Au Sénégal, la première Journée Nationale de la Diaspora (JND), tenue le 17 décembre 2025 au Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD), se veut une étape décisive dans la stratégie de transformation économique et sociale du pays. Le président Bassirou Diomaye Faye y a réaffirmé une vision ambitieuse : placer la diaspora au cœur du référentiel Sénégal 2050 et en faire un moteur de souveraineté économique, d’innovation et de modernisation de l’État.
« La diaspora n’est pas une simple source de transferts financiers ; elle est un levier stratégique de transformation économique et technologique », a déclaré le chef de l’État, saluant une communauté « talentueuse, créative et pleinement intégrée à la nation ». Il a rappelé que les expatriés constituent « une force vive, un pilier économique, culturel, scientifique et technique », affirmant la volonté de bâtir un partenariat durable, structuré et mutuellement bénéfique.

Au-delà des hommages, le président a annoncé plusieurs chantiers structurants : réforme de l’état civil et des services consulaires, modernisation des procédures de délivrance des documents administratifs, protection renforcée des citoyens à l’étranger, et surtout, mise en place de dispositifs financiers innovants pour l’accès au logement et l’investissement sécurisé. L’objectif : transformer les transferts de fonds en capital productif et en investissements structurants.
Dans cette dynamique, la Banque Nationale pour le Développement Économique (BNDE) s’est imposée comme un acteur central de cette première édition, à travers une exposition dédiée et la coanimation du panel inaugural sur les mécanismes d’accompagnement de la diaspora.
Pour Papa Samba Yacine Diop, Directeur de la Banque de détail et PME, cette journée a permis d’adresser un message clair : « Le développement d’un pays repose sur ses ressources, financières comme humaines. La diaspora représente les deux. Elle n’est pas toujours consciente de sa force : plus de 10 % du PIB national. »
Il a insisté sur la nécessité de réorienter les transferts vers l’investissement productif : « Nous voulons que l’épargne de la diaspora serve au financement des PME, moteur essentiel de notre économie. »
La BNDE, fidèle à sa mission de banque publique dédiée au développement, affirme vouloir renforcer la confiance, accompagner la structuration des projets et nouer des partenariats stratégiques, notamment avec les acteurs internationaux comme AFFI. « Nous aiderons la diaspora à structurer, financer et sécuriser ses projets. Notre ambition est qu’elle puisse investir, revenir, et contribuer pleinement à l’économie nationale. »
Articulée autour de composantes politique, économique, entrepreneuriale et culturelle, la Journée Nationale de la Diaspora a ainsi posé les fondations d’un nouveau cadre de coopération entre l’État, les institutions financières et les Sénégalais du monde.
Elle consacre une conviction désormais partagée : la diaspora n’est plus un acteur périphérique mais un pilier stratégique du Sénégal de 2050, au service de la souveraineté, de l’inclusion économique et de la compétitivité globale du pays.

