Le scrutin de janvier 2026 consacre la métamorphose structurelle du paysage politique béninois. Tandis que la mouvance présidentielle a su s’adapter aux exigences du nouveau Code électoral par des fusions stratégiques, l’opposition radicale s’est emmurée dans un isolement fatal, choisissant d’ignorer les mécanismes d’alliance prévus par la loi.
Le Bénin vient de franchir une étape décisive dans la consolidation de son environnement institutionnel. Loin des tensions de jadis, les élections législatives de 2026 se sont déroulées dans un climat de sérénité remarquable, confirmé par les rapports concordants de la mission de l’Union Africaine (UA) et de la plateforme des organisations de la société civile (OSC). Cette fluidité opérationnelle n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une réforme qui a contraint les acteurs à la rigueur administrative. Si il y a eu du retard dans la proclamation des résultats, cela s’explique logiquement dans ce contexte exceptionnel de double élections législatives et communales.
La discipline des grands blocs : le succès de la Mouvance
Le passage au seuil de 20 % par circonscription n’a pas été simple, même pour les soutiens du gouvernement. Cependant, là où certains ont dénoncé une barrière, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) y ont vu un impératif de mutation. En absorbant des forces satellites (à l’image de la fusion UP-PRD ou de l’intégration de Renaissance Nationale), la majorité a accepté de sacrifier les égos individuels sur l’autel de la force collective. Ces partis sont devenus de véritables « partis-organisations », capables de gérer la logistique électorale sur l’ensemble des 24 circonscriptions.
L’alliance : la porte de sortie que Les Démocrates ont refusé d’ouvrir
L’un des points les plus méconnus de la réforme de 2024 est pourtant le plus crucial : la loi permet d’abaisser la pression du seuil via le mécanisme de la coalition. En déposant un accord de coalition préalable à la CENA, des partis peuvent se voir attribuer des sièges s’ils atteignent ensemble 10 % des suffrages au niveau national, au lieu des 20 % par circonscription exigés pour un cavalier seul.
C’est ici que l’amateurisme du parti Les Démocrates (LD) devient patent. En s’enfermant dans une posture de « purisme » et en refusant toute alliance avec d’autres forces de l’opposition, l’état-major de LD a délibérément choisi le chemin le plus escarpé. Ce manque de clairvoyance stratégique explique la défection de six de ses députés fondateurs, qui ont préféré rejoindre des structures plus réalistes.
Un plébiscite pour la réforme et la stabilité
Le résultat des urnes est sans appel : les citoyens béninois ont massivement validé cette trajectoire. En accordant leurs suffrages à des blocs structurés, les électeurs ont signifié leur rejet de la politique spectacle et des micro-partis sans lendemain.
Ce vote n’est pas seulement un appui à la majorité présidentielle ; c’est un vote pour la lisibilité. Le peuple a choisi de consolider un système où le débat parlementaire se déroule entre forces responsables et organisées. Cette adhésion citoyenne à la « voie béninoise » alliant rigueur législative et efficacité électorale offre au pays une stabilité institutionnelle qui fait désormais figure de modèle dans une sous-région en quête de repères. La preuve en est que les six députés ayant quitté LD pour rejoindre la mouvance on eux été élus à l’inverse de leurs anciens collègues.

