Le ministère des Finances du Ghana a procédé à la levée des restrictions sur l’émission de nouvelles obligations nationales. Cette décision, annoncé le 20 février 2026, met officiellement fin à un moratoire de trois ans instauré en 2023, au plus fort d’une crise de la dette sans précédent. Cette mesure prohibitive avait été initialement imposée pour geler toute nouvelle émission souveraine suite au défaut de paiement qui avait contraint le pays à lancer son Programme d’échange de la dette intérieure (DDEP), une restructuration devenue alors inévitable pour la survie financière du Royaume.
Le maintien de ce verrou de 2023 à 2026 s’inscrivait dans une stratégie de rigueur absolue visant à stabiliser le marché intérieur et à restaurer une crédibilité macroéconomique lourdement entachée. En suspendant ses activités sur le marché obligataire, le gouvernement cherchait avant tout à assainir ses bilans et à éviter une spirale d’endettement insoutenable. Ce retour aux émissions marque donc la clôture d’un cycle de convalescence financière et le début d’une phase de normalisation pour le Trésor ghanéen.
Selon les autorités financières, ce déblocage intervient dans un contexte économique nettement plus favorable, caractérisé par une inflation maîtrisée et une confiance renouvelée des investisseurs. La solidité de l’environnement macroéconomique actuel s’appuie sur une stratégie de gestion de la dette à moyen terme jugée « robuste » par le ministère, ainsi que sur la reconstitution d’importantes réserves de change. Ces indicateurs au vert permettent désormais au pays de solliciter à nouveau l’épargne locale et institutionnelle pour financer son développement.
Enfin, la crédibilité du gouvernement repose sur un bilan post-restructuration exemplaire : depuis 2025, Accra a honoré l’intégralité des paiements de coupons et des obligations liées aux titres restructurés. Cette discipline budgétaire rigoureuse a été le levier essentiel pour rétablir la confiance sur le marché national. En démontrant son engagement pour une gestion responsable de la dette, le Ghana espère attirer des capitaux à des taux compétitifs, signalant ainsi sa sortie définitive de la zone de turbulence financière.

