L’agence de notation S&P Global Ratings a confirmé, le 13 février 2026, la note souveraine de l’Angola à long terme à « B- » et à court terme à « B », avec des perspectives stables. L’évaluation de la convertibilité et du transfert est également maintenue à « B- ». Selon l’agence, l’Angola demeure fortement exposé aux fluctuations des prix et des volumes de production pétrolière.
S&P Global Ratings indique que la production a reculé de 2,3 % entre 2024 et 2025, à environ 1,06 million de barils par jour, loin du pic de 2 millions atteint en 2008. Le vieillissement des gisements et des infrastructures limite les perspectives d’augmentation significative, malgré de nouveaux projets destinés à stabiliser la production autour de 1,1 million de barils/jour d’ici 2028.
L’agence table sur un prix moyen du pétrole de 60 dollars le baril en 2026 et de 65 dollars sur 2027-2028, ce qui soutiendrait les recettes publiques, sans pour autant éliminer les vulnérabilités structurelles.
Après un budget 2025 jugé expansionniste, le budget 2026 affiche une volonté de maîtrise des dépenses. Toutefois, un risque de dérapage budgétaire subsiste à l’approche des élections générales de 2027. L’agence prévoit un déficit public moyen de 2,6 % du PIB entre 2026 et 2029, contre un léger excédent sur la période 2018-2022.
La dette publique, ramenée de 94 % du PIB en 2020 à environ 45 % en 2025, devrait rester proche de 44 % à court terme avant de repartir progressivement à la hausse d’ici 2028. Malgré un reprofilage réussi de la dette et le remboursement d’une euro-obligation en novembre 2025, le pays reste confronté à des charges d’intérêts élevées, estimées à plus de 35 % des recettes publiques sur la période 2026-2029.
Inflation élevée et marges de manœuvre limitées
L’inflation, structurellement élevée (23 % en moyenne depuis 2016), a ralenti à 20 % en 2025 et devrait poursuivre sa baisse vers 13-15 % en 2026. Toutefois, la forte dollarisation de l’économie et l’efficacité limitée de la politique monétaire restreignent la capacité des autorités à stabiliser durablement les prix.
Par ailleurs, la réduction des subventions aux carburants en 2025, qui a entraîné une hausse de 33 % du prix du diesel, a provoqué d’importantes tensions sociales, illustrant la sensibilité du pays aux ajustements budgétaires.
Les perspectives stables reflètent un équilibre entre notamment, des recettes pétrolières jugées globalement favorables ; des réserves de change estimées en moyenne à 16 milliards de dollars sur 2026-2029 ; et des besoins de financement élevés.
Une dégradation de la note pourrait intervenir en cas de détérioration budgétaire, de choc pétrolier ou de tensions sociales accrues. À l’inverse, une croissance plus soutenue et diversifiée notamment via l’agriculture, l’industrie ou le gaz pourrait conduire à une amélioration de la notation.
En résumé, la confirmation de la note « B-/B » traduit la capacité de l’Angola à honorer sa dette à court terme, mais souligne la fragilité persistante d’un modèle économique encore largement dépendant du pétrole et soumis à d’importantes contraintes budgétaires et sociales.

