Lors du 39ᵉ Sommet de l’Union africaine, le Président guinéen, S.E. Mamadi Doumbouya, a livré un discours à forte portée stratégique, appelant le continent à rompre avec les schémas traditionnels de dépendance économique. Plus qu’une intervention protocolaire, cette prise de parole s’est imposée comme un plaidoyer structuré en faveur d’un nouveau modèle de développement africain.
Au cœur de son message, un constat sans détour : l’Afrique ne peut plus se satisfaire d’un rôle de fournisseur brut de matières premières. La transformation locale des ressources, l’industrialisation, la valorisation du capital humain et l’innovation doivent désormais constituer les piliers de la croissance continentale. Pour le chef de l’État guinéen, la création de valeur sur place n’est plus une option, mais une condition de survie économique.
Mamadi Doumbouya a également insisté sur la nécessité de renforcer l’intégration régionale. Aucun pays, a-t-il rappelé, ne peut prétendre à une souveraineté économique durable dans l’isolement. Les échanges intra-africains, les chaînes de valeur régionales et les partenariats fondés sur la réciprocité doivent devenir le socle du marché continental.
Au-delà des principes, le président guinéen a appelé à une gouvernance plus exigeante, fondée sur la transparence, la rigueur budgétaire et la mobilisation efficace des ressources internes. Il a souligné que la souveraineté économique passe aussi par la maîtrise des politiques publiques, la réduction de l’endettement improductif et le renforcement des institutions.
Ce discours s’inscrit dans une dynamique continentale émergente : celle d’une Afrique qui revendique le droit de définir elle-même ses priorités, ses partenaires et ses trajectoires de croissance. En plaçant la souveraineté économique au centre du débat, Mamadi Doumbouya contribue à structurer un narratif nouveau, plus offensif, tourné vers la production, la compétitivité et la résilience.
À Addis-Abeba, le message est clair : l’heure n’est plus aux ajustements marginaux, mais à une refondation profonde des modèles économiques africains. Une ambition que plusieurs capitales semblent désormais prêtes à assumer.

