Addis-Abeba, 12 février 2026 – Le Kenya a officiellement lancé, ce mercredi à Addis-Abeba, deux plateformes numériques baptisées BiasharaLink et Deal House, destinées à transformer les ambassades africaines en véritables plateformes d’exécution commerciale. Cette initiative vise à accélérer la concrétisation des échanges intra-africains dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Présenté en marge du sommet de l’Union africaine, le dispositif marque une inflexion majeure dans la diplomatie économique du continent. Porté par le ministère kényan des Affaires étrangères et de la Diaspora, il ambitionne de combler le déficit d’exécution qui pénalise encore les échanges africains, malgré la montée en puissance des cadres institutionnels.
BiasharaLink permet aux missions diplomatiques, exportateurs et investisseurs de capter, structurer et suivre les opportunités d’affaires alignées sur les priorités de la ZLECAf. Deal House en constitue le bras opérationnel, en assurant la validation des partenaires, la mobilisation des financements et l’accompagnement jusqu’à la conclusion des contrats.
Selon les autorités kényanes, les ambassades africaines enregistrent chaque mois plusieurs milliers de demandes commerciales, mais moins de 1 % aboutissent à des accords effectifs. Les nouvelles plateformes entendent inverser cette tendance en introduisant des outils numériques de traçabilité, de suivi et de sécurisation des transactions.
S’exprimant lors de la cérémonie, le Premier ministre kényan et ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a évoqué « un nouveau modèle de diplomatie économique orienté vers les résultats », visant à relier directement opportunités et exécution. De son côté, le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a souligné l’urgence de bâtir un marché intérieur africain solide face aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Développées par Real Sources Africa, avec l’appui d’acteurs privés comme Equity Group et de partenaires institutionnels, les plateformes accordent une place centrale aux PME et aux entreprises dirigées par des femmes, souvent exclues des circuits traditionnels du commerce international.
Pour James Mwangi, directeur général d’Equity Group, le projet constitue « une véritable autoroute commerciale », capable de transformer les requêtes diplomatiques en projets bancables et traçables.
Au-delà du Kenya, cette initiative positionne Nairobi comme un pionnier de la diplomatie économique numérique en Afrique. Sous l’impulsion du président William Ruto, engagé dans la mise en œuvre du protocole sur le commerce digital de la ZLECAf, le pays entend faire de ses représentations diplomatiques des leviers directs de croissance et d’intégration régionale.
Avec BiasharaLink et Deal House, le Kenya tente ainsi de faire passer la ZLECAf du registre politique à celui de l’exécution économique, en misant sur la technologie, le partenariat public-privé et la professionnalisation des circuits commerciaux africains

