Le Département d’État des États-Unis a annoncé, ce mercredi 25 février, la signature d’un mémorandum d’entente bilatéral d’une durée de cinq ans avec le Burkina Faso, pour un montant global de 147 millions de dollars. Cet appui financier vise à soutenir les efforts du pays dans la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies infectieuses, tout en renforçant les capacités nationales de surveillance épidémiologique et de riposte face aux urgences sanitaires.
Selon le communiqué officiel, l’accord établit les bases d’une coopération renforcée destinée à améliorer la capacité du Burkina Faso à prévenir et contenir la propagation des maladies transmissibles.
Dans le cadre de ce partenariat, le Burkina Faso s’engage à accroître ses dépenses nationales de santé à hauteur de 107 millions de dollars, témoignant d’une volonté d’appropriation et de renforcement de son système sanitaire.
L’accord prévoit notamment l’allocation d’environ 12 millions de dollars à des initiatives de sécurité sanitaire mondiale. Ces fonds permettront de consolider les systèmes de santé communautaires, de moderniser et numériser les mécanismes de collecte et de transmission des données sanitaires, ainsi que de renforcer les capacités des laboratoires à détecter rapidement les agents pathogènes émergents.
Le protocole intègre également des programmes de longue date consacrés à la lutte contre le paludisme et à la santé maternelle et infantile, tout en mettant l’accent sur le soutien aux agents de santé communautaires de première ligne, considérés comme le socle d’un système de santé durable et piloté localement.
À l’issue de la période couverte par le mémorandum, les agents de santé et techniciens de laboratoire financés par les États-Unis seront intégrés dans la fonction publique sanitaire burkinabè. L’objectif affiché est la construction d’un système de santé national résilient, capable de protéger les populations burkinabè et américaine contre les menaces sanitaires transfrontalières.
Tous les pays sollicités n’ont pas adhéré au dispositif. Le Zimbabwe a officiellement décliné une offre de financement de 367 millions de dollars, invoquant des préoccupations liées à la souveraineté nationale et aux mécanismes de contrôle prévus dans l’accord. La Zambie a, pour sa part, exprimé des réserves sur certaines dispositions. La poursuite des discussions entre Washington et Lusaka dépendra d’éventuels ajustements des clauses contestées.
Une stratégie sanitaire globale
Ces accords s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de santé mondiale « America First ». À ce jour, les protocoles déjà signés représentent plus de 18,56 milliards de dollars de nouveaux financements dans le domaine de la santé, dont 11,33 milliards de dollars d’aide américaine et 7,23 milliards de dollars de co-investissements des pays partenaires.
Au 25 février, le Département d’État avait conclu 17 protocoles d’accord bilatéraux avec le Botswana, le Burkina Faso, le Burundi, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Eswatini, l’Éthiopie, le Kenya, le Lesotho, le Liberia, Madagascar, le Malawi, le Mozambique, le Nigeria, l’Ouganda, le Rwanda et la Sierra Leone.

