Le Mozambique chiffre à 1,6 milliard USD les besoins de reconstruction après les inondations qui ont durement frappé le pays. Au-delà de l’urgence humanitaire, la catastrophe met en lumière le coût croissant des chocs climatiques pour les économies africaines, la vulnérabilité des infrastructures et l’enjeu stratégique du financement de la résilience.
Le Mozambique évalue à 102,4 milliards de meticais, soit près de 1,6 milliard de dollars, les besoins financiers nécessaires à la reconstruction des infrastructures détruites par les récentes inondations. Cette estimation a été rendue publique le 24 mars 2026, à l’issue d’une session ordinaire du Conseil des ministres, alors que le pays fait face à l’un des épisodes climatiques les plus sévères de son histoire récente.
Selon le porte-parole du gouvernement, Salim Valá, cette nouvelle évaluation s’inscrit dans un contexte où la saison des pluies, entamée en octobre, doit se poursuivre jusqu’à la mi-avril. L’ampleur des dégâts, notamment sur les routes et les ponts, a considérablement alourdi le coût de la reconstruction, désormais estimé à plus du double des 644 millions de dollars annoncés lors de la première vague d’inondations en janvier.
Des infrastructures critiques au cœur des priorités
Les autorités indiquent que le plan de relance et de reconstruction est en phase finale d’élaboration. Il s’articule autour de plusieurs priorités : le sauvetage des vies humaines, l’assistance humanitaire et le rétablissement des axes de circulation, jugés essentiels pour reconnecter les zones sinistrées et faciliter l’acheminement de l’aide.
À ces mesures d’urgence s’ajoutent des actions de moyen et long terme, incluant la réhabilitation des infrastructures, la relance de l’activité économique et le renforcement des capacités nationales de prévention et de gestion des catastrophes naturelles. L’objectif affiché est de bâtir des infrastructures plus résilientes face à la multiplication des événements climatiques extrêmes.
Un choc climatique aux répercussions macroéconomiques
Dans ce contexte, le gouvernement souligne que les catastrophes naturelles — inondations, cyclones et sécheresses — représentent en moyenne près de 2 % du produit intérieur brut (PIB) du pays. Un poids économique significatif, qui fragilise les équilibres macroéconomiques, accentue la pression sur les finances publiques et renforce la vulnérabilité des populations.
Au-delà de l’urgence humanitaire, cette crise rappelle l’exposition persistante de plusieurs économies africaines aux chocs climatiques, avec des effets directs sur les infrastructures, la productivité, la mobilité des biens et des personnes, ainsi que sur la continuité des services sociaux de base.
Plus d’un million de personnes affectées
La situation humanitaire demeure préoccupante. D’après les données de l’Institut national de gestion et de réduction des risques de catastrophes (INGD), les inondations ont déjà fait 298 morts et affecté plus d’un million de personnes.
Le bilan matériel illustre également l’ampleur du choc : plus de 21 000 habitations ont été partiellement détruites, plus de 10 000 ont été totalement rasées, tandis que des centaines d’écoles, de centres de santé et de lieux de culte ont été endommagés.
Vers une reconstruction plus résiliente
Pour Maputo, l’enjeu dépasse désormais la seule réponse d’urgence. Il s’agit aussi de poser les bases d’une reconstruction capable de mieux résister aux aléas climatiques, dans un pays régulièrement exposé aux inondations, aux cyclones et aux sécheresses.
Dans un continent où le coût économique du changement climatique s’alourdit, le cas mozambicain remet au premier plan la question du financement de l’adaptation, de la résilience des infrastructures et de la capacité des États africains à absorber des chocs de plus en plus fréquents.

