Le produit intérieur brut du Nigeria a progressé de 4,07 % en termes réels au quatrième trimestre 2025, en glissement annuel, selon les données communiquées le 27 février 2026 par le Bureau national des statistiques (NBS).
Cette croissance est portée par une dynamique tous azimuts dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des services. Elle est en accélération par rapport aux 3,98 % enregistrés au troisième trimestre et marque également une amélioration par rapport aux 3,76 % du même trimestre de l’année précédente.
Sur l’ensemble de l’année, les indicateurs sont également au vert : la croissance annuelle du PIB s’est établie à 3,87 % en 2025, contre 3,38 % en 2024, confirmant une tendance à l’accélération progressive entamée depuis le début de l’exercice.
Cette progression résulte d’une dynamique sectorielle particulièrement large. Le secteur agricole, premier employeur du pays, a enregistré une croissance de 4,00 % au quatrième trimestre, contre seulement 2,54 % à la même période en 2024, porté notamment par une bonne campagne de production vivrière. L’industrie a, quant à elle, progressé de 3,88 % (contre 2,49 % un an plus tôt), tirée par la fabrication de produits alimentaires, de boissons et de tabac.
C’est toutefois le secteur des services qui reste le pilier de l’économie nigériane, avec une croissance de 4,15 % et une part de 55,92 % du PIB réel. Les technologies de l’information et de la communication, les services financiers, l’immobilier et le commerce de détail ont tous contribué à soutenir l’expansion.
L’or noir en retrait, mais le hors-pétrole en force
La dépendance historique du Nigeria à son secteur pétrolier continue de s’éroder dans les chiffres du PIB. Le secteur non-pétrolier a représenté 97,13 % de l’activité économique totale au quatrième trimestre 2025, un record que la presse locale analyse comme un indice que « la transformation structurelle progressive du pays ». Le secteur non-pétrolier a progressé de 3,99 % sur un an, confirmant sa robustesse.
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Côté pétrole, la production journalière s’est établie à 1,58 million de barils par jour, en recul par rapport aux 1,64 million du troisième trimestre, mais en hausse sur un an par rapport aux 1,54 million de barils produits au quatrième trimestre 2024. La croissance annuelle du secteur pétrolier en valeur réelle a tout de même atteint 6,79 %, son meilleur résultat depuis plusieurs années, portant la progression annuelle de l’ensemble du secteur pétrolier à 8,50 % pour 2025.
Un géant africain en mutation
Première économie de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) devant la Côte d’Ivoire et le Ghana, le Nigeria se place au quatrième rang des économies africaines derrière l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Algérie, avec un PIB nominal d’environ 188 milliards de dollars, d’après les données 2025 du Fonds monétaire international (FMI). Mais l’institution projette déjà que le pays grimpera à la troisième place en 2026, devant l’Algérie.
Autrefois première économie d’Afrique (jusqu’en 2022), le Nigéria compte plus de 230 millions d’habitants, faisant de lui le pays plus peuplé du continent. C’est aussi le 6e au monde avec un taux démographique annuel de 2%, et les projections de l’ONU le positionnent au 3e rang d’ici 2050 après l’Inde et la Chine.
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