Le Franc CFA (XOF) et le développement du marché des capitaux de l’UEMOA (TCX)

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TCX qui intervient régulièrement sur la couverture des opérations de change de l’Afrique de l’Ouest, notamment la zone UEMOA, nous livre aussi le point de vue dépassionné sur le Franc CFA et l’avantage que procure sa stabilité par rapport à l’euro aux économies africaines. Focus.

« Le XOF et le développement du marché des capitaux dans l’UEMOA

En prélude de la conférence J-CAP « Investir pour la croissance » qui se tiendra les 10 et 11 février prochains à Abidjan, TCX partage ici l’expérience qu’elle a acquise au cours des dix dernières années en matière de soutien aux investissements étrangers dans l’UEMOA. Au cours de cette période, TCX a soutenu près de 250 investissements pour une valeur de 233,2 milliards XOF (355 millions d’euros). Sur ce montant, TCX a « vendu » 43 milliards XOF (65 millions d’euros) de risque de change à des investisseurs étrangers par le biais de couvertures et d’obligations en monnaie locale émises par ses actionnaires « AAA ».

Nous constatons que le fait d’avoir une monnaie commune, liée à l’euro, ainsi qu’une banque centrale commune, a apporté aux pays membres de
l’UEMOA d’importants avantages : stabilité, faible inflation et taux d’intérêt plus bas que ceux des autres régions.

Une monnaie commune ancrée à l’euro crée également d’importantes opportunités pour le commerce et les investissements étrangers. En comparaison avec d’autres zones monétaires, il semblerait que ces possibilités ne soient pas pleinement exploitées. Si l’on se concentre sur les investissements étrangers, on constate que les investisseurs internationaux s’intéressent principalement aux obligations en devises fortes et qu’ils accordent principalement des prêts en devises fortes, transférant ainsi le risque de change à l’entreprise bénéficiaire de l’investissement.

Les obligations d’État locales en XOF ont un rendement de 5 à 6 %, ce qui représente une prime par rapport à la courbe de l’euro, mais la part des investisseurs étrangers sur le marché local des titres à revenu fixe reste limitée. Nous suspectons que les investisseurs étrangers ont le sentiment que la différence entre les obligations en EUR et les obligations XOF ne les récompense pas suffisamment pour les coûts supplémentaires (taxes, écart entre l’offre et la demande) et les risques additionnels (convertibilité, depeg). Cela fait de l’ancrage du XOF une réalité politique autant qu’une incertitude économique.

Sur le marché offshore, il existe peu d’options pour la protection contre le risque de change, tant en termes de volume potentiel que de ténors. La couverture onshore est encore plus difficile, car la couverture du risque EUR/XOF exige que les institutions financières aient librement accès à des emprunts et des prêts en EUR pour compenser le risque de change à terme, ce qui n’est pas possible compte tenu des contrôles des capitaux en vigueur. Ces contrôles se traduisent par une pression à la baisse sur les prêts à l’étranger, car la demande est inhibée.

Pour ce qui est de TCX, nous conseillons aux investisseurs étrangers et aux emprunteurs locaux d’opérer dans la devise de la société bénéficiaire de l’investissement afin de réduire les décalages de taux de change, de créer un environnement financier plus stable et plus pérenne et de contribuer au développement du marché local des capitaux. En définitive, les emprunteurs devraient pouvoir se concentrer sur la croissance de leur entreprise, la création d’emplois et ne pas être distraits par le risque qu’ils courent de subir la volatilité des marchés internationaux des devises. Un risque qu’ils ne peuvent pas gérer mais qui peut les empêcher de dormir la nuit. »

A propos

TCX, un fonds qui propose des swaps de devises

TCX est un fond d’investissement globale d’aide au financement du développement qui propose des swaps de devises à long terme et des contrats à terme sur plus de 80 marchés financiers, où ces produits ne sont pas disponibles ou sont peu accessibles. Le Fonds a commencé ses opérations en 2007 et a depuis lors fourni des instruments de couverture pour un volume total de plus de 7 milliards d’USD, répartis sur plus de 3 000 transactions. Aujourd’hui, le fonds a une exposition totale de près de 4,5 milliards d’USD sur 55 devises de marché » Frontier ». En « vendant » cette exposition, il crée des marchés et donne à des pays  » Frontier » l’accès au marché international des capitaux. Le fonds

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