Le gouvernement ghanéen, sous l’impulsion de l’initiative « Economie 24 heures sur 24 », projette une réduction drastique des tarifs de l’électricité industrielle. Actuellement fixés entre 0,13 et 0,17 USD/kWh, ces coûts constituent un frein majeur à la compétitivité nationale. L’objectif affiché par Augustus Tannoh, conseiller présidentiel, est d’atteindre une fourchette de 0,04 à 0,07 USD. Cette stratégie repose sur l’intégration massive des énergies renouvelables et le déploiement de solutions à grande échelle pour alimenter les futurs parcs agro-industriels, essentiels pour attirer les capitaux privés et rivaliser avec les pays voisins.
Au cœur de cette transformation, présentée le 5 février 2026 lors de la dissémination du nouveau rapport B-Ready de la Banque mondiale, les parcs industriels développés dans le cadre du programme « Economie 24 heures sur 24 » bénéficieront de tarifs préférentiels. Cette initiative vise à transformer le paysage économique en garantissant une énergie stable et abordable. En ciblant spécifiquement les zones de production, le gouvernement espère créer un écosystème favorable aux exportations, compensant ainsi le désavantage historique du Ghana en matière de coûts énergétiques face à ses concurrents régionaux.
Malgré l’optimisme énergétique, d’autres contraintes freinent l’élan industriel. Le secteur foncier reste complexe, marqué par des litiges de titres de propriété impliquant parfois des dizaines de familles pour une seule acquisition. Sur le plan financier, des taux d’intérêt oscillant entre 30 et 36 %, couplés à des échéances de prêt trop courtes, rendent les investissements à long terme quasi inviables. Enfin, si le coût de la main-d’œuvre reste un avantage comparatif, M. Tannoh souligne que l’éthique de travail et la productivité réelle doivent impérativement progresser pour transformer ce faible coût en véritable moteur économique.
Le rapport Business Ready (B-READY) de la Banque mondiale confirme cette dualité : si le Ghana performe honorablement sur son cadre réglementaire (score de 69/100), il peine lourdement dans l’application concrète. Avec des scores de 50 pour les services publics et 52 pour l’efficacité opérationnelle, le pays se classe dans les 40 % inférieurs au niveau mondial pour la mise en œuvre. Ce fossé entre la théorie législative et la réalité du terrain souligne l’urgence de réformer les services publics pour que les ambitions tarifaires se traduisent par une croissance industrielle tangible.

