Face aux inondations qui ont frappé plusieurs provinces du nord et de l’ouest du Royaume depuis le 28 janvier, le gouvernement du Maroc a débloqué une enveloppe globale de 300 millions de dollars afin de soutenir les populations affectées et de restaurer les infrastructures essentielles.
Les provinces de Kénitra, Larache, Sidi Kacem et Sidi Slimane ont été particulièrement touchées après des pluies qualifiées d’« exceptionnelles », provoquant notamment le débordement du barrage d’Oued El Makhazine. Les dégâts humains et matériels ont conduit à l’évacuation de plus de 154 000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur.
Sous les hautes instructions du roi Mohammed VI, l’exécutif a décrété l’état de catastrophe et classé les communes les plus touchées en « zones sinistrées ». Le programme d’aide s’articule autour de plusieurs axes structurants : soutien au relogement, indemnisations pour pertes de revenus, reconstruction des habitations effondrées et réhabilitation des petits commerces. Un premier volet de 775 millions de dirhams est consacré à l’appui direct aux ménages.
À cela s’ajoutent 225 millions de dirhams pour les aides en nature et le renforcement des interventions d’urgence, ainsi que 300 millions de dirhams destinés aux agriculteurs et aux éleveurs, secteur clé dans les plaines du Gharb et du Loukkos. Enfin, près de 1,7 milliard de dirhams seront investis dans la remise à niveau des infrastructures routières, hydro-agricoles et des réseaux de base.
Au-delà de la réponse humanitaire, ce plan s’inscrit dans une logique macroéconomique de stabilisation. En sécurisant les chaînes logistiques agricoles et en restaurant les infrastructures critiques, Rabat cherche à limiter les impacts sur la production, l’emploi rural et l’équilibre budgétaire local. Pour les partenaires financiers et les investisseurs, la rapidité de mobilisation traduit une volonté de préserver la continuité économique et la confiance dans les fondamentaux du pays.
Dans un contexte de multiplication des événements climatiques extrêmes, cette intervention souligne l’importance d’intégrer la résilience climatique dans la planification budgétaire et l’investissement public. Le Maroc, déjà engagé dans des stratégies d’adaptation et de gestion hydrique, se positionne ainsi sur un double front : réponse immédiate aux crises et consolidation d’infrastructures plus robustes.
Pour les acteurs du développement et de la finance internationale, l’enjeu est désormais d’accompagner ces efforts par des instruments innovants — assurances climatiques, financements verts et partenariats public-privé — afin de transformer la reconstruction en opportunité de modernisation durable.

