Le gouvernement du Zimbabwe a annoncé, par la voix de son ministre des Mines, Polite Kambamura, la suspension immédiate de toutes les exportations de minerais bruts et de concentrés de lithium. La décision rendue publique ce mercredi 25 février 2026 s’applique également aux cargaisons déjà en transit.
Cette mesure marque un tournant dans la politique minière du pays. Harare entend désormais accélérer la transformation locale du lithium, renforcer la valeur ajoutée domestique et limiter les pertes liées à l’exportation de matières premières non transformées.
Les autorités fiscales et de régulation, notamment la Zimbabwe Revenue Authority (ZIMRA) et la Minerals Marketing Corporation of Zimbabwe (MMCZ), ont reçu instruction d’appliquer strictement cette interdiction, sans exception. Seuls les détenteurs de titres miniers disposant d’unités d’enrichissement agréées seront autorisés à exporter des produits transformés. Les agents et intermédiaires sont, quant à eux, exclus du dispositif.
Pour le gouvernement, cette décision vise à consolider le contrôle national sur un minerai stratégique, essentiel aux technologies d’énergie propre et aux industries de défense. « Nous attendons la coopération de l’industrie minière dans l’intérêt national », a déclaré le ministre des Mines, soulignant que des consultations seront prochainement engagées afin de préciser les nouvelles exigences réglementaires et la feuille de route sectorielle.
Initialement, l’interdiction d’exporter les concentrés de lithium devait entrer en vigueur en janvier 2027. Cette échéance avait été fixée pour inciter les opérateurs à investir dans des capacités locales de traitement et de raffinage. L’anticipation de la mesure traduit la volonté des autorités d’accélérer la mutation industrielle du secteur.
Premier producteur africain de lithium, le Zimbabwe a exporté 1,128 million de tonnes de concentré de spodumène en 2025, soit une progression de 11 % par rapport à l’année précédente. Le pays ambitionne désormais de s’imposer comme un acteur de la chaîne de valeur des batteries électriques, en passant d’un modèle d’exportateur de minerai brut à celui de producteur de matériaux à plus forte valeur ajoutée.

