Les autorités togolaises ont répondu, ce vendredi 27 février face à la presse à Lomé, à l’annonce de la saisine du Tribunal international du droit de la mer par le Ghana dans le cadre du litige autour des frontières maritimes entre les deux pays voisins d’Afrique de l’ouest. « Cette procédure est réglementairement normale, et la partie togolaise entend y répondre avec tous les éléments dont nous disposons », a déclaré Dammipi Noupokou, le négociateur principal du Togo dans le dossiur.
En présence du ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awate, du président de la Commission nationale des frontières maritimes du Togo, l’ancien ministre des Mines et de l’Energie a rappelé les grandes étapes du dossier. Précisant que les deux parties, conscientes des risques d’escalade et attachées à privilégier un règlement pacifique du différend, avaient début des négociations bilatérales en juin 2018 « suite à une série d’incidents maritimes survenus entre novembre 2016 et mai 2018 dans l’espace maritime non encore délimité entre les deux Etats ».
« Ce processus est marqué par la tenue de 11 onze réunions officielles de travail et de négociations entre juin 2018 et décembre 2023. Organisées alternativement à Lomé et à Accra, ces rencontres ont permis aux deux parties de présenter et d’examiner leur prétention respective, d’aboutir à certains points d’accord d’ordre technique, notamment concernant le point de départ de la frontière maritime, la détermination de la ligne de base pertinente, et la carte maritime de référence, tout en mettant en évidence des points de désaccords persistants », a précisé le ministre.
Quid de la CEDEAO
Selon la partie togolaise, des divergences encore en discussion entre les deux Etats portent essentiellement sur « la prise en compte d’un certain nombre de faits et d’évènements pour permettre à la partie togolaise d’avoir entre autres l’accès équitable à la haute mer ». « Ces divergences étaient encore en discussions lorsque nous avons tous reçu l’information que la partie ghanéenne a préféré nous assigner en justice pour trancher définitivement cette question », a-t-il dit.
Interrogé sur le rôle de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans le règlement de ce litige, le négociateur principal du Togo informe qu’aucun processus n’a été engagé dans ce snes. « Nous attendons de voir si la CEDEAO prendra l’initiative de rentrer dans ce différend pour essayer d’avoir une certaine conciliation entre les 2 Etats », a -t-il, tout en précisant que la dernière réunion bilatérale s’est tenue en décembre 2023.
« Entre temps, il y a quelques changements au niveau de la commission ghanéenne des frontières. Nous attendions que les nouvelles autorités se mettent en place pour relancer les échanges, nous n’avons pas été avertis, lorsque nous avons appris que la partie ghanéenne a préféré aller au tribunal », a-t-il regretté.
« Des liens historiques »
« Le Togo entretient avec le Ghana des liens historiques, humains et économiques étroits et privilégiées, qu’il entend préserver et renforcer. Notre ambition commune doit demeurer celle d’un espace ouest-africain stable, solidaire et résolument tourné vers le développement partagé dans l’intérêt supérieur des peuples de la sous-région », a dit le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awate.
Cette affaire ravive, dans l’opinion, les souvenirs d’une partie du territoire togolais intégré au Ghana connue sous le nom de Togo britannique après la première guerre mondiale. Ce territoire avait été rattaché au pays voisin par un référendum en 1956, avant l’indépendance même du Ghana en 1957.

