À la suite des cyclones Gezani et Fytia, la Banque mondiale a annoncé, le 13 février 2026, la mobilisation de 37 millions de dollars en faveur de Madagascar, une enveloppe destinée à répondre aux besoins urgents tout en préparant les bases d’un relèvement durable. Au-delà de l’assistance immédiate, cette décision envoie un signal stratégique aux partenaires du développement et aux investisseurs : la gestion des risques climatiques devient un axe central de la stabilité économique.
Près de 40.000 ménages affectés bénéficieront d’aides d’urgence, de transferts monétaires directs, de programmes de travail rémunéré et d’appuis nutritionnels. La remise en service des réseaux d’eau et d’électricité figure également parmi les priorités, tout comme le renforcement de la coordination nationale dans la gestion des crises. Cette approche intégrée vise à préserver le capital humain et à limiter les ruptures dans l’activité économique locale.
Dans un pays régulièrement exposé aux chocs climatiques, la rapidité d’intervention est déterminante pour contenir l’impact budgétaire et social. Les transferts monétaires et les programmes de travail à haute intensité de main-d’œuvre soutiennent la demande intérieure, réduisent les risques d’endettement des ménages et contribuent à maintenir la cohésion sociale. Pour les bailleurs et les institutions financières, cette réponse illustre l’importance d’outils flexibles capables de se déclencher rapidement face aux catastrophes naturelles.
Parallèlement, la Banque mondiale collabore avec les autorités malgaches pour la réhabilitation des services sociaux de base, notamment l’éducation et la santé, ainsi que des infrastructures de transport. Ces investissements ne relèvent pas seulement de la reconstruction : ils constituent un levier de compétitivité et d’attractivité à moyen terme. Des infrastructures résilientes et des services publics opérationnels sont des prérequis pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement, rassurer les investisseurs et soutenir la diversification économique.
L’envoi imminent d’une mission à Toamasina, épicentre des dégâts causés par Gezani, permettra d’évaluer les besoins prioritaires en matière de relèvement et de reconstruction. Cette phase d’évaluation ouvre la voie à une planification plus structurée, intégrant des standards de résilience climatique et des mécanismes de financement innovants.
Pour les décideurs politiques, les acteurs du climat et les partenaires financiers, l’enjeu dépasse l’urgence humanitaire. Il s’agit de transformer une crise en catalyseur de réformes, d’améliorer la préparation aux risques et d’orienter les flux d’investissement vers des infrastructures durables. Dans un contexte mondial marqué par la multiplication des événements extrêmes, Madagascar offre un cas emblématique : la résilience climatique n’est plus un coût, mais une condition de soutenabilité économique et de confiance internationale.

