Le secteur bancaire nigérian devrait conserver une rentabilité positive, même face à des pressions réglementaires et macroéconomiques, selon le rapport 2026 de S&P Global Ratings.
L’agence américaine note que la croissance nominale du crédit est projetée entre 20 et 25 %, portée par le pétrole et gaz, l’agriculture et la fabrication, tandis que le prêt de détail reste marginal. Cette dynamique est soutenue par la baisse attendue de l’inflation à 21 % et par un assouplissement monétaire progressif, stimulant consommation et investissements.
La qualité des actifs reste fragile, les prêts non performants devraient atteindre 6-7 %, affectés par la fin de la tolérance réglementaire sur le secteur pétrolier et gazier. Près de 50 % des prêts sont en devises étrangères et un tiers exposé au pétrole, tandis que 11 % des actifs sont investis en titres d’État, accentuant la vulnérabilité aux chocs externes et souverains.
Selon l’agence américaine de notation, malgré ces défis, la rentabilité devrait rester solide grâce à la croissance des revenus non d’intérêts, notamment les frais et commissions, ainsi qu’à une baisse modérée des provisions.
De plus, le ROE moyen est attendu entre 20 et 23 %, et le ROA autour de 3,0-3,1 %. Les banques ont également levé 2300 milliards de nairas (1,5 Md USD) pour se conformer aux nouvelles exigences de capital de la Banque centrale du Nigeria, renforçant leur capacité à absorber les pertes.
Pour S&P, même si la volatilité du pétrole et des devises constitue un facteur de risque majeur, le secteur bancaire nigérian demeure résilient, capable de préserver sa rentabilité tout en restant dépendant de la cote souveraine.

