Par Cedric Achille MBENG MEZUI, Économiste et spécialiste des systèmes financiers
Messages clés :
- Le dividende démographique est un moteur pour la mobilisation de l’épargne ;
- La modernisation de la gestion des pensions contribue à la sophistication des marchés financiers locaux ;
- L’épargne des pensions contribuerait significativement au financement de l’économie réelle ;
Pour accélérer sa transformation structurelle, l’Afrique doit booster l’accroissement des flux d’investissements dans des domaines clés tels que l’éducation, l’énergie, les technologies, et les infrastructures de transport. Le déficit de financement y est colossal, la BAD1 l’estime à environ 402 milliards d’USD par an jusqu’en 2030, des statistiques qui donnent le vertige et exigent d’accroître la mobilisation des ressources intérieures ainsi que d’encourager les investissements privés. Faute de relever ce défi de manière satisfaisante, la renaissance économique prometteuse de l’Afrique pourrait être mise en danger.
A l’évidence, lorsqu’une économie se développe et adopte un système d’économie de marché, elle doit se doter de mécanismes efficaces d’allocation du capital. Ce processus est continu et doit s’adapter aux mutations politico-économiques comme observé dans quelques pays africains au cours des 30 dernières années.
L’essor des pays émergents montre que l’efficacité d’un système financier est le résultat des interactions entre un grand nombre d’intervenants, notamment les intermédiaires financiers, les conseillers financiers, l’Etat, la Banque centrale, les entreprises et les ménages. Les pays africains pourraient accroître leur gisement d’épargne en développant des mécanismes d’accumulation de celle-ci, en particulier la densification de la base des investisseurs institutionnels locaux et la modernisation des canaux de mobilisation de l’épargne, notamment via les marchés financiers.
Dans un tel contexte, il est indéniable que l’épargne des caisses de retraites devrait bénéficier davantage de la dynamique démographique en cours vu que les particuliers épargnent naturellement pour leurs vieux jours. Les organismes de gestion des retraites investissent cet argent pour le compte de leurs clients/affiliés. Pour rappel, le taux de dépendance démographique (jeune) est très élevé dans de nombreux pays africains. Cet indicateur permet de bien comprendre l’évolution de la structure démographique du continent. Cette situation impacte positivement les projections en matière d’investissements, de consommation des ménages, les dépenses de santé et les modes de vie.
En 2050, pour l’Afrique il y aura environ dix personnes dans la tranche d’âge de la population active pour une personne au-dessus de 65 ans. Ce qui donne un atout considérable au continent en termes de potentiel d’épargne et de force de travail. Il s’agit là d’une opportunité pour les institutions financières comme les banques, les fonds de pension et les compagnies d’assurance d’accumuler l’épargne domestique pendant plusieurs décennies sans avoir la pression des paiements et remboursements que l’on observe dans des économies industrialisées dont la population est vieillissante (Mbeng Mezui, 2017 ; 2024).
Cet article examine la dynamique de mobilisation de l’épargne par les caisses de retraites et de prévoyance sociale des pays de la CEMAC, l’UEMOA et la RDC. L’objectif est de montrer que la modernisation de ces organismes pourrait contribuer à dynamiser la collecte de l’épargne longue pour financer les économies, notamment à travers la sophistication des marchés financiers locaux.
L’état de l’épargne des pensions (retraites) en Afrique subsaharienne
Il faut noter que la protection sociale au niveau des pensions est particulièrement faible en Afrique subsaharienne en comparaison des autres régions du monde. Si on considère les données disponibles2, les États du continent ont la plus faible couverture d’accès à une pension dans le monde ; à savoir 8,5 % de couverture pour l’Afrique contre 32,5 % au niveau mondial selon les données de l’OCDE. Les pays d’Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest consacrent plus d’un quart de leur PIB à la protection sociale, tandis que les pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud n’y consacrent respectivement que 4 et 5,1 % (ILO, 2024)3. Ces statistiques présentent de fortes disparités en Afrique. Les pays d’Afrique Australe, de l’Est, le Ghana et le Nigeria dominent ce secteur. En revanche, les pays couverts par la CIPRES4, essentiellement les pays de la Zone Franc, la RDC et Madagascar présentent les plus faibles performances. Ainsi, la couverture en pension passe de près de 100 % dans quelques pays, essentiellement d’Afrique australe, comme les Seychelles, l’île Maurice, le Botswana, la Namibie, le Lesotho et l’Afrique du Sud ; à moins de 10 % dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, du Centre et d’autres régions. Environ dix pays ont un taux de couverture de plus de 50 % des personnes en âge de recevoir une pension. Certaines caisses de retraites sont même déficitaires tandis que d’autres ont un fonctionnement précaire, obligées d’emprunter pour servir les pensions. Ce qui est inacceptable au regard de la structure par âge des populations des pays africains. Et pourtant, c’est là une source de capitaux longs et stables que les États du continent devraient mobiliser activement pour financer et accélérer la transformation structurelle de leurs économies.
Ci-dessous, les données des actifs des fonds de pensions des pays d’Afrique subsaharienne ayant effectués des réformes significatives de leurs systèmes de retraites.
Tableau 1 : les données des principaux fonds de pensions d’Afrique subsaharienne
| Taille des actifs des fonds de pensions en milliards (2024) | ||||
| Pays | Monnaie locale | Dollar E.U | Actifs en 2020 (Dollar E.U) | % PIB (2020) |
| Botswana | P 151.6 | 9.61 | 9 | 65% |
| Ghana | GH¢ 84 | 6.97 | 5 | 8% |
| Kenya | KES 2,255.3 | 17.14 | 12.80 | 13% |
| Ile Maurice | MUR 204.97 | 7.00 | 3 | 29% |
| Namibie | N$ 119.6 | 10.00 | 12 | 116% |
| Nigeria | ₦ 23,260 | 14.50 | 32.30 | 7% |
| Afrique du Sud | R 5,800 | 313.20 | 227 | 68% |
| Tanzanie | TZS 17,220 | 6.37 | 3.70 | 6% |
| Total | 384.79 | 304.80 | ||
Source : Auteur à partir des données 2024 et 2025 de MCB et des sites des fonds de pensions
Il ressort du tableau 1 que le total des actifs de ces fonds de pensions dépasse 300 milliards d’USD. L’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, la Namibie et le Botswana représentent près de 90% de l’épargne des pensions en Afrique subsaharienne. Avec plus de 7 milliards d’USD d’actifs pour seulement 1,2 millions d’habitants, l’Île Maurice possède des actifs supérieurs à ceux des organismes de gestion des pensions les plus performants dans les pays de la zone, notamment la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Benin et le Burkina Faso. Pour l’Afrique du Sud et le Botswana, l’épargne des fonds de pension représente plus de 60% de leurs PIB respectifs, et pour la Namibie c’est plus de 100% de son PIB, ce qui représente une capacité de financement interne remarquable.
Néanmoins, au regard de la dépréciation des monnaies africaines ces dernières années, accentuée depuis les mesures annoncées par le Président Trump au premier trimestre 2025, la valorisation en dollar ne permet pas de capter l’accroissement de ces actifs. Si on considère les 23,26 trillons de nairas sous gestion au Nigeria, elles correspondent à 14,5 milliards d’USD en mai 2025 ; à 25 milliards d’USD au taux de change de décembre 2024 ; et à plus de 60 milliards d’USD au taux de change de juin 2020.
Quant au tableau 2 ci-dessous, il indique les données des actifs des caisses de retraites et prévoyance sociale des pays africains membres de la CIPRES. Si la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Benin, le Burkina Faso, le Togo, la RDC, le Niger et le Sénégal montrent des tendances encourageantes à la suite des réformes entamées au cours des 15 dernières années, leurs actifs restent modestes par rapport au potentiel mobilisable. Globalement, ces organismes présentent de faibles performances.
Tableau 2 : total des actifs des organismes de prévoyance sociale des pays de la CEMAC et de l’UEMOA
| Pays | Organismes | Total bilan en milliards de FCFA (2021) |
| BENIN | CNSS | 938 |
| BURKINA FASO | CARFO | 433 |
| CNSS | 777 | |
| CAMEROUN | CNPS | 923 |
| CENTRAFRIQUE | CNSS | 54 |
| CONGO | CNSS | Nd |
| CÔTE D’IVOIRE | IPS CNPS | 970 |
| IPS CGRAE | 406 | |
| GABON | CNSS | Nd |
| CNAMGS | 170 | |
| GUINEE BISSAU | INSS | Nd |
| GUINEE EQUATORIALE | INSESO | Nd |
| MALI | INPS | 0 |
| CANAM | 108 | |
| CMSS | 32 | |
| NIGER | CNSS | 308 |
| SENEGAL | CSS | Nd |
| IPRES | Nd | |
| TCHAD | CNPS | 200 |
| TOGO | CNSS | 588 |
| CRT | Nd | |
| INAM | Nd | |
| TOTAL | 5907 |
Sources : auteur à partir des données de la CIPRES et des Etats financiers des organismes
Les données les plus récentes remontent à fin 2021 au niveau de la CIPRES qui compte 25 Organismes de Prévoyance Sociale (OPS) répartis comme suit : Bénin (1), Burkina (2), Cameroun (1), Centrafrique (1), Comores (1), Congo (1), Côte d’Ivoire (2), Gabon (2), Guinée Bissau (1), Guinée Equatoriale (1), Madagascar (1), Mali (3), Niger (1), République Démocratique du Congo (1), Sénégal (2), Tchad (1) et Togo (3). Les données étaient disponibles uniquement pour 12 pays sur 17.
Pour les 17 pays de la CIPRES, la population active totale s’élève à 121 millions, soit un taux moyen d’activité5 de 38,6%. Quant au taux de couverture6, il est en moyenne de 8,07% pour 10 pays ayant produit les informations. En ce qui concerne l’effectif des bénéficiaires de pensions des Organismes de Prévoyance Sociale des Etats membres qui gèrent la branche des pensions et qui ont fourni les données statistiques, il s’agit de 520 544 en 2021 pour 14 organismes.
En termes de comparaison, à fin 2021, il ressort que le total des actifs des principales caisses de retraites des pays de la CEMAC et de l’UEMOA est d’environ 5 907 milliards de FCFA soit près de 10 milliards d’USD, proche de celui de la Namibie ou du Botswana. Ce qui indique le potentiel immense non mobilisé par ce canal. Ainsi, la conception et la mise en œuvre continue de programmes de modernisation des organismes de gestion des retraites, dans ces pays de la CIPRES, pourrait être un vivier de ressources stables pour ces économies.
Incidences de l’épargne des pensions sur les marchés financiers locaux
Les organismes de gestion des retraites préfèrent les placements stables et peu risqués afin de mieux protéger le capital des futurs pensionnés. En général, ils sont naturellement friands de titres de créance à long terme. Le point de départ naturel pour leurs placements est le marché des titres publics généralement moins risqués que tout autre actif de marché. Ensuite, ces organismes envisagent des placements dans d’autres types d’instruments financiers comme les obligations de société, les actions, les OPCVM et bien d’autres. Dans de nombreux marchés où le système financier se modernise, ils sont devenus les principaux soutiens des fonds de capital-investissement.
En outre, il apparaît que dans les pays ayant opérés des réformes en vue de moderniser le secteur des retraites, cette épargne joue un rôle majeur dans le développement des marchés financiers (obligataires et actions). Ce qui contribue à la densification de leurs bases d’investisseurs et à la performance de ces marchés.
Le tableau 3 ci-dessous indique les marchés obligataires les plus liquides et les maturités maximales des titres obligataires, ainsi que les notations financières des Etats à fin avril 2025 :
Tableau 3 : les caractéristiques des marchés obligataires les plus liquides du continent
| Pays | Notation financière | Maturité maximale des obligations émises (année) | Part des investisseurs étrangers |
| Afrique du sud | BB- | 28 | 25% |
| Maroc | BB+ | 30 | <10% |
| Egypte | B- | 11 | <10% |
| Kenya | B- | 22 | 12% |
| Nigeria | B- | 28 | 15% |
| Zambie | CCC+ | 15 | 25% |
| Mauritius | BBB- | 20 | 0% |
| Namibie | B+ | 25 | <5% |
| Botswana | BBB+ | 18 | <5% |
| Ghana | CCC+ | 14 | <5% |
Source : auteur à partir des données de Bloomberg et de MCB
A fin avril 2025, les marchés africains des titres publics, représentent environ 800 milliards d’USD7, pour les dix marchés les plus liquides représentés dans l’indice ABABI8: Afrique du Sud, Maroc, Egypte, Kenya, Nigeria, Zambie, Île Maurice, Namibie, Botswana et Ghana. Les bons du trésor représentent plus de la moitié de ce volume. Si on ajoute les volumes émis sur les autres marchés obligataires souverains9 dans l’ensemble du continent, moins liquides, la taille du marché obligataire africain a largement dépassé l’équivalent de 1000 milliards d’USD. C’est nettement supérieur au volume des eurobonds émis par les Etats et les entreprises africaines, dont le montant total fait environ 120 milliards d’USD.
Ce tableau 3 renseigne également sur la participation des investisseurs étrangers sur le compartiment obligataire public qui demeure limitée. Une situation qui confirme le rôle central de l’épargne domestique dans la mobilisation des capitaux par les acteurs africains.
Le tableau 4 ci-dessous met en évidence l’essor des marchés actions dans les pays ayant connu des réformes continues et d’envergure dans le secteur des retraites au cours des 30 dernières années.
Tableau 4 : Les marchés actions dans les pays ayant effectué des reformes des caisses de retraites (2024)
| Pays | Capitalisation du marché action (milliards d’USD) | Nombre de sociétés en bourse | Les actions les plus liquides |
| BRVM | 13 | 44 | Banques et Télécommunications |
| BVMAC10 | – | 6 | Agro-alimentaire et finance |
| Botswana | 3.8 | 30 | Finance |
| Egypte | 43.7 | 266 | Telecommunications, services financiers, immobilier |
| Ghana | 7.6 | 41 | Finance |
| Kenya | 5.3 | 70 | Télécommunications, banques |
| Île Maurice | 8.36 | 53 | Banques /Assurance & autres finance, hôtellerie |
| Maroc | 73.8 | 75 | Banques, télécommunications, immobilier |
| Namibie | 33.3 | 33 | Matériaux, finance et industrie |
| Nigeria | 40.9 | 147 | Banques |
| Afrique du Sud | 333.1 | 300 | Ressources, Finance, Technologies, Medias and Télécommunications |
| Tanzanie | 2.1 | 29 | Finances et Banques |
| Ouganda | 1.2 | 18 | Finances |
| Zambie | 2.9 | 22 | Transformation agricole et energie |
Source : Auteur à partir des données des bourses, Bloomberg et Standard Bank Research
Les fonds de pensions de la Namibie, du Botswana et de l’Afrique du Sud placent une part significative de leurs actifs dans le compartiment actions de leurs marchés financiers. Pour d’autres marchés comme le Nigeria, le Kenya, le Ghana, l’Ouganda et la Zambie, les marchés des titres publics sont privilégiés car offrant des rendements élevés et moins risqués.
Le marché financier de la BRVM, ainsi que le compartiment « titres publics par adjudication » géré par la Banque Centrale, bénéficient d’un pool d’investisseurs diversifiés, avec les banques commerciales qui jouent un rôle prépondérant. Dans la CEMAC comme dans l’UEMOA, l’exposition des banques commerciales aux titres publics est très élevée, avec un impact sur les ratios prudentiels de ces banques. C’est pourquoi il devient urgent de densifier l’épargne des autres investisseurs institutionnels, notamment les organismes de gestion des retraites qui n’ont pas les mêmes contraintes règlementaires que les banques dans l’acquisition de titres du marché financier.
En ce qui concerne l’Afrique de l’Est, les réformes des caisses de retraites ont favorisé une industrie de gestion d’actifs avec l’essor des gestionnaires de fonds privés et l’allongement des maturités des titres publics ainsi qu’une dynamique des marchés actions. Pour illustration, le marché kényan se caractérise par la diversité de fonds et de gestionnaires et par une concurrence saine. La digitalisation, notamment le téléphone et les plateformes numériques contribuent à mobiliser les épargnants. Les gestionnaires des pensions offrent une gamme des produits de placements assez diversifiée qui comprend : les dépôts à terme, les titres obligataires publics et privés, les actions cotées et non cotées, les fonds de garanties, les loyers et bien d’autres.
En Afrique de l’Ouest, le Nigeria et le Ghana sont les pionniers dans les réformes du secteur des retraites dont les acteurs jouent, comme investisseurs, un rôle central dans le développement de leurs marchés financiers respectifs. Ces fonds de retraites investissent dans les actions, les obligations souveraines et privées, le marché monétaire, l’immobilier et bien d’autres actifs.
L’Afrique australe, en particulier l’Afrique du Sud, la Namibie et le Botswana, les gestionnaires de fonds sont plus sophistiqués et animent leurs marchés actions et obligataires respectifs avec une allocation pour les marchés offshore. (Mbeng Mezui, 2017)
En ce qui concerne les organismes de gestion des pensions retraites des pays de la CEMAC, de l’UEMOA et de la RDC, l’analyse des Etats financiers fournis à la CIPRES montrent qu’au-delà des « produits techniques des retraites », les autres instruments de placement de l’épargne et revenus comprennent essentiellement les dépôts à terme et l’acquisition des titres publics d’une part, les loyers et les dividendes d’autre part.
Il est donc possible d’envisager une accumulation vertigineuse de cette épargne dans les pays de la CIPRES si des programmes de réformes sont mis en œuvre. Pour illustration, la CNPS en Côte d’Ivoire est passée, en total actifs sous gestion, de 27 milliards de FCFA en 2012 à 1200 milliards de FCFA à fin 2024 ; la preuve qu’un programme de réformes bien exécuté peut soutenir l’accumulation de l’épargne domestique dans les économies.
Recommandations et mesures de politique économique
Dans un monde vieillissant, la main-d’œuvre africaine, jeune et en croissance rapide, dépassera bientôt celle de la Chine ou de l’Inde. C’est un atout critique pour la transformation du continent. Il s’agit de près de 800 millions de personnes qui rejoindront la population active d’ici 2050. L’Afrique présente les opportunités à venir les plus intéressantes en termes de capacité de travail, de consommation, d’épargne et d’innovations. Il s’agit là d’un véritable bouleversement géopolitique.
Dans ce contexte, les pays de la CEMAC, de l’UEMOA et la RDC peuvent accroître significativement leurs réservoirs d’épargne privée, notamment les pensions, en opérant des réformes réalistes qui ont déjà données des résultats dans d’autres régions du continent. Passer de 10 milliards d’USD en 2021 à un minimum de 100 milliards d’USD à l’horizon 2035 est un objectif réaliste11.
Les 9 recommandations ci-dessous seraient nécessaires à la modernisation de ces organismes de gestion des retraites :
- Environnement juridique12 : (1) La mutation du statut juridique des organismes pour promouvoir une gestion privée ; (2) Limiter les interventions politiques en favorisant la désignation des administrateurs et du Directeur Général par les Conseils d’administration ; (3) renforcer le rôle de la CIPRES comme autorité de régulation indépendante pour les organismes de gestion des pensions retraite ;
- Encourager les politiques visant à formaliser le fonctionnement des économies et promouvoir les plateformes numériques pour absorber les professionnels (secteurs informel et formel) ;
- Rendre obligatoire les cotisations par une loi sur l’organisation et la gestion des retraites avec des seuils de contributions réalistes ;
- Apurer la dette des entreprises parapubliques et privées auprès des organismes de gestion des retraites ;
- Adopter des règles de gestion moderne dans les organismes, dotés de comités d’investissement, avec une production rigoureuse d’états financiers audités ;
- Promouvoir l’essor de gestionnaires de fonds professionnels et privés13, et favoriser les placements de l’épargne collectée dans les instruments du marché financier ;
- Intégrer une couverture assurance-vie obligatoire pour les travailleurs ;
- Créer où nécessaire des organismes autonomes en charge de la gestion des retraites des agents de l’Etat en lieu et place des Trésors nationaux ;
- Collecter un pourcentage (par exemple 1%) du chiffre d’affaires de toutes les entreprises exportatrices dans les industries extractives à reverser aux caisses de retraites et de prévoyance sociale.

