Par Sonia Benkemoun
L’agriculture emploie 60 % de la population active en Afrique et se retrouve face à des défis extraordinaires avec une forte augmentation de sa population prévue d’ici à 2050. L’agriculture doit se moderniser pour dégager des rendements plus importants et les applications mobiles peuvent être la solution qui va s’imposer au fil du temps. Les premiers essais sont en tout cas très prometteurs.
 
L’Afrique est un continent où la téléphonie mobile prend une place prépondérante dans la vie des habitants. Toujours accrochés à leur portable, les Africains sont 60 % à posséder un téléphone, notamment les urbains qui se servent de la téléphonie comme moyen de paiement. Des transactions financières qui vont souvent au-delà des utilisations faites en Europe. Ainsi, éleveurs et agriculteurs au Kenya peuvent bénéficier de microcrédits grâce à une application installée sur leur téléphone. Une modernité qui n’en est presque pas une dans un pays où la moitié des échanges d’argent se font par téléphone.
Mais les applications mobiles sont très variées et permettent aux agriculteurs d’ouvrir un champ des possibles extraordinaire et qui bien utilisé permet d’engranger de meilleurs rendements et revenus issus de la terre. Les agriculteurs qui ont la chance de posséder une connexion sur leur portable (les zones rurales sont nettement moins bien desservies) utilisent de plus en plus de précieuses applications qui concernent évidemment la météo et les différents épisodes à anticiper pour ensemencer, travailler le sol, récolter au meilleur moment possible. Les données proposées sont assez poussées et sont issues de satellites européens ou américains. La révolution agricole est en marche et est promise à de bons résultats rendus d’autant plus nécessaires que selon les prévisions des agences internationales, la population du continent va beaucoup s’accroître dans les années à venir et représenter un quart de la population mondiale (près de 2 milliards de personnes).
Le défi est immense et ne pourra être relevé que grâce à une agriculture plus moderne qui s’appuie sur les dernières trouvailles technologiques. Aujourd’hui, les agriculteurs européens disposent d’engins qui traitent une parcelle en fonction de ses caractéristiques propres grâce à des sondes. Si la plupart de leurs homologues africains sont encore loin de ces techniques de pointe, ils peuvent toutefois bénéficier d’avancées déterminantes à la condition de pouvoir s’équiper de téléphones avec connexion Internet. Il faut démocratiser plus encore le recours au téléphone en dehors des grands centres urbains, mais aussi se pencher sur le problème de l’illettrisme. Car si les informations sont disponibles, elles ne sont pas toujours utilisables par certains paysans qui n’ont pas appris à lire et à écrire. C’est pourquoi des radios locales se sont développées afin d’annoncer les nouvelles agricoles. Outre la météo, les cours des marchandises sont donnés afin d’identifier les meilleures opportunités. Une solution provisoire qui ne pourra pas être la norme d’une agriculture entrée pleinement dans la production industrielle.