La Banque centrale du Nigeria (CBN) a été désignée “Banque centrale de l’année” aux Central Banking Awards 2026, une reconnaissance qui intervient après un changement marqué par la conduite de la politique économique du pays.
Cette distinction fait suite à une série de réformes engagées depuis fin 2023 entreprit par le gouverneur de la Banque faitière, Olayemi Cardoso, notamment l’abandon de plusieurs interventions jugées non conventionnelles, optant pour un resserrement monétaire et une plus grande transparence dans la gestion du marché des changes.
Le Nigeria faisait face auparavant à une inflation élevée, à une pénurie de devises et à une forte distorsion du taux de change. La réforme du marché des changes, marquée par l’unification des différents segments et l’introduction d’un système plus orienté marché, a contribué à réduire l’écart entre taux officiel et parallèle à moins de 2 %, contre plus de 60 % auparavant.
Dans le même temps, la CBN a relevé son principal taux directeur à 27,5 % en 2024 pour contenir les pressions inflationnistes, avant de l’abaisser légèrement à 26,5 % début 2026. L’inflation, qui avait culminé à 34,8 % fin 2024 dans le sillage de la libéralisation des prix et de la suppression de certaines subventions, est retombée à 15,1 % en janvier 2026.
Les réserves de change ont également progressé, atteignant 46,7 milliards USD fin 2025, soutenues par un regain des entrées de capitaux et une amélioration de la liquidité en devises. Le Fonds monétaire international a noté une stabilisation du marché des changes et un renforcement de la confiance.
Parallèlement, la banque centrale a lancé une recapitalisation du secteur bancaire et renforcé la supervision en s’alignant sur les standards internationaux de Bâle III. Plus de 30 établissements ont levé de nouveaux fonds avant l’échéance fixée à 2026.
Sur le plan financier, le pays a retrouvé un accès plus favorable aux marchés internationaux, avec une émission d’euro-obligations de 2,35 milliards USD en 2025, largement souscrite. Les agences Fitch Ratings et Moody’s ont relevé la note souveraine, tandis que le Nigeria a été retiré de la liste grise du Groupe d’action financière.

