L’ambition ivoirienne dépasse désormais le simple cadre de l’exploitation minière conventionnelle. Face à la multiplication de découvertes majeures dans les secteurs aurifère et pétrolier, Abidjan opère une mue stratégique pour convertir sa rente géologique en un véritable levier de développement durable. Sous l’impulsion du ministre Mamadou Sangafowa-Coulibaly, la Côte d’Ivoire s’est engagée dans une mission de travail au Botswana dès le 16 février 2026, avec un impératif clair : rompre avec le modèle d’exportation brute pour bâtir une infrastructure économique où les ressources naturelles financent de manière pérenne l’émergence sociale et structurelle du pays.
Pour garantir le succès de cette transition, le gouvernement ivoirien a choisi de s’adosser à l’expertise du Botswana. Ce rapprochement technique vise à importer les mécanismes de gouvernance qui ont permis à Gaborone de transformer sa richesse extractive en infrastructures de classe mondiale et en capital humain hautement qualifié. En affirmant que son arrivée tardive parmi les grands producteurs est un atout, le ministre ivoirien souligne une volonté d’apprendre des erreurs passées du continent pour instaurer un nouveau cycle extractif fondé sur des contrats équilibrés, une transparence absolue et une traçabilité rigoureuse des flux financiers.
La visite de la mine de Jwaneng, le 17 février 2026, a marqué un tournant technique dans cette mission. Surnommée « King of Mine », cette exploitation diamantifère est un modèle mondial de contenu local. Entièrement opérée par des cadres et techniciens nationaux, elle démontre qu’une expertise domestique de haut niveau peut piloter des actifs stratégiques avec succès. La Côte d’Ivoire souhaite s’inspirer de ce transfert de compétences pour garantir que les futurs projets extractifs ivoiriens soient dirigés par une main-d’œuvre locale qualifiée, assurant ainsi une pérennité technique et économique.
À l’issue de ses échanges avec son homologue botswanaise, Bogolo Joy Kenewendo, le ministre ivoirien a réaffirmé sa volonté de voir les ressources bien gouvernées impacter durablement l’économie nationale. Ce nouveau cycle extractif ivoirien ne se contente plus de viser la croissance du PIB, mais recherche une valeur ajoutée réelle sur le territoire. En s’alignant sur les standards de Gaborone, la Côte d’Ivoire se donne les moyens de transformer son potentiel géologique en un levier de développement inclusif, faisant de la transparence et de l’expertise locale les piliers de sa future puissance énergétique.

