Par Rodrigue Fénelon Massala, Envoyé spécial à Abu Dhabi
Le 2 février 2026, au palais présidentiel Qasr Al Watan à Abu Dhabi, la RDC et les Émirats arabes unis ont signé un accord de coopération économique global après près de deux années de négociations intensives.
L’événement a eu lieu en présence du chef d’État congolais Félix-Antoine Tshisekedi et du président émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyan, soulignant l’importance politique de cette cérémonie. Selon la partie émiratie, l’objectif de l’accord de coopération économique globale est d’établir une structure formelle organisée pour les échanges commerciaux dans divers domaines d’intérêt commun. Les deux parties voulant, à terme, dynamiser leurs échanges commerciaux et attirer des investissements structurants, notamment avec un objectif d’atteindre jusqu’à 10 milliards de dollars d’investissements émiratis en RDC d’ici 2030.
Sur le plan commercial, l’accord devra permettre, entre autres, d’ouvrir le marché émirati à environ 6 000 produits congolais, ce qui pourrait diversifier les exportations congolaises.
Les deux Etats entendent consolider la coopération dans les infrastructures, incluant des projets comme la construction d’un port en eaux profondes à Banana (province du Kongo Central) comprenant un quai de 600 mètres, une zone de stockage de 30 hectares et une capacité d’environ 450 000 conteneurs.
Dans le domaine du minier et de la diplomatie, Kinshasa et Abu Dabi ont convenu de renforcer la traçabilité des minerais et de sécuriser les chaînes d’approvisionnement grâce à des investissements coordonnés. Une coopération entre l’Académie diplomatique de la RDC et l’Académie Anwar Gargash des Émirats arabes unis a également été convenue, incluant le partage de connaissances et la coordination des programmes de formation et de recherche.
Cet accord représente une avancée significative dans l’approfondissement des liens bilatéraux entre la RDC et les EAU, dépassant les simples transactions commerciales. Il s’aligne sur la stratégie de diversification économique de la RDC, visant à réduire sa dépendance à l’égard de ses partenaires traditionnels. Pour les Émirats Arabes Unis, c’est une opportunité d’élargir leur présence économique en Afrique et de garantir des perspectives dans des domaines à valeur ajoutée élevée.

