétés de télécommunication et des loteries nationales ou encore un prélèvement
direct sur les droits de douanes de produits stratégiques dont on veut décourager les importations.
4- Instaurer un pacte de succès entre les Instruments financiers existants et à créer
La création au niveau national des Instruments Financiers deDéveloppement doit s’accompagner de la mise en place de pactes de succès entre lesdites institutions et les banques de développement existants au plan sous régional et continental. Il conviendra de tout faire pour éviter les travers du passé constatés dans la gestion des banques de développement nationales
dont quasiment toutes ont été liquidées. Un système de bonne gouvernance pourrait consister, dans le cadre d’un pacte de succès, à coopter des banques comme la BOAD et la BAD comme actionnaires détenant la minorité de blocage et à trouver des partenaires techniques solides dans des pays comme la Tunisie ou le Maroc qui ont déjà fait leurs preuves dans la gestion de ce typed’institutions.
5- Renforcer les dispositifs de conseils en faveur des Promoteurs de projets
A vrai dire, on peut tout reprocher aux institutions financières sauf, qu’elles savent aller là où leurs intérêts se trouvent. La forte surliquidité du système bancaire aurait pu à notre avis amener les bailleurs de fonds à financer les projets si ces derniers étaient bien ficelés et sécurisants sur le moyen terme. Or tel n’a pas souvent été le cas. Des promoteurs qui refusent de rembourser à ceux qui organisent leur insolvabilité existent toute une panoplie de raisons qui découragent le financement de l’investissement. A notre avis, le vrai problème du financement se trouve là.
La capacité des africains à formuler des projets viables et un changement de mentalité radical de la part des promoteurs de projets de notre continent constituent des éléments dynamiseurs de l’investissement en Afrique. Une nouvelle race d’entrepreneurs responsables doit être promue par
le système éducatif.
Cela étant, nous demeurons persuadés que l’ère des rejets systématiques de projets en création « green fields » doit désormais être révolue au niveau du système financier. Toute idée de projet doit sans préjugé être analysée, à la lumière de sa possible contribution au développement économique et social. Combien de projets innovants de ce type ont été rejetés parce que
l’expertise capable de manager le projet, le niveau des fonds propres ou les garanties ont été jugés insuffisants par les bailleurs de fonds ? Que de gâchis !!
L’idée selon laquelle la banque ne doit pas « s’immiscer dans la façon de monter le projet par le Promoteur » doit aussi être combattue. A l’heure où nous devons relever de grands défis économiques, un pacte de confiance et de solidarité devrait de plus en plus être instauré entre les Promoteurs de projets et les banques. Il faudra imaginer des « espaces de gestion » autres que les seules occasions données par les missions de supervision et de suivi qui ne font que constater « les dégâts» souvent irréparables. Pourquoi ne pas imaginer aussi des Centres de gestion agréés, nouvelle formule, dûment assermentés qui seraient des instruments permanents d’appui à la
gestion du projet financé.
6- Organiser des tontines destinées aux PME
Celles-ci qui pourraient être instaurées au niveau des entreprises du même secteur ou entre celles de secteurs différents, devraient permettre d’éviter les taux d’intérêts jugés prohibitifs et les différentes contraintes rencontrées en matière de garantie et de mobilisation de fonds propres notamment. Notre Cabinet qui vient de déposer un brevet d’invention sur un Concept de tontine est entrain de tester un dispositif y afférant.
7- Créer une Banque sous régionale destinée à l’Agriculture
Le financement du secteur agricole Africain pose problème actuellement. Rares sont les banques qui osent aujourd’hui s’aventurer dans ce secteur considéré comme très risqué compte tenu des nombreux aléas notamment climatiques qui le caractérisent.
Or, il est de nos jours largement admis que le développement passe par la sécurité alimentaire. Les défis relatifs à une bonne maîtrise de l’eau, à la conservation par les africains de leur patrimoine foncier, à la professionnalisation des masses agricoles, à la modernisation des
pratiques culturales et à la transformation sur place de nos produits agricoles nous amènent aujourd’hui à recommander la création d’une telle institution.
8- Redynamiser le marché de titres de créances négociables (TCN)
Le marché des TCN créé par la BCEAO pour permettre aux Etats et aux entreprises financières et non financières de se financer devrait être dynamisé. Ce marché devrait permettre aux entreprises d’émettre des billets de trésorerie auprès du public afin de se financer. Depuis sa création, peu d’entreprises ont levé de fonds par ce canal. Ainsi, les entreprises devraient être sensibilisées davantage sur l’opportunité que leurs offres cet instrument financier. Seuls les Etats sont actifs sur ce marché, créant ainsi un effet d’éviction du secteur privé.
CABINET GMC
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1 COMMENTAIRE

  1. A mon avis, il n’existe pas de système de financement du secteur privé en africain.Il nous revient de le concevoir. A commencer par ce fameux secteur privé.

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