La femme d’affaires internationale Vasundhara Oswal a déposé une requête en matière de droits humains devant la Haute Cour d’Ouganda, accusant de hauts responsables de la sécurité de l’avoir arrêtée de manière illégale et arbitraire, puis de l’avoir détenue pendant près de trois semaines en octobre 2024, en dépit d’une ordonnance judiciaire ordonnant sa libération et en l’absence de toute preuve.
Parmi les personnes mises en cause figurent plusieurs hauts responsables ougandais : l’assistant inspecteur général de police et directeur d’Interpol, Joseph Obwona ; l’ancienne commissaire de police chargée d’Interpol, Allison Agaba ; Joseph Kyomuhendo, chef de la division de lutte contre la traite des êtres humains au Bureau du directeur des poursuites publiques (DPP) ; ainsi que Thomas Baale, détective de police et officier enquêteur.
Âgée de 27 ans, ressortissante européenne d’origine indienne, Vasundhara Oswal est directrice exécutive de PRO Industries, une usine d’éthanol de 100 millions de dollars située dans le district de Luwero, décrite comme la plus grande installation de ce type en Afrique de l’Est. Elle affirme que ses droits constitutionnels et fondamentaux ont été « gravement et à plusieurs reprises violés », accusant certains responsables d’avoir conspiré pour la maintenir illégalement en détention. PRO Industries est pourtant considérée comme un investissement industriel phare du pays.
Selon la requête, Mme Oswal s’est vu refuser l’accès à ses avocats, a été privée de ses médicaments et a subi des traitements humiliants et dégradants en détention. Sa famille affirme que des agents ont exigé de l’argent en échange de l’accès à des besoins élémentaires, tels que la nourriture et les produits d’hygiène. Elle accuse également des responsables de la police et de l’administration pénitentiaire de collusion avec des acteurs économiques locaux afin de prolonger illégalement sa détention.
L’affaire a attiré l’attention d’avocats spécialisés en droits humains et d’analystes économiques, qui estiment qu’elle met en lumière des préoccupations plus larges relatives à l’État de droit en Ouganda.
Dans sa requête, Mme Oswal demande justice, responsabilité et réformes, appelant la Haute Cour à poursuivre les responsables ayant « facilité l’arrestation et l’emprisonnement illégaux », ainsi qu’à déclarer que ses droits constitutionnels ont été violés. Sa famille a également saisi le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
S’exprimant par l’intermédiaire d’un porte-parole, la famille a qualifié l’incident de « violation flagrante » du droit ougandais et des normes internationales, appelant à « la responsabilité et à des réformes systémiques afin qu’aucun individu, ougandais ou étranger, ne subisse de tels abus à l’avenir ».
Dans une déclaration, Mme Oswal a affirmé que sa famille restait engagée en Ouganda malgré cette épreuve, soulignant que son investissement s’inscrivait dans une perspective de contribution durable au développement industriel du pays.
Elle a déclaré avoir confiance dans le fait que les tribunaux réaffirmeront l’attachement du pays à l’État de droit en garantissant l’obligation de rendre des comptes, estimant que l’incident « ne reflète pas une défaillance du système en tant que tel, mais plutôt les agissements d’un nombre limité d’individus ». Elle a également remercié le président Yoweri Museveni, qui a visité l’usine de PRO Industries en décembre 2025, pour son « leadership industriel et son soutien constant ».

