Depuis le 7 février 2026, un Comprehensive Economic Partnership Agreement (CEPA), signé à Abu Dhabi, lient le Gabon et les Emirats Arabes Unis (EAU). Cet accord porte le volume des échanges commerciaux entre les deux pays à 176,2 milliards de FCFA (320 millions USD ) dans les prochaines années. L’accord, conclu entre Dr Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, ministre émirati du Commerce extérieur, et Thierry Minko, ministre gabonais de l’Économie, s’inscrit dans une dynamique de rapprochement économique renforcé entre les deux pays.
Pour Libreville, l’objectif dépasse la simple augmentation du volume commercial. Dans un contexte où l’économie gabonaise reste fortement dépendante des ressources naturelles, cet accord vise à accélérer la diversification hors hydrocarbures en structurant des échanges plus soutenus dans des secteurs clés tels que la logistique, l’agro-industrie, l’énergie et les mines, tout en ouvrant davantage les services et les PME aux flux commerciaux internationaux.
Les chiffres préliminaires confirment l’intérêt économique de ce CEPA. En effet, en 2025, le commerce non pétrolier entre le Gabon et les EAU avait déjà atteint 176,5 milliards de FCFA (environ 320,7 millions USD). Ce qui représente plus du double de la valeur enregistrée en 2021. Cette progression témoigne d’une activité bilatérale croissante, bien que concentrée sur un volume encore modeste à l’échelle des ambitions régionales.
Un cadre juridique et logistique attractif pour les investisseurs
Le CEPA signé à Abu Dhabi intègre plusieurs volets stratégiques censés faciliter et sécuriser les échanges et les investissements bilatéraux. Parmi les mesures clés figurent la réduction voire l’élimination de barrières tarifaires, l’assouplissement des procédures commerciales et la mise en place de mécanismes de règlement des différends. Autant d’éléments qui pourraient améliorer l’environnement des affaires et encourager la circulation des capitaux privés.
Outre les échanges de biens, l’accord fait la part belle à la coopération logistique. Notamment à travers la connexion des ports gabonais et des zones franches émiraties, et à l’intégration progressive des produits gabonais, y compris agricoles et halieutiques, sur les plateformes commerciales du Golfe.
Pour les investisseurs émiratis, le Gabon représente un hub d’accès à l’Afrique centrale, riche en ressources naturelles et en opportunités de transformation locale. En retour, Abu Dhabi espère renforcer sa présence dans une région en pleine mutation, tout en consolidant son rôle de pivot entre les marchés africains, asiatiques et européens.

