Face à l’augmentation rapide de la dette publique et au durcissement des conditions de financement international, les partenariats public-privé (PPP) s’imposent de plus en plus, s’ils sont bien ficelés, comme une solution stratégique pour les États africains en quête de financements durables. Le sujet a été au cœur d’un panel organisé ce jeudi 22 janvier en prélude au lancement de la 7ᵉ édition des Financial Afrik Awards qui ont lieu à Banjul en Gambie.
Réunissant décideurs publics, experts financiers et acteurs du secteur privé, cette rencontre a permis d’explorer les alternatives à l’endettement classique, dans un contexte économique marqué par des contraintes budgétaires croissantes pour de nombreux pays africains.
Dans plusieurs économies africaines, la dette publique atteint des niveaux jugés préoccupants. La hausse des taux d’intérêt, la raréfaction des financements concessionnels et la volatilité des marchés internationaux réduisent la capacité des États à financer seuls leurs infrastructures stratégiques. Or, les besoins restent immenses dans des secteurs clés comme les transports, l’énergie, l’eau ou encore les télécommunications.
Les intervenants du panel, dont le Sénégalais Pierre Goudiaby Atepa, ont souligné que le recours systématique à l’endettement public n’est plus soutenable à moyen terme. Dans ce contexte, les partenariats public-privé apparaissent comme une alternative pragmatique, permettant de mobiliser des capitaux privés tout en limitant l’impact immédiat sur les finances publiques.
Les PPP, un mécanisme de partage des risques
Le principe des PPP repose sur une collaboration structurée entre l’État et le secteur privé. Le public définit les priorités stratégiques, assure le cadre réglementaire et veille à l’intérêt général, tandis que le privé apporte financement, expertise technique et capacités de gestion.
Selon les panélistes réunis lors des Financial Afrik Awards, ce modèle favorise une meilleure allocation des risques et peut contribuer à une exécution plus efficace des projets. Il permet également de bénéficier de l’innovation et du savoir-faire du secteur privé, tout en accélérant la réalisation d’infrastructures essentielles au développement économique.
Les échanges ont toutefois mis en garde contre une vision idéalisée des PPP. Leur succès dépend fortement de la qualité de la gouvernance, de la transparence contractuelle et de l’existence de cadres juridiques solides. Mal encadrés, ces partenariats peuvent générer des engagements financiers à long terme comparables à de la dette cachée.
Le renforcement des capacités des administrations publiques, notamment en matière de négociation et de suivi des contrats, a été identifié comme un enjeu clé pour garantir l’efficacité et la soutenabilité de ces projets.
En conclusion, les participants au panel ont estimé que les partenariats public-privé, lorsqu’ils sont bien structurés, constituent un levier stratégique pour financer le développement, soutenir la croissance et réduire la dépendance excessive à la dette publique.

