Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a décidé de reporter la proclamation de certaines dispositions de la loi sur l’Assurance maladie nationale (NHI), en raison des recours juridiques actuellement pendants devant la justice constitutionnelle. Dans un communiqué publié le 24 février 2026, la présidence indique que cette décision est intervenue à l’issue de consultations entre le chef de l’État et le ministre de la Santé, le Dr Aaron Motsoaledi. En cause : un litige portant sur le processus législatif ayant conduit à l’adoption du texte.
La proclamation des sections concernées est ainsi suspendue jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud rende ses décisions, attendues à l’issue des audiences prévues du 5 au 7 mai 2026.
Si la présidence assure que ce report n’affectera pas le calendrier global de déploiement de la réforme, certains observateurs estiment qu’il pourrait accentuer les tensions entre les systèmes de santé public et privé, dans un pays où les inégalités d’accès aux soins restent marquées.
Le ministère de la Santé précise toutefois que les travaux préparatoires se poursuivent. Ceux-ci incluent notamment le renforcement des infrastructures sanitaires et l’amélioration de la qualité des services, en vue de la mise en œuvre progressive du dispositif.
Une réforme structurante pour la couverture santé universelle
Promulguée le 15 mai 2024 par le président Ramaphosa, la loi sur l’Assurance maladie nationale constitue la pierre angulaire de la stratégie sud-africaine pour instaurer une couverture santé universelle.
Le mécanisme repose sur la création d’un fonds national d’assurance centralisé, chargé d’acheter des prestations de santé auprès des prestataires publics et privés. À terme, un fonds unique financera l’ensemble des services de santé, avec un système de prépaiement obligatoire destiné à garantir l’accès équitable aux soins.
Selon le cadre officiel défini par la loi de 2024, la mise en œuvre de la réforme s’articule autour de deux grandes phases, notamment Phase 1 (2023 – 2026), création du Fonds national d’assurance maladie, mise en place des structures de gouvernance et adoption des principales réglementations ; Phase 2 (2026 – 2028), opérationnalisation du Fonds en tant qu’acheteur stratégique de soins et déploiement du système de prépaiement obligatoire ; enfin À partir de 2028, entrée en vigueur complète du dispositif, avec une Assurance maladie nationale pleinement opérationnelle.
En attendant la décision de la Cour constitutionnelle, le gouvernement sud-africain maintient donc le cap sur cette réforme majeure, tout en naviguant dans un environnement juridique et politique sensible.

